‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 88 sur 348 · DEPOSITION D’ÉTIENNE DE VASSIGNAC , MAITRE D’HOTEL DU SIRE D’ORVAL · texte numérisé non relu

DEPOSITION D’ÉTIENNE DE VASSIGNAC , MAITRE D’HOTEL DU SIRE D’ORVAL

sur les rapports du maréchal et du sire d’ Albret.

(Même cote.)

Estienne de Vassignac, seigneur de Vassignac, maistre d’ostel de monseigneur d’Orval w, aagé de quarante quatre ans ou environ, tesmoing produict par ledit procureur general du Roy surfes xxxu, xxxm, xxxiv et xl ive des articles des soustenemens et salvacions par luy baillées contre messire Pierre de Rohan, apres serment par luy faict, dit, sur les xxxu et xxxm6 desdits articles, que, depuis le mariage dudit de

(l) Fils de Guillaume, seigneur de Vassignac, en Limousin.

Rohan et de damoiselïe Marguerite d’Armignac, ii a veu parles rues a Lyon aller ensemble lesdits seigneurs d’Albret et de Rohan; mais, s’ilz parloient et devisoient ensemble, n’en scet riens, ne aussi si ledit seigneur d’Albret, quant partit de Lyon pour aller en Gascougne et icelluy mareschal s’entredirent adieu, ne si s’embrassarent. Et combien que luy que deppose servit au souper que fit monseigneur du Puy a monseigneur le légat, toutesfoiz n’est recors et ne sauroit depposer si icelluy de Rohan y estoict; bien est memoratif que ledit seigneur d’Albret y estoit, assis au bout du banc.

Sur le xxxiv0 desdits articles, dit que ne scet si, a cause du mariage dudit Glz d’icelluy de Rohan et de feue damoiselïe Chariote d’Armignac, y a eu mauveillance entre ledit seigneur d’Albret et icelluy de Rohan, et n’en ouyt onques parler audit seigneur d’Albret. Bien a oy dire que ledit seigneur d’Albret tachoit de fere le mariage de ladite feue damoiselle Chariote avec quelcun que ne sauroit nommer.

Dit plus que ledit seigneur d’Albret a des terre contiguës aux terres que tenoient lesdites feues damoiselïe Marguerite et Chariote d’Armignac, c’est assavoir Aysse et Ahayen, que apartenoient ausdites feues damoiselles, que sont près de la -vicomté de Limoges que tient ledit seigneur d’Albret. Et le scet, ledit depposant, pour ce qu’il est du pays de Limosin ou lesdites terres sont situées et assises.

Sur le xnve desdits articles , dit que , depuis la guerre de Bretaigne et appoinctement fait avantes, il a veu plusieurs foiz ledit seigneur d’Albret en court, tant du vivant du feu roy Charles que du Roy qu’est a présent; et faisoient lesdits seigneurs bonne chere audit seigneur d’Albret, et estoict par eulx traicté, ainsi qu’il est notoire, en estât, pendons et bienffaietz, en la forme et maniéré qu’il estoit auparavant ladite guerre de Bretaigne.

Et plus n’en scet et a signé sa depposition. — Vassignac.

Même date.

DÉPOSITION DE MAITRE JEAN POMMEREIJX, SERVITEUR DE M®r L’ÉvÊQUE DU PUY,

sur les rapports du maréchal et du sire d’Albret.

(Même cote.)

Maistre Jehan Pomereux, aagé de trente deux ans ou environ W, tesmoing produict de la part du procureur general du Roy.

Ce témoin ne dépose d’aucun fait nouveau : sa déposition confirme la précédente.

Même date.

DÉPOSITION DE JEAN SIARTINES, ÉCUYER, SEIGNEUR DE JERMAld2', ÉCUYER TRANCHANT DE M°r D’ALBRET,

sur les rapports du maréchal et du sire d’Albret.

(Même cote.)

Jehan Martinez, escuier, seigneur de Jermal, aagé de cinquante ans ou environ, tesmoing produit sur le xxxu, xxxui, xxxv, xxxvi, xl, xli, xlii, xLiu et XLive des articles des salvacions baillées par ledit procureur contre messire Pierre de Rohan , seigneur de Gyé et mareschal de France, apres serment par luy fait de dire vérité, dit et deppouse sur les xxxn et xxxmc desdits articles qu’il est serviteur, xu ans et plus, dudit seigneur d’Albret et le sert d’ escuier tranchant, et estoict avec îcellui d’Albret, son maistre, a Lyon, au mois de may prochain venant aura deux ans ou environ, autrement du temps n’est recors, et est mémoratif que, aux obsèques de feu monseigneur d’Albic qui mourut pour lors audit Lyon, le seigneur d’Albret et icellui de Rohan se trouvarent,

d) Cette désignation pourrait bien convenir à Jean Pommereu, sieur de Rleuré, bourgeois de Paris et constructeur de l’ancien charnier des Innocents. — m Ou SermaL

ainsi que ledit depposant vid; mais s’ilz alloient ensemble, devisoient et parloient l’un all’autre, icellui depposant n’en sauroit depposer.

Bien est recors que l’Espinasse, serviteur dudit de Rohan, dist lors, a luy que deppose, a quoy tennoit que leursdits maistres ne s’entreiaisoient aussi bonne chere qu’avoient accostumé. A quoy respondit ledit serviteur depposant qu’il pensoit que cela tenoit audit de Rohan. Et dit, sur ce interrogé, que n’aperceut jamais que icellui seigneur d’Albret et de Rohan s’entresfeissent mauvaise chere.

Dit plus que, audit temps, et depuis le mariage fait entre icellui de Rohan et damoiselle Marguerite d’Armignac, monseigneur l’evesque du Puy fit ung souper a une maison située au cloistre sainct Jehan de Lyon, au devant de la eglise de Saincte Croix, auquel soupper ledit seigneur dAlbret se trouva, et fut envoyé quérir ledit depposant pour leur trancher a table, et y alla, et vid la table toute pleine de gens; allaquelle, entre autre, estoient monseigneur le légat et quelque personnage qu’on disoit estre au duc de Valentinoys, et ledit seigneur d’Alhret et de Rohan assis l’un près de l’autre et plusieurs autres. Et, pour ce que sembla audit depposant que alladite table n’avoit lieu pour l’escuier tranchant, s en relorna, et ne sauroit deppouser si entre iceulz seigneur dAlbret et de Rohan avoit pourpouz et deviz ensemble, comme si ne sait si depuis ledit temps iceulx seigneur d’Albret et de Rohan ont beu, mengé ensemble, en la maison de mondit seigneur le légat, ne si, au partir dudit seigneur d’Albret de Lyon, iceulx seigneur d’Albret et de Rohan s’entrebrassérent et dirent adieu.

Bien dit que, durant ledit temps, plusieurs foiz ledit seigneur d’Albret mengeoit hors son lougiz : et les autres serviteurs qui luy faisoyent compaignie disoient a luy qui deppose que icellui seigneur d’Albret estoit en la maison de mondit seigneurie légat, et aussi ledit de Rohan.

Sur le xxxvc desdits articles, dit qu’il y a six ans ou environ que ledit seigneur d’Albret print possession du conté de Castres, en la présence du feu conte Voffile W, comme luy semble, et fut reçue honnora-

11 Boffile de Juge, qui avait épousé une sœur du sire d’Albret. On verra, dans le Procès de divorce de Louis XII, comment s’était fait ce mariage.

blement par l’evesque et officiers dudit lieu, et fit le serment qu’on dit que les contes font a leur entrée. Et deppuis, et durant icellui temps, a veu joyr ledit seigneur d’Albret dudit conté de Castres paisiblement et sans aulcun contredict : et estoit présent luy qui deppose a ladite entrée, et par ainsi dit que ledit seigneur d’Albret, longtemps paravant les mariages mencionuez audit article, joyssoit dudit conté de Castres.

Dit plus, sur le xxxvi" desdits articles, que, au moys de juing prochain venant ou environ, autrement du temps ne se recorde, estant ledit seigneur d’Albret a Nayrac ou a Castel-Jaloux W, vint par devant ledit seigneur ung gentilhomme de la maison de la Royne, appelle Boysse, pour le quérir, disant que le Roy le demandoit et qu’il vint en court. En suivant lequel mandement partit icellui seigneur d’Albret de sadite maison pour aller en court, et a regret, ainsi que ledit depposant vid; et, quant fut au lieu de Montignac, se trouva merveilleusement malade, et illec survindrent autres messaigiers pour le haster et depuis vint ledit seigneur d’Albret au lieu de Montrichard, auquel lieu il se trouva aussi malade, tellement qu’il gardoit le lit, et y vindrent deux commissaires de part le Roy pour l’examiner, et disoient les serviteurs entr’eulx que c’estoient pour le faict de mondit seigneur le mareschal de Gyé.

Et autre chose ne scet ledit depposant du contenu oudit article, fors qui n’a poinct sceu que ledit seigneur d’Albret se soit venté devant le Roy, 11e ailleurs, de se vouloir venger dudit de Rohan, et n’a jamais oy dire une parolle deshonneste ne malsonnante audit seigneur d’Albret d’iceliuy de Rohan, combien que, par plusieurs foiz, depuis ledit mariaige, aye oy cpie icellui d’Albret parloit dudit de Rohan, mais s’estoit en toute honneur et honnesteté.

Sur les xl , xli , xlii , xliii et xnve desdits articles , dit que du contenu en iceulx ne sauroit depposer pour ce que de ce temps n’ estoit audit seigneur d’Albret.

Bien a oy dire que ledit seigneur d’Albret, du temps du feu roy, fut en Bretaigne avec le Roy qui est a présent. Mais qui le meust de ce

?*' Près de Nérac.

fere, ne des autres choses contenues esdits articles, ne scet riens, fors que, depuis l’appoinctement faict de ladite guerre de Bretaigne et depuis que ledit depposant est au service dudit seigneur d’Albret, il a veu, par plusieurs foiz, [tant] durant le temps du feu roy Charles que du Roy qui est a présent, en court, a veu que lesdits seigneurs l’ont recueilli et fait bonne chere et a eu des biensfaiz et pencions d’eulx ainsi qu’il est tout notoire, et mesment le Roy Charles fit son lieutenant ledit seigneur d’Albret au pays de Languedoc a la darniere guerre qu’il eust a son retour de Naples contre le roy d’Espaigne. Et le Roy, qu’est a présent, a fait icelluy seigneur d’Albret son lieutenant au pays de Guyenne alla darniere guerre qu’il a eu contre ledit roy d’Espaigne.

Et autre chose ne scet du contenu esdits articles, sur tout enquis et interrogé. Et a signé sa depposition. — Jehan Mabtines.

CONCLUSIONS DU PROCUREUR GENERAL POUR LA NON-COMMUNICATION DE SES SALVATIONS

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