Définition du mot «jour
Le méridien de Greenwich est adopté comme premier méridien.
517. Pour déterminer les situations de lieux sur la surflxce terrestre par les combinaisons de latitude et de lon^^itude, on prendra, comme premier méridien, le méridien passant par l'observatoire de Greenwich en Angleterre : les longitudes seront calculées à partir de ce méridien, à l'est, et à l'ouest, jusqu'à cent-quatre-vingt degrés, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on le rejoigne de nouveau. Dans tous les actes législatifs, exécutifs et judiciaires, ainsi que dans les documents publics de toute nature contenant des définitions de lieux, des indications de limites ou des fixations de frontières par des combinaisons de latitude et de longitude, les longitudes mentionnées seront les longitudes à l'est ou à l'ouest du méridien de Greenwich ; et lorsqu'on y mentionnera des longitudes, sans indiquer le méridien à partir duquel elles sont calculées, on sera censé entendre les longitudes est ou ouest du méridien de Greenwich.
Cartes, tables nautiques, etc.., comment elles doivent être dressées.
518. Toutes les cartes géographiques, tables nautiques et astronomiques, et autres publications destinées à l'usage des navigateurs, qui seront confectionnées et mises en circulation par un gouvernement quelconque, seront conformes aux dispositions de l'article précédent, en ce qui concerne le calcul de la longitude.
Les vaisseaux d'État seront mu7iis de tables et cartes faites d après le méridie^i de Greenwich, et obligés de tenir leurs livres de loch conformément à ces cartes.
519. Tous vaisseaux de mer, employés à un titre quelconque au service d'une nation, seront munis de tables, cartes, et de tous autres documents qui pourront être
d'un code international. 401
nécessaires à la navigation, conformes aux prescriptions de l'article 518; les commandants de ces vaisseaux auront le devoir, en tenant leurs lochs, de constater leurs longitudes telles qu'elles résulteront de leurs calculs, conformément aux degrés qu'elles présentent d'après le méridien de Greenwich.
Le calendrier Grégorien devra servir à calcider le temps.
520. On calculera les dates conformément au calendrier Grégorien actuellement en vigueur dans l'Europe occidentale et en Amérique, suivant lequel l'année courante est la dix-huit cent quatre-vingtième de notre ère ; et le premier Janvier de chaque année suivante sera considéré comme le premier jour de l'année.
De la longueur de Vannée et des années bissextiles.
521. Chaque année se compose de trois cent soixantecinq jours, à l'exception de celles dont les chiffres numériques sont exactement divisibles par quatre, et qui comprendront trois cent soixante-six jours. Toutefois les années centenaires, ou années finales de chaque siècle, ne comprendront trois cent soixante-six jours que si le chiffre des siècles est exactement divisible par quatre; les autres années centenaires n'en comprennent que trois cent soixante-cinq.
La longueur de l'année tropicale est à peu près de trois cent soixante-cinq jours et un quart, mais il s'en faut d'une fraction égale à 11 minutes rloMoïï- Lorsque Jules César réforma le calendrier, environ quarante-six ans avant l'ère chrétienne, il ne tint pas compte de cette petite fraction et envisagea l'année comme comprenant exactement trois cent soixante-cinq jours et un quart. Toute année civile ordinaire étant ainsi d'un quart de jour trop courte, on croyait, en intercalant un jour entier ou quatre quarts de jours à la fin de chaque année, maintenir d'une manière suffisamment exacte et durable, l'adaptation des équinoxes et des solstices aux lieux qu'ils occupaient originairement dans le calendrier.
L'erreur de l'année julienne ne produit pas un effet très-perceptible, dès qu'il ne s'agit que d'une période limitée d'années; mais il n'en est plus ainsi lorsqu'il s'agit d'une période de plusieurs siècles. Onze minutes constituent njô d'un jour. En quatre cents années cela fait fff^ d'un jour, c'est-à-dire trois jours et un dix-huitième, ou, si nous recourons aux formules plus
402 l'KO.IMT
ox.if'tos irMli(|ii('(fS ci-doKKUR, IV-rrriir «lo l'anné(; julienne multipliée par quatre (•(înt s'('l(*ve à (rois Jours et <lou/,o centièrneR. L'intercalation julienne d'un Jour, j)ar (|untro nrirK'cs, «k''j)l,'i(.'(; donc If'S équinoxes dans le calendrier de plus do trois jours en quatre siècles.
A l'époque de la réunion du concile de Nicée, A. 1). 325, l'équinoxe de j)rintemps tombait le 22 Mars. Vers la fin du seizième siècle on observa (lu'il tombait le onze. En 1082 le pape Grégoire XIII fiublia le calendrier qui l)orte son nom : et en avançant dans ce calendrier de dix jours la date de chaque jour à partir du 4 Octobre de cette année inclusivement, il restitua à l'équinoxe la date à laquelle il figurait dans le calendrier de l'an 325, C'était un genre de rélbrme qu'aucun intérêt ecclésiastique ni séculier n'exigeait, et elle eut pour effet d'empêcher pendant longtemps que son système de cal- ( ul ne fût accepté, et, ce qui était plus important, que les règles établies par lui à l'elîet de maintenir le rapport des mois du calendrier aux saisons ne fussent admises par les nations protestantes de l'Europe, et par celles qui suivaient les rites de l'église orientale. Ces règles constituaient une amélioration d'une valeur réelle, et leur simplicité aussi bien que leur importance leur eussent assuré un accueil unanimement favorable de fort bonne heure, malgré less jalousies que ne pouvait manquer d'exciter tout ce qui venait de Rome, et aurait paru impliquer une aspiration à la domination universelle, si elles n'avaient été accompagnées du grand et inutile changement ci-dessus mentionné, quant à la fixation absolue des dates.
En fait la plupart des États italiens, avec l'Espagne et le Portugal, adoptèrent le calendrier grégorien dès le 4 Octobre 1582, date fixée pour sa mise en vigueur par la bulle papale. La France l'adopta deux mois plus tard, en désignant le jour qui suivit le 9 Décembre sous le nom du 20 Décembre et ainsi de suite. La question fut discutée la même année à Augsbourg, dans la Diète de l'empire germanique, et les États catholiques de l'Allemagne adoptèrent le. nouveau calendrier l'année suivante *. Mais les États protestants maintinrent l'ancien calendrier, et il en résulta une grande confusion et une grande discordance dans les parties du pays où les populations "protestantes et catholiques étaient mêlées. Cet état de choses subsista pendant pi us d'un siècle; mais à la fin les protestants cédèrent, et en 1700 le calendrier nouveau fut introduit dans toute l'Allemagne, le jour qui suivait le 18 Février étant appelé le premier Mars. Il fut adopté en même temps en Danemarck et en Hollande ; et en 1701 il fut adopté également dans les cantons protestants de la Suisse, le jour qui suivit le 31 Décembre ayant été désigné sous le nom de 12 Janvier. L'accroissement fut alors de onze jours au lieu de dix, l'année centenaire 1700 n'ayant point été considérée comme année bissextile conformément au système grégorien. L'année suivante la Suède en agit de même, en appelant 12 Mars le jour qui suivit le 28 Février.
Le calendrier julien n'a été maintenu jusqu'aujourd'hui que par la Russie, et par les peuples de la religion grecque en général. Comme il n'est plus possible de réaliser en pratique l'uniformité dans le calcul des dates, que par l'acceptation universelle du calendrier grégorien, il est à espérer que le
* Bond' s Handy Booh of Dates.
gouvernement éclairé de l'empire russe ne tardera pas davantage à introduire dans ce pays cette réforme désirable.
Comment on doit entendre le mot « année » employé dans les contrats et dans les actes écrits.
522. Chaque fois que le terme année ou années sera employé dans une loi quelconque, dans des actes, conventions verbales ou écrites, ou dans un acte quelconque public ou privé, on devra entendre, par là, l'année de trois cent soixante-cinq jours, par demi année ^ cent quatrevingt-deux jours, par quart d année ^ quatre-vingt-onze jours : et, si le jour supplémentaire d'une année bissextile vient à tomber dans une période de temps ainsi calculée, il ne comptera point pour augmenter le nombre de jours de cette période.
Divisions de Vannée.
523. L'année continuera à être divisée, comme elle l'est actuellement, en douze mois, qui conserveront les noms sous lesquels on les désigne aujourd'hui; et chaque mois continuera à avoir le nombre de jours qui lui est attribué par les calendriers, actuellement en usage parmi les nations civilisées, c'est-à-dire :
Janvier . . .
ours.
Mai. . . .
. 31 jours.
Février . . .
Juin . . .
dans les années
Juillet. . .
ordinaires, et
Août . . .
dans les années
Septembre .
bissextiles . .
Octobre . .
Mars ....
Novembre .
Avril ....
Décembre. .
Et toutes les fois que le mot mois sera employé dans une loi, un acte, une convention écrite ou verbale, ou un acte public ou privé quelconques, ce terme désignera un mois du calendrier conformément au tableau ci-dessus.
Dans le calendrier réformé de Jules César, tel qu'il était établi originairement, les mois comprenaient alternativement trente et un jours et trente
riKjji/r
jours, en commençant par Mars'*'. Comme l'année ordinaire ne comprend que trois cent soixanto-cinq jours, lo mois final de l'année d'après ce système ne com])renait pas trente jours dans les années ordinaires, et n'atteignait trente jours que dans les années bissextiles. Si l'ordre alternatif avait été interverti, le ])remicr mois comprenant en ce cas trente jours, le second trente et un, et ainsi de suite, aucun mois n'aurait été inférieuràtrente jours, et n'en aurait dépassé trente et un.
Le nom de Julius ou Juillet fut donné au mois Quintilis en l'honneur du grand réformateur, Auguste donna ensuite son nom au mois Sextilis ; et le sénat romain, dans un esprit de basse flatterie, enleva encore un jour au mois de Février déjà trop court, pour l'ajouter au mois d'Août, afin que le mois qui portait le nom de l'empereur régnant ne fût pas moins grand que celui qui avait reçu le nom de son illustre prédécesseur.
La distribution des jours de l'année entre les mois est donc actuellement tout à fait anomale. De plus l'intercalation du jour supplémentaire de l'année bissextile à la fin du second mois de l'année, plutôt qu'à la fin de l'année même, entraîne des inconvénients considérables, notamment en ce qui concerne le rapport du calendrier civil avec le calendrier de l'église. Nous proposerions donc, comme digne d'être pris en considération, le plan de distribution suivant des jours de l'année entre les différents mois, avec la translation de l'intercalation quatriennale à la fin de l'année.
L'année serait divisée en sextiles, de deux mois chacun. Chaque sextile comprendrait un premier mois de trente jours, et un second mois n'aurait que trente jours dans les années ordinaires, et trente et un jours dans les années bissextiles, comme suit :
Premier Sextile Deuxième »
Troisième »
Janvier 30 jours.
Février 31 »
Mars 30 »
Avril 31 »
Mai 30 »
Juin .31 »
Quatrième Sextile \ ^^^ V •;..•■.•. lî^T" Cinquième »
Sixième
Septembre ... .30 »
Octobre .31 »
Novembre 30 »
Décembre 30 »
Ou dans les aDoêes bisseit.34 »
Définition du 7not a jour ».
524. Afin d'éviter la confusion des dates qui pourrait naître de la différence des heures locales, il est convenu :
Premièrement : que le jour civil commencera en tous lieux, douze heures de temps solaire moyen avant le passage du soleil de midi sur le méridien du lieu, et finira douze heures de temps solaire moyen après le passage du soleil au-dessus de ce méridien.
Secondement : que le moment du passage du soleil de midi sur le méridien de Greenwich, le V Janvier, sera censé le V^ Janvier dans le monde entier : il sera alors
* EncycL Brit., art. Calendar
îi,
d'un code international. 405
midi au méridien de Greenwich, après-midi dans tous les pays situés en deçà de 180 degrés longitude Est de Greenwich, et avant-midi dans l'espace compris entre les 180 degrés longitude Ouest de Greenwich ; il en sera de même pour tous les autres jours de l'année ; c'est-à-dire, que le moment du passage méridien solaire du soleil de midi sur le méridien de Greenwich sera celui où le jour portera la même date dans le monde entier, quelque soit le degré d'avancement du jour, d'après l'heure locale, dans les différentes longitudes.
Aussi longtemps que l'étendue du monde connu dépassait à peine un tiers de la longitude terrestre, il n'y avait nul danger de commettre une erreur d'an jour en fixant la date d'un événement. La possibilité d'une erreur de ce genre n'était pas même grande après la découverte de la route du Cap de Bonne Espérance. Mais lorsque l'on eût exploré avec succès la route opposée par le Cap Horn, et que les navigateurs espagnols qui avaient suivi cette route rencontrèrent les navigateurs portugais qui étaient venus par l'autre, aux îles Philippines, on reconnut que leurs calculs des dates dififéraient d'un jour entier.
Tant que la civilisation du monde resta concentrée en Europe, ou ne s'étendit sur le continent Occidental qu'un peu au-delà de l'Océan Atlantique, les possibilités de confusion de chronologie à raison de l'absence d'une règle universelle déterminant le commencement et la fin du jour, ne furent cependant pas grandes. Le cas est tout différent, aujourd'hui que les grandes îles de l'Australie sont peuplées de colonies anglaises florissantes, et que les deux rives de l'Amérique du Nord sont habitées par une race entreprenante, qui se livre à des opérations commerciales étendues dans les deux hémisphères. Il est donc devenu d'une importance sans cesse croissante d'établir une règle universelle, définissant et délimitant pour le monde entier le jour du calendrier. Nous avons déjà indiqué, dans l'article relatif à la longitude, les raisons pour lesquelles il convient de choisir à cet effet le méridien de Greenwich plutôt qu'aucun autre.
100 l'ROJKT
TirilE XXI II.