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SIGNAUX MARITIMES

Articlk 525. Un code des sigriaux devra être formulé par une commission

internationale.

52G. On devra imposer l'usage du code international des signaux,

sur tous navires, pour toutes communications par signaux,

sauf celles qui pourraient être d'une nature confidentielle. 527. On devra veiller à ce qu'ils soient munis des appareils et

des instructions écrites nécessaires pour l'usage du code

international des signaux.

Un code des signaux devra être formulé par une commission internationale.

525. Dans le délai d'un an, à dater de l'adoption du présent Code, on désignera une commission internationale de personnes compétentes, aux fins d'établir un système commun de signaux à employer pour les communications entre vaisseaux en mer; cette commission comprendra trois membres de chaque nation.

On devra imposer l'usage du code international de signaux, sur tous navires, pour toutes communications par signaux, sauf celles qui seraient d'une nature confidentielle.

526. Le système des signaux qui aura été adopté conformément aux prescriptions de l'article précédent sera employé par tous navires allant en mer, publics ou privés, appartenant à Tune des nations qui auront adhéré au présent Code, pour toutes communications par signaux, excepté celles dont la transmission confidentielle serait nécessitée par un intérêt public.

On devra veiller à ce qu'ils soient munis des appareils et des instructions écrites nécessaires pour l'usage du code international des signaux.

527. Tout navire allant en mer, public ou privé, appartenant à quelqu'une des nations qui auront adhéré au pré-

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sent Code, devra se munir, avant son départ, de tous les appareils nécessaires pour employer le code international des signaux dans les communications à échanger sur mer ; il devra être muni également d'instructions complètes et imprimées, pour l'usage de ces signaux.

Tous les codes de signaux, qu'il s'agisse du service maritime ou du service territorial, reposent sur les mêmes princi2)es fondamentaux. Un signal est une indication d'une certaine nature, ayant une signification conventionnelle, et ayant pour but d'aider à la transmission des idées d'une personne à une autre. Lorsqu'il y a une certaine distance entre les personnes qui communiquent, les signaux doivent s'adresser à l'œil ou à l'oreille. Dans l'un et l'autre cas on doit établir une distinction entre les signaux momentanés et éphémères, et ceux qui peuvent être prolongés pendant un certain temps.

A la catégorie des signaux passagers appartiennent la plupart de ceux qui dépendent d'un mouvement. Il y a des signaux de cette espèce qui sont d'usage universel dans la vie commune. Tels sont ceux qui consistent à faire signe de la main, à remuer ou à agiter la tête : et, dans les Codes prescrivant des systèmes de signaux, le fait d'agiter des drapeaux, les décharges d'armes à feu, et les fusées volantes présentent le même caractère. Les signaux permanents ou à proprement parler durables, sont ceux qui ne changent pas d'ajDparence pendant un espace de temps appréciable, et que celui qui les exhibe peut prolonger à son gré. On comprend dans cette dernière catégorie le fait d'arborer des pavillons, de faire entendre le son du sifflet de vapeur ou du cor de brouillard, ainsi que le fait, de la part de la personne qui donne le signal, de prendre telle ou telle attitude.

Les simples mouvements, les sons momentanés, et le fait d'agiter des drapeaux sont appelés signaux élémentaires. Le nombre de ces signaux est limité par la nature des choses. On ne pourrait faire un code un peu complet qui se composerait uniquement de signaux élémentaires et sans combinaisons. Un petit nombre d'éléments pourraient cependant fournir une grande variété de signaux, si on les associait par groupes. Ce sont des groupes de ce genre que l'on appelle signaux de combinaison. On peut former ces groupes de diverses manières ; d'abord par la combinaison i^roprement dite, lorsqu'au moyen d'un nombre donné d'éléments, six par exemple, on forme dés assemblages d'un nombre de signaux moindres, par ex. de trois, dont aucun n'est exactement semblable à un autre par les éléments dont il se compose; en second lieu par permutation, lorsqu'au moyen de la même combinaison on produit autant de signaux différents qu'il peut y avoir d'ordres différents de succession dans la distribution de ces éléments; et en troisième lieu par arrangement, ce qui permet de produire une grande variété de signaux au moyen d'un petit nombre d'éléments, en reproduisant plusieurs fois un ou plusieurs de ces éléments dans le même signal, et en les disposant dans un ordre variable. [Meyr's Manual of Signais.)

On peut dire en thèse générale qu'il n'est pas désirable d'employer un grand nombre de signaux élémentaires dans un code de signaux, et que le

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principe do Vrtrrangflm'"nt, appliquf^ à un potit nombre d'élémentR, fournira des résultats j)lus suffisants, que la permutation et la combinaison neulcF aj)pliquéos à un nornbro d'^lômonts plus considérable.

Les codes do .si^jrnaux i)Ouvont être faits do manière à co que ceux-ci représentent des lettres, et, dans ce cas, on ])Ourra communiquer toute espèce de mots comme ])ar lo tôlof^n'aphe ; ou do manière à co qu'ils représontont des nombres, qui puissent être employés pour notifier des messages préparés d'avance et coordonnés dans un dictionr.aire. L'avantape du premier système est de permettre toute esjjèce do communications : et celui du second d'économiser du temps, en fjermettant de communiquer un grand nombre de mots au moyen d'un seul nombre. Un système complet devrait comprendre les deux méthodes : la première pour la catégorie nombreuse des communications dont la nécessité se reproduit fréquemment : et la seconde pour les communications dont on ne peut prévoir la nature.

L'a Ii:)liabet télégraphique par points et lignes démontre l'avantage qu'il y a à limiter le nombre des signaux élémentaires employés dans un système quelconque. Grâce au principe de l'arrangement, deux caractère?, ou au plus trois (une longue ligne, une ligne courte, et un point), suffisent dans ce cas pour formuler un alphabet complet de signaux, parfaitement distincts les uns des autres, et faciles à retenir. Cet alphabet formerait par lui-rnéme un code de signaux amplement suffisant pour permettre à deux navires d'échanger des communications en mer au moyen de sifflets de vapeur, ou en exhibant ou cachant plus ou moins longtemps un objet apparent quelconque.

Il y a déjà actuellement certains codes de signaux en usage, qui sont jusqu'à un certain point devenus internationaux. Nous mentionnerons parmi ces codes : « Le Code Universel 57 du capitaine Marryatt de la marine royale anglaise, « Le Code International » du capitaine Reynold de Paris, et un troisième « Le Code de Commerce n du conseil de commerce anglais. Le premier et le second se servent de nombres signaux^ ou de chiffres pour les communications par signaux : le troisième, le Code Commercial se sert à cet effet de lettres signaux permutées par série de deux, de trois et de quatre. [Meyers Manual of Signais, p. 51.) Ce code se compose lui-même de mots et de phrases classifîés suivant les matières. On fait les signaux en arborant des drapeaux, chaque drapeau étant le symbole reconnu d'une lettre spéciale. Cette méthode fut inventée en 1856, sous les auspices du conseil de commerce, comme il est dit ci-dessus; depuis ce temps elle a été graduellement introduite dans la marine de guerre et dans la marine marchande des principales nations maritimes de l'Europe. Jusqu'ici toutefois l'on ne s'en sert qu'en partie dans la marine militaire ou commerciale des États-Unis, bien que, par un ordre général du département de la marine, ce code ait été délivré à tous les navires de la marine des États-Unis, en même temps que les drapeaux nécessaires comme signaux.

Le système de signaux qui semble présenter la plus grande somme d'utilité, est celui qui est connu sous le nom de méthode chronosémique pour les signaux, inventé par Benjamin Franklin Greene, chef de division du bureau de navigation, au département de la marine des États-Unis. Ce système consiste à employer des intervalles de temps mesurés, comme symbole

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significatif, et à user seulement de signaux perceptibles à l'oreille ou à l'œil, pour indiquer le commencement et la fin de ces intervalles de temps. On peut prendre, comme unité d'intervalle, un petit intervalle de temps convenable quelconque, par exemple : une, trois ou cinq minutes ; cet intervalle doublé, triplé, quadruplé et ainsi de suite, fournira les symboles additionnels successifs, nécessaires pour formuler le code.

Ce système présente divers avantages. Il permet d'employer la plus grande variété d'appareils de signaux; car, il importe fort peu de quels moyens l'on se sert pour indiquer le commencement ou la fin de chaque intervalle d'une manière distincte. C'est ainsi que, pour ce qui concerne les signaux visibles pendant le jour, on pourra recourir également et diversement, suivant qu'on le trouvera convenable, à un drapeau exhibé, caché, ou simi^lement agité, à tout autre objet brillant ou apparent, ou même, à de petites distances, à un simple geste du bras fait par l'officier préposé aux signaux, ou, pendant la nuit, à un coup de canon, à une fusée volante, à un fanal exhibé ou dissimulé ; et, en temps de brouillard, à un coup de canon, au sifflet de vapeur, ou au son d'une trompette ou d'un cor. Ce système permet, en second lieu, une très-grande extension de la portée des signaux utilisable à distance, au-delà de la limite dans laquelle ils se restreignent actuellement en pratique; il rend possible, par exemple, de transmettre des messages au moyen de fusées volantes et de canons, entre vaisseaux séparés par dix, quinze ou même vingt milles, et davantage. On peut ajouter à ces avantages que la méthode chronosémique, par la simplicité des appareils de signaux qu'elle comporte, entraîne moins de dépense que toute autre, tout en ayant été reconnue beaucoup plus efificace qu'aucun sy^•tème imaginé jusqu'ici, spécialement pour ce qui concerne les signaux de brouillard.

Il semble désirable, pour ces raisons, que la méthode chronosémique, si elle n'est adoptée à l'exclusion de toute autre, occupe au moins une place importante dans tout système de signaux prescrit pour l'usage international. Il vaut mieux toutefois que les détails du système soient réglés par des hommes d'expérience qui, ayant pu constater en pratique les mérites des différentes méthodes, ont le droit de parler sur ce sujet avec autorité, plutôt que par une législation arbitraire. C'est cette considération qui nous a inspiré les dispositions du texte ci-dessus, aux termes desquelles le soin de déterminer la forme précise du code international des signaux doit être confié à une commission d'experts.

Les remarques qui précèdent s'appliquent aux systèmes de' signaux destinés à des communications générales ou étendues. Les signaux d'alarme dont l'objet est d'empêcher des abordages ou de prévenir un danger, peuvent être beaucoup plus simples ; mais, afin qu'ils soient aussi efficaces que possible à l'effet de garantir la sécurité des vaisseaux en mer, il est important qu'ils soient partout les mêmes. Dans les États-Unis, le Conseil des surveillants inspecteurs des bateaux à vapeur a adopté les règles suivantes pour les signaux de brouillard : « chaque fois qu'il y aura du brouillard soit pendant le jour, soit pendant la nuit, on emploiera et on fera entendre, toutes les deux minutes, les signaux suivants, savoir : les navires à vapeur et tous autres bateaux à vapeur côtiers et de rivière emploieront.

])ond,'int qu'ils snront an marflio, lo Kifïlot do vapour; Ins naviroR à voilog ai toutox autroK oin])arrationH navi^Miant au moyon <\(tn voiU-H cmploioront, pendant qu'ils seront en marclie, un cov do brouillard ou un nifnial /équivalent; les naviroBà voiles et toutes autres embarf-ations marrlinntàl'aidedo la voile sur l'océan ou sur des lacs, feront entendre, lorsqu'ils iront à tribord, un son du cor, et lorsqu'ils tourneront à bas-bord, deux sons du cor. Par tous les temps, et à des intervalles ne dépassant pas deux minutes, lort-qu'ils seront en panne, ils feront entendre le son d'alarme; lorsqu'ils seront à l'ancre ils feront entendre le son du cor, comme dans les autres cas à des intervalles de moins de deux minutes. Il sera, dans tous les cas, du devoir des bateaux à vapeur de laisser toute espèce de facilité aux navires à voiles, ou à toutes autres embarcations, marchant sous l'impulsion des voiles, et de s'écarter de leur route. Los navires à vapeur, et navires à voiles lorsqu'ils ne seront pas en marche, ou lorsqu'ils seront ancrés ou mouillés dans un canal ou dans une voie navigable ainsi qu'il est dit ci-dessus, et non dans un port, sonneront du cor à des intervalles de moins de deux minutes; et tous navires à vapeur, naviguant par un temps de brouillard ou par un temps brumeux, feront entendre le sifflet de vapeur au moins toutes les minutes. Les navires à voiles, à l'approche d'un bateau à vapeur, pendant la nuit, exhiberont, en tout temps une torche allumée du côté où ce bateau à vapeur s'approchera; et sur toute embarcation naviguant dans les rivières sans être remorquée par un bateau à vapeur, telle que radeaux, bateaux plats, trains de bois et autres embarcations de ce genre, on sonnera du cor à des intervalles ne dépassant point deux minutes; tous les bateaux à vapeur, naviguant dans des rivières par des temps brumeux ou des temps de brouillard, feront entendre leur sifflet de vapeur à des intervalles ne dépassant point une minute.

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