‹ Projet d'un code international proposé aux diplomates, aux hommes d'état, et aux jurisconsultes du droit internationalChapitre 3 sur 335 · PREFACE DE LA PREMIERE EDITION · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA PREMIERE EDITION

On ne doit voir dans cet ouvrage comme l'indique le titre qu'il porte, que V esquisse à grands traits d\in Code international. Je ne le présente point comme un Code complet, ni même comme l'exposé complet des grandes lignes d'un Code; il n'en est que l'esquisse. C'est un ensemble d'idées, que je me borne à suggérer et mon projet devra subir une révision complète et minutieuse. Le présent volume n'est qu'une partie de l'ouvrage entier. Il en paraîtra un autre dans peu de mois, traitant des modifications amenées, dans les relations mutuelles des nations et de leurs membres, par l'état de guerre.

Voici l'histoire du travail que j'ai entrepris. Lors de la réunion de l'association anglaise pour les progrès des sciences sociales à Manchestre en septembre 18G6, je proposai la nomination d'une commission chargée de préparer et de soumettre à l'association le plan d'un Code international, en vue de formuler un Code complet, et de le présenter, après une révision et des amendements minutieux

\ l'UKI-ACK.

;i ]'('\;iiii('ii (les tioincjiicijjcijis, diius J'cspoir (j ohl.ciiii' un joui' l(Mn' s;m('li(^ii. Ln proposition fui ravorablompnl .'iccucillic, (M Ton noninui un^' roninjission roniposo<' (le jurisconsultos (le (lifli'i-cnlcs naiions. I),'iiis l;i disirihniion (lu travail entre les membres de la commission, Ton m'assigna une part. Il avaii (ral)ord élé entendu que les membres après avoir accompli leurs tâches respectives, se communiqueraient mutuellement leurs travaux, et se réuniraient ensuite pour réviser le tout, et achever' leur tâche connnune. Mais l'éloignement des divers membres a opposé de grands o])Stacles â ce qu'ils pussent suivre leurs progrès individuels, et se communiquer avec avantage le travail accompli, avant de se réunir pour délibérer et pour réviser. J'ai donc jugé plus avantageux pour les autres membres de la commission aussi bien que pour moi-même, de présenter mes vues personnelles relativement à toute la matière, en essayant une esquisse de Tœuvre complète, dans Tespoir que mes collègues agiraient de même. Quelque mince que soit peut-être la valeur de mon travail, je le t)résente tout en me défiant de son mérite, comme ma part contributive à la tâche commune.

Le projet devait embrasser non-seulement la codification des règles existantes en matière de droit international, mais l'indication des changements et des améliorations que la civilisation plus mûre de notre siècle semblerait exiger. Il s'agissait de compiler ce qu'il y avait de bon dans l'ensemble du droit public actuel, de laisser de côté ce qui paraitrait suranné, inutile ou' nuisible, et de suppléer ensuite les dispositions qui paraîtraient le plus désirables. Le Code que l'association voulait proposer devait être tel qu'il pût

PIŒFACE. XI

obtenir la recommandation des hommes honnêtes et sages, pour servir de régies internationales, dans l'intérêt de rhumanité et de la paix. C'est pour concourir à formuler un tel Code que j'ai entrepris le présent travail. Ce qu'on y trouvera d'ancien- est en général expliqué et justifié par des notes ; ce qu'on y trouvera de neuf est proposé à l'attention de ceux qni pensent que la puissance du droit des gens peut encore beaucoup faire pour la paix et la prospérité du monde.

On y remarquera nécessairement bien des omissions et

bien des erreurs. Tout en élaborant ce travail, j'y ai introduit certaines dispositions qui réclament des changements dans des dispositions précédentes : on les apercevra aisément. C'est ainsi que le mot league (lieue) a été dans certains endroits employé pour désigner une mesure de distance, avant que nous eussions abordé les détails du titre des poids et mesures.

J'ai eu pour élaborer cet ouvrage l'aide de diverses personnes auxquelles j'ai de grandes obligations. Je mentioiinerai spécialement M. F. A. P. Bernard, président du collège de Columbia, qui a rédigé les titres de la Monnaie, des Poids et Mesures, de la Longitude et du Temps, des Signaux maritimes. Je dois également exprimer ma reconnaissance envers MM. Austin Abbot, Charles Francis Stona et Howard P. Wilds du barreau de New-York, qui m'ont prêté un concours important pour l'élaboration de différentes parties de cet ouvrage.

David Dtdley Field.

Xo^v-Yol•k, jnnvier 1872.

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