‹ Projet de loi sur l'organisation de l'enseignement supérieurChapitre 15 sur 17 · PERSONNEL ET BUDGET · texte numérisé non relu

PERSONNEL ET BUDGET

Il est utile de jeter ici un coup-d’œil sur les modifications que le système proposé apporterait dans le nombre des professeurs de l’enseignement supérieur, et sur les charges qu’il imposerait au budget.

Dans l’état actuel des choses, en province, nos 2 Facultés de Médecine comprennent 32 professeurs; les 15'Facqltés des Sciences, 87 professeurs; les 15 Facultés des Lettres, 74; les 10 Facultés de Droit, 89; les 7 Facultés de Théologie, 41 ; les 2 Écoles supérieures de Pharmacie, 10; les 22 Écoles secondaires de Médecine, 187; les Écoles vétérinaires, les Écoles d’Agriculture et l’École forestière de Nancy, 40; soient en tout 560 professeurs.

Ajoutez à Paris : Faculté de Médecine, 27 professeurs; des Sciences, 18; des Lettres, 11; de Droit, 19; de Théologie, 7; École de Pharmacie, 9; Collège de France, 32.; Muséum d’histoire

naturelle, 16; École normale supérieure, 28; École centrale, 28; École des Beaux-Arts, 24; soient en tout 215 professeurs.

Ainsi, dans toute la France, nous arrivons au chiffre de 775 professeurs auxquels il convient d’ajouter les professeurs de l’École polytechnique, de l’École centrale et d’autres établissements d’enseignement supérieur spécial.

D’après le projet de loi qui précède, en supposant les cours très au complet, chaque Université comprendrait environ 70 professeurs de Facultés et 110 professeurs d’Écoles professionnelles supérieures; en y ajoutant les 26 professeurs du Collège de France et les 20 'du Muséum, on arrive à un total d’environ 1,080 professeurs pour les six Universités de France. Il n’est pas inutile de dire, en passant, qu’on peut estimer à 2,000 le nombre des professeurs des universités allemandes.

La somme nécessaire pour faire face aux traitements fixes se déduit aisément des chiffres qui précèdent et des indications portées en l’art. 70. Les professeurs de Faculté coûteraient environ. 3,500,000

Ceux des Écoles supérieures, environ.4,100,000

Ceux du Collège de France et du Muséum, environ. 750,000

Soient, au total. . . 8,350,000

c’est-à-dire un peu moins des deux tiers de la somme dépensée chaque année, en Allemagne, pour le même objet. Actuellement la dépense du personnel ne s’élève pas à 3 millions, et elle est couverte par les prélèvements que fait l’État sur les examens et les inscriptions. La somme de 8 millions est donc tout entière à inscrire aux dépenses du budget ordinaire.

Il faut y ajouter les sommes nécessaires à l’édification des bâtiments destinés aux universités; il est difficile de les estimer à moins de dix millions, qu’il faudrait faire entrer par tiers, pendant trois années, au budget extraordinaire.

Enfin, pendant les premières années, l’État devrait sans doute venir en aide aux Universités naissantes, par des allocations du genre de celle qui est indiquée en l’art. 95 et qui pourraient être faites, soit à titre de don, soit à titre d’avances.

Tels sont les sacrifices que demanderait au budget une solide organisation de l’enseignement supérieur en France, et j’ose dire que le système que je propose n’est pas plus coûteux qu’aucun autre qui voudrait atteindre le même but. D’ailleurs, la question d’argent, même dans l’état où en sont nos finances, ne doit être que secondaire, lorsqu’il s’agit d’instruction publique.

Page 1