‹ Psychologie et education. --Chapitre 10 sur 81 · APPLICATIONS AUX ÉCOLES NORMALES H · texte numérisé non relu

APPLICATIONS AUX ÉCOLES NORMALES H

îot de connaissances qui fait partie de son patrimoine intellectuel, moral et esthétique. Ils s'incorporent à elle et deviennent tout d'abord des « hommes » avant d'être des citoyens €t des éducateurs.

D'autre part, ils s'initient à la pratique de leur future profession, d'une façon directe, et cela de trois manières . « 1^ par les leçons choisies, préparées et exposées en vue de l'école primaire, sous la direction des professeurs de l'école normale ; 2° par l'examen critique des méthodes d'enseignement et des moyens d'éducation, examen qui se fait surtout dans les cours et conférences de pédagogie que dirige le directeur de l'école normale ; 3° par les exercices pratiques de l'école d'application, où les élèves-maîtres, mis en présence des enfants, vont s'exercer graduellement aux difficultés de l'enseignement et de l'éducation. » (Nouveaux programmes, fasc. II, p. 34 et suiv.)

Mais, de même que l'éducation professionnelle s'était faite indirectement, les années précédentes, sous l'influence exercée par des qualités de savoir, de méthode, d'intelligence pédagogique des professeurs et par les bonnes habitudes d'esprit qu'ils avaient su faire acquérir à leurs élèves, de même, en cours de 3^ année, les élèves-maîtres et les élèvesmaîtresses sont invités à ne jamais perdra de vue une certaine « culture générale libre et désintéressée, capable d'inspirer aux élèves le besoin de continuer à se développer intellectuellement lorsqu'ils auront quitté l'école », {Ibid,^ p. 5.)

On leur recommande les lectures littéraires, historiques, morales, « destinées à étendre l'horizon de la pensée (1), à ouvrir l'esprit sur les grandes questions qui intéressent particulièrement le temps actuel ou la vie humaine : histoire de la civilisation, de la colonisation, chefs-d'œuvre de l'esprit humain, principales doctrines morales, etc., etc. ». ilbid.)

On les invite à consacrer cinq heures de classe et quinze heurps d'étude par semaine à cette culture générale.

On y ajoute des compléments de mathématiques et do physique appliquées, ainsi que des conférences sur l'histoire

(1) Voir t. II, Bibliothèque philosophique.

de Fart avec projection des chefs-d'œuvre de Tarchitecture, de la sculpture et de la peinture et audition des plus belles pages musicales.

On attache la plus grande importance au travail personnel des élèves. On veut que chaque élève, « prenant de plus en plus conscience de ses goûts naturels, travaille de lui-même, selon son choix ». Il est incité à amasser des matériaux pour l'avenir et à contracter le goût et l'habitude des études personnelles. On le prépare à rester un « bon esprit » tout en devenant un « spécialiste », un « professionnel ».

2° L'instituteur et les institutrices en fonction

DANS LES ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES. — QuC l'instituteur (OU

l'institutrice), en fonction, doive être un «bon esprit » au sens qui a été donné à ces mots, et qu'il ait pour mission essentielle de former de « bons esprits », cela résulte, sans contestation possible, de son rôle, de sa fonction.

Il doit, par une culture générale soigneusement entretenue, rester lui-même un esprit critique, méthodique, ami du progrès, large et tolérant. C'est à ce dessein que répond une des idées essentielles des deux volumes qui précèdent celuici. (Voir t. I", préface, p. ix, x; t. II, préface, p. viii, ix, et Bibliothèque philosophique, p. 279-286.) En même temps, par une culture professionnelle, sans cesse entretenue et aHmentée (t. II, p. 287-291), il est tenu de perfectionner ses procédés techniques, à la lumière simultanée de la théorie et de la pratique.

A ce prix seul, son enseignement préparera les enfants à devenir, eux aussi, et quand le développement progressif de leur esprit le permettra, des esprits critiques, méthodiques, ouverts, tolérants. C'est pour les aider à atteindre ce but que nous avons insisté longuement sur l'éducation du jugement et de la raison (t. I", p. 236, 276; t. II, p. 243-247) . L'instituteur qui veut former de « bons esprits », s'appUque à émanciper les inteUigences plus qu'à les meubler. Il habitue l'écolier à penser par lui-même; il éveille sa curiosité et lui donne le besoin de connaître, de chercher en toute occasion les causes et les principes. Il relègue au second plan les procédés mécaniques et donne la prédominance à ceux qui font appel à l'observation et à la réflexion.

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