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DES PROCÉDÉS SCOLAIRES PROPRES A FAIRE RETENIR

Apprendre et retenir ne sont plus des fins, mais des «loyens en vue d'inventer et de comprendre, en vue de nouvelles acquisitions spontanées, réfléchies et méthodiques, en vue d'utilisations intelligentes et pratiques.

Nous avons souligné l'importance du problème de la mémoire dans la 16® leçon du tome I" et dansla4«du tome II. Nous avons dit les conditions organiques et psychologiques de la mémoire. Nous y renvoyons le lecteur.

C'est de là qu'il faut déduire tous les procédés scolaires propres v\ « faire retenir ». Nous les avons ramenés à quatre groupes : 1° Respecter les exigences de l'esprit : intelligence, jugement, bon sens, autrement dit : expliquer et faire comprendre aidant d'« apprendre »; 2° utiliser et respecter les lois physiologiques et les lois psychologiques de la mémoire, autrement dit veiller à l'hygiène, à la vivacité des impressions, les répéter, les rendre nettes, précises, ordonnées ; 3° développer simultanément les mémoires visuelle, auditive et motrice, autrement dit : pour chaque leçon le maître parlera, écrira au tableau ou fera écrire sur les cahiers. L'emploi des résumés sera constant. Tous seront lus et relus, écrits au tableau et transcrits sur les cahiers; 4° nous avons indiqué quelques procédés pratiques propres à corriger les défauts de la mémoire ; il conviendra d'insister sur les exercices de contrôle et de revision.

Nous renvoyons à ces deux leçons dont nous recommandons l'étude attentive et réfléchie. Elles sont de celles qui prépareront le mieux à la pratique professionnelle de la classe; et qui montreront le plus clairement l'alliance nécessaire et féconde de la psychologie et de la pédagogie, de la théorie et de la pratique, de la méthode et des procédés.

Il sera bon aussi de relire les passages relatifs à l'utilité de la mémoire (surtout t. II, p. 56 et suiv.) et d'y ajouter les remarques suggérées par la présente leçon. Nous les ramènerons à deux : d'abord, le but d'une éducation de l'esprit étant de « trouver » et de « comprendre », il est clair que l'enfant doué d'une mémoire infidèle ou fugitive ne pourrait, privé de ce secours, exercer utilement ni ses petits pouvoirs d'invention, ni ceux de compréhension. La chose serait aisée à montrer : toute découverte, tout acte d'intellection, se décompose en une série de comparaisons

OJ ii-DUCATION INTELLECTUELLE

et de jugements. La disparition ou l'oubli des anneaux de cette chaîne entraverait l'opération elle-même. Il faut donc être capable de « retenir » pour être en mesure d' « inventer » et de « comprendre ».

D'autre part, l'idée même de connaissance implique l'idée d'utilisation des connaissances : savoir c'est pouvoir. L'enfant les utilise pour parler, écrire, comprendre et se faire comprendre, apprendre ses leçons, rédiger ses devoirs^ et plus tard pour apprendre un métier, une profession, s'y perfectionner et en tirer, pour lui et les autres, toute l'utilité possible. Or, l'utilisation des connaissances serait évidemment impossible sans la mémoire.

VI. Conclusion. — Nous conclurons par une remarque analogue à celles qui terminent les précédentes leçons : tous les procédés, et souvent toutes les méthodes, se pénètrent réciproquement. Leur emploi est simultané et inséparable. Si on les sépare, c'est pour mieux les décrire, c'est surtout pour mieux les signaler aux maîtres, les isoler, les mettra en relief, afin qu'ils sachent les reconnaître et les employer^" le sachant et le voulant. Car c'est un des principes essentielsde la méthode que de ne rien faire sans savoir qu'on le fait. Ce qui est l'exclusion du hasard qui est précisément l'absence de méthode ou de réflexion.

Quant à la méthode elle-même, elle se résume, dans cette leçon comme dans toutes celles qui précèdent ou suivront, dans ces deux mots, aussi bien pour l'élève que pour le maître : réflexion et activité.

Résumé.

I, II. — Les procédés scolaires sont l'application pratique et comme l'adaptation aux exercices scolaires des principes de la méthode. Pas plus que les méthodes, il n'y a de procédés infaillibles. Ce sont des directions, des suggestions, des invitations à chercher.

III. — Pour amener l'enfant à découvrir, inventer, on pourra employer les procédés suivants dans les écoles maternelles, classes enfantines et préparatoires : se faire questionner; favoriser l'imagination; employer la méthode intuitive. Dans les

classes élémentaires, ajouter les interrogations et causeries, favoriser la curiosité et l'attention, l'imagination; utiliser les exercices de spontanéité et la méthode intuitive. On fera la guerre à tous les exercices passifs et mécaniques. On apprendra à juger et à raisonner, en un mot à comprendre.

IV. — Pour amener l'enfant à comprendre, chaque maître a ses procédés plus ou moins ingénieux. Ils sont très variables. On peut conseiller d'aller lentement, de ne pas craindre les redites, s'inspirer des données exactes de la vie, faire agir l'enfant, l'interroger souvent.

V. — Apprendre et retenir ne sont plus des fins mais des moyens en vue d'inventer et de comprendre. Les procédés dont l'emploi estconseillé sont ceux-là mêmes qui ont été indiqués dans l'analyse et l'éducation de la mémoire (t. P^ 16^ leçon; t. II, 4« leçon).

VI. — Tous les conseils donnés peuvent se résumer en ces deux mots : réflexion et activité.

Sujets à traiter.

Mémoires.

1. — Comment éveiller et favoriser chez les enfants les pouvoirs d'invention et de compréhension î

2. — Trouver, comprendre et retenir sont des habitudes essentielles à faire acquérir. Peut-on les isoler l'une de l'autre î Se suffisent-elles à elles-mêmes et ne faut-il pas ajouter l'utilisation, l'adaptation î Savoir c'est pouvoir.

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