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IX. Conclusion. But poursuivi : les esprits libres

— L'interrogation, conduite d'après les principes indiqués, est le principal ressort de la méthode active, dont le but est de former des esprits libres.

Par elle, nous voulons exciter l'esprit de l'enfant, lui donner l'habitude du travail, de l'attention et de la réflexion, provoquer son effort intellectuel, attendre que cet effort aboutisse, lutter contre sa timidité, sa légèreté, son inertie, faire jaillir des réponses inteUigentes par d'habiles questions, bref, lui laisser trouver une grande partie des idées qu'on; veut lui apprendre.

Le véritable enseignement est une collaboration : « Oui, il faut que l'enfant agisse, qu'il parle, qu'il écrive ; il faut qu'il juge, qu'il critique, qu'il loue, qu'il blâme, qu'il expérimente, qu'il raisonne ; il faut qu'il s'essaie à tout cela sous l'œil et sous la direction d'un maître expert et dévoué. Tel est l'apprentissage fécond, qui lui servira toujours et en tout. » (Maneuvrier.) Ce qui revient à dire avec Aristote une vérité passée en lieu commun, mais qui a été pendant bien longtemps méconnue : « On ne sait bien que ce qu'on fait soi-même. »

Guerre donc à la passivité de l'esprit, guerre à ces méthodes qui habituent à jurer sur la parole d'un maître ou le texte d'un livre ou bien qui font que l'on se fixe trop vite et sans

information suffisante dans une opinion qu'on n'examine plus et dont plus rien ne fait démordre. Etroitesse extrême, dangereuse !

Travaillons à faire des esprits libres. « C'est en faisant sans cesse agir l'intelligence, en lui donnant l'habitude de chercher et de trouver par elle-même, de contrôler toujours ses raisons de croire, que l'enseignement formera des esprits à la fois fermes et souples, toujours ouverts à toute vérité, et sympathiques à tout progrès. Le plus grand service à rendre à la pensée, c'est de l'empêcher de s'emprisonner soit dans des opinions qu'elle reçoit toutes faites, soit dans ises propres liens. » (H. Marion, La Méthode active (1), Revue pédag.. 15 janvier 1888, p. 7.)

C'est l'interrogation qui nous aidera à former des esprits débrouillés et, qu'on nous permette cette expression, « débrouillards » ; des esprits capables de voir clair dans leurs idées et dans celles des autres, aptes à se conduire, en toutes circo'iistances, d'après les règles du juste et de l'utile.

Résumé.

I. — L'interrogation n'est pas un procédé isolé ou spécial, elle est l'auxiliaire de la plupart des méthodes et procédés. Son universalité et son importance ont été reconnues de tout temps.

II. — Son utilité est considérable : elle est un élément d'intérêt pour l'enfant. Elle assure et consohde le savoir. Elle apprend à parler, à penser et, en un sens, à vivre.

III. IV. — On distingue l'interrogation de découverte, celle d'exposition ou d'enseignement, enfin celle de contrôle. Leur emploi est constant dans les leçons.

V. — L'interrogation est utile dans les recapitulations, non seulement pour faire reviser et s'assurer qu'une certaine série de leçons est sue, mais aussi comme exercice de réflexion et de jugement.

(1) Tout cet article est à lire. A rapprocher d'une dissertation de P.-F. Thomas sur la méthode suggestive ou active, comparée à la méthode dogmatique ou d'autorité (La Dissertation pédagogique, p. 257- 261).

VI. — Dans la pratique, il est bon dé suivre certaines prescriptions qui donnent à ces procédés toute leur utilité, toute leur efficacité.

VII. — On a dirigé contre l'interrogation, et spécialement contre l'interrogation socratique, un certain nombre d'objections, auxquelles il est facile de répondre.

VIII. — L'interrogation est particulièrement utile -J indispensable en histoire, en morale, etc.

IX. — Son but se confond avec celui de la méthode active et libérale : former des esprits libres.

Sujets à traiter.

Mémoires.

1. — Utilité de l'interrogation. Réfuter les objections dirigées contre -ce procédé.

2. — La méthode socratique : principe (voir ci-dessus, 3^ leçon, p. 47), procédés, avantages et inconvénients, emploi pratique actuel.

3. — De la méthode d'interrogation dite « socratique » à l'école primaire. Historique de la méthode. Analyse de ses principaux caractères et des qualités qu'elle exige de la part du maître. Plan d'une leçon faite d'après cette méthode. (Académie de Poitiers, 1907.)

4. — La méthode expositive et la méthode interrogatoire. Les employez-vous successivement ou simultanément, au cours de vos différentes leçons î Vous justifierez votre façon de procéder, (iitd.) (Ajouter à la présente leçon, la 3« et la 4«, sur les méthodes de recherche et d'enseignement.)

Conférances et Education professionneUe.

1. — Faire des résumésdiitincts, puis un résumé unique et d'ensemble, des lectures signalées au début de la présente leçon, p. 88.

2. — Classer les procédés interrogatifs et montrer, par des exemples précis, leur emploi dans les leçons. Reconstituer pour chacun d'eux une interrogation avec la réponse présumée des élèves, et la chaîne des questions.

3. — Ltilité des récapitulations. Donner des exemples pour une série de leçons d'histoire ou de morale. Suivre les conseils donnés dans le texte de la leçon (§ V et VIII).

4. — Discuter les conseils pratiques donnés dans la leçon sur la manière de conduire les interrogations (§ VI).

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