III. — Il est utile au maître et à l'élève
IV. — Il faut éviter et son usage prématuré et son usage exclusif. On s'en servira d'une façon rationnelle et pratique.
V. — L'usage du livre apprendra à l'élève à se tirer d'affaire leul et à prendre le goût de la lecture
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Sujets à traiter.
Mémoires.
i. — Exposer le paradoxe de Rousseau sur l'usage du livre. Apprécier ce paradoxe en faisant appel à des raisons d'ordre théorique et pratique.
2. — Les livres à l'école primaire. Pour quelles matières, dans chaque cours, convient-il de mettre des livres entre les mains des élèves î Quel usage doit-on en faire î On pourra indiquer, comme exemples, quelques titres et noms d'auteurs. (Cf. 24^ leçon.)
3. — Le rôle des images et des gravures à l'école primaire. En faire voir l'importance. (Cf. 3«, 4», 5« et 10« leçons.)
Conférence.
Comment le maître et les élèves pourront-ils se servir du livre î Entrer dans quelques détails précis et observés.
NEUVIÈME LEÇON Des devoirs écrits : leur importance. DaO£:er d'en faire abus.
I. Importance des devoirs écrits. — 1° Nature de LA PENSÉE. — Penser c'est abandonner la sensation, pour s'élever à l'image et surtout à l'idée. C'est aussi créer et inventer.
La pensée véritable est tout intérieure. Elle se compose de symboles intérieurs appelés images et idées, suivant qu'ils sont plus ou moins abstraits, plus ou moins éloignés de la sensation (t. P% 14®, 19® leçons, etc.). Penser c'est donc grouper des images et des idées. C'est, en somme, se recueillir méditer, réfléchir.
C'est aussi une certaine façon de créer et d'inventer. Pendant la classe, au moment de l'enseignement visuel (lecture, écriture) et oral (interrogations et réponses), l'enfant « pense », car il associe les sensations présentes aux sensations passées, il compare, il juge et il comprend ; c'est donc bien un travail de « pensée ». Mais il le fait sous la direction de son maître, il est conduit à le faire. Il décom-
DES DEVOIRS ÉCRITS : LEUR IMPORTANCE 'M'b
pose les anciens groupements de sensations, d'images et d'idées, pour en recomposer de nouveaux, mais il ne le fait pas seul. Le travail de la pensée sous forme de la parole et d'enseignement oral est fugitif, il laisse peu de traces, surtout chez le visuel.
2° Le devoir écrit favorise le travail et l'exercice DE LA pensée. — En efîet, livré à lui-même, et n'ayant plus que le souvenir de la parole du maître et de ses conseils, en tête à tête avec les difficultés d'un problème, d'un exercice de grammaire ou d'une petite composition française, notre écolier va « penser » réellement, il va être actif et faire un travail durable.
Il pense réellement, car, en outre des sensations visuelles que lui procurent le texte du devoir et les mots qu'il écrit, en dehors des images auditives et visuelles qu'il a conservées de la classe (parole du maître et exercices écrits au tableau, par exemple), il est bien obligé de se recueillir, de méditer, de faire un efîort intérieur de réflexion. Et cela même est la pensée dans ce qu'elle a de plus utile.
L'écolier est actif. C'est surtout maintenant que, sans avoir besoin d'un stimulant extérieur, du coup de fouet de l'interrogation, il travaille seul et de lui-même : il décompose ses souvenirs, il les dissocie, et avec leurs éléments isolés il recompose quelque chose de nouveau, de nouveau pour lui. Le nouveau consiste à trouver la solution du problème, à appliquer les règles de la grammaire, à développer son petit devoir français. Il crée, il invente. Il fait, avec des éléments anciens, quelque chose de nouveau, une petite mosaïque, dont l'ordre et l'arrangement sont — eu égard à son jeune âge — aussi méritoires, aussi profitables pour son développement intellectuel, que les inventions des grands penseurs. '
C'est alors seulement qu'il sait, car savoir c'est savoir Jaire, c'est créer, inventer, utiliser^ Qu'est-ce qu'une règle de calcul ou de grammaire qu'on ne sait ni appliquer ni reconnaître, dont on ignore l'usage et dont on ne sait pas se servir ? Des mots et de vains mots. Le but de l'instruction est d'apprendre non des mots mais des choses. Ce qui revient à dire que l'enfant ne sait véritablement que lors-
qu'il sait se servir des connaissances. C'est à quoi servent excellemment les devoirs écrits.
Ce travail est durable, il laisse des traces profondes. Yerha volant^ scripta marient,
II. Comment les utiliser. — Le but du devoir écrit est de faire « penser » l'élève, autrement dit : comprendre, graver profondément dans la mémoire, utiliser et créer. C'est l'exercice actif par excellence.
La première règle à suivre est donc de proscrire les exercices passifs : analyses écrites interminables, copies de conjugaisons, mises au net des dictées, des résumés, etc., etc.
On choisira, de préférence, les exercices actifs : problèmes d'application sur les dernières règles expliquées et apprises en classe; exercices d'application sur les règles de grammaire, ou inversement découverte des règles de grammaire dans un texte à expliquer ou à préparer ; et surtout composition française.
Les problèmes doivent être simples. Il faut bannir les pièges, les casse-cous. Ce qu'il faut apprendre aux enfants c'est la rectitude du jugement et du raisonnement. Tracez-lui donc des jugements et des raisonnements droits. Choisisse? des données vraies ou vraisemblables, empruntées à la réalité, que l'enfant reconnaît ou reconnaîtra plus tard.
Pour les règles de grammaire on écartera délibérément les subtilités, les curiosités et raretés, et à plus forte raison les chinoiseries. Choisissez les règles les plus simples, les plus courantes, les plus souvent appliquées. Pour les autres, et pour tout ce qui touche à la finesse et à l'élégance, vous les ferez remarquer dans la lecture expliquée.
La composition française est le devoir écrit par excellence, le plus éducatif au point de vue de la pensée, le plus actif dans le sens précis du mot, c'est celui qui exige de la part de l'enfant le plus d'effort personnel pour trouver les idées, les disposer en ordre et les exprimer en phrases courtes,' simples, claires et bien à lui.
Le choix de la composition française demande beaucoup de soin et de réflexion. La première condition à observer est de choisir le sujet en fonction de l'expérience de l'enfant : soit qu'il ait vu lui-même ou entendu; soit qu'il ait lu une