ESTHÉTIQUE
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Le laid. — Il ne suffît pas de dire que le laid est le contraire du beau. Le laid, au physique et au moral, se manifeste surtout par une prédominance du désordre sur l'ordre. « L'image la plus laide que l'on conçoive est celle d'un squelette en mouvement, représentant la mort qui marche et qui fauche les existences. » La laideur morale réside dans les actions : mentir, tromper, calomnier, voler, tuer. Dans tous ces actes il y a une grave atteinte portée à l'ordre de la moralité. Un visage laid exprime mieux qu'un autre le vice et le crime. « Les grands artistes le savent : c'est au bagne que Léonard de Vinci alla chercher un visage pour Judas, ce type des traîtres. » {Ibid.)
Les effets du laid sont opposés à ceux du beau. Le beau nous charme et nous attire. Le laid nous fait souffrir et nous repousse (4).
III. Influence du beau. — Au point de vue social. — L'émotion esthétique est essentiellement sociale; elle nous fait sortir du «moi» et sympathiser avec d'autres êtres. «Pour goûter un paysage, écrit Guyau, il faut s'harmoniser avec lui. Pour comprendre le rayon de soleil, il faut vibrer avec lui ; il faut aussi, avec le rayon de lune, trembler dans l'ombre du soir ; il faut scintiller avec les étoiles bleues ou dorées ; il faut, pour comprendre la nuit, sentir passer sur nous le frisson des espaces obscurs, de l'immensité vague et inconnue... »
Pour comprendre un paysage, selon le même auteur, nous devons Vharmoniser avec nous-même, c'est-à-dire l'humaniser. Il faut animer la nature, sans quoi elle ne nous dit rien. L'être vivant et sentant prête aux choses son sentiment et sa vie. « On a dit que le paysage est un « état d'âme »; ce n'est pas encore assez; il faut dire au pluriel, pour exprimer cette communication sympathique et cette sorte d'association entre nous et l'âme des choses : « Le paysage est un état d'âmes. »
L'émotion artistique exerce la même influence sociale. Elle est créée, non par la nature, mais par l'art, et il faut
(1) Lire dans cet article de fines analyses sur le joli, le charmant, U sublime, le risible, le ridicule.
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entendre par ce mot l'ensemble des moyens mis tsn œuvre par l'homme pour créer des objets beaux •, statues, tableaux, décorations, etc. L'art fait sortir l'individu de lui-même ; il le met en communication et en société avec une vie plus ou moins semblable à la sienne. Nous sympathisons avec l'auteur de l'œuvre d'art, avec son travail, ses intentions suivies de réussite, son habileté. Nous sympathisons aussi avec les êtres qu'il représente. « L'émotion artistique est donc... l'émotion sociale qui nous fait éprouver une vie analogue à la nôtre et rapprochée de la nôtre par l'artiste... L'intérêt que nous prenons à une œuvre d'art est la conséquence d'une association qui s'établit entre nous, l'artiste et les personnages de l'œuvre ; c'est une société nouvelle dont on épouse les affections, les plaisirs et les peines, le sort tout entier. »
Nous sympathisons avec la vie universelle et avec celle de tous les êtres réels ou possibles. « Notre sensibilité s'élargit de toute l'étendue du monde créé par la poésie. Aussi l'art joue-t-il un rôle considérable dans cette pénétrabilité croissante des consciences. »
L'émotion esthétique et artistique a pour résultat d'agrandir la vie individuelle en la faisant se confondre avec une vie plus large et universelle. « Le but le plus haut de l'art est de produire une émotion esthétique d'un caractère social. » {L Art au -point de vue sociologique^ p. 14-21.)
Au POINT DE VUE MORAL. — Est « moral » tout ce qui nous élève au-dessus de l'agréable, de l'utile et de l'égoïsme.
Or, si le beau est agréable, il ne se confond pas avec l'agréable. Gela seul est beau qui cause un plaisir avouable et hautement avoué. L'émotion esthétique est un sentiment des plus nobles, et elle perd son caractère si elle tourne à la sensation. Voilà pourquoi l'art manque toujours son but lorsqu'il essaie de flatter la sensibilité basse, d'exciter des sensations inférieures.
Le beau peut être utile, mais il ne se confond pas avec l'utile. La beauté est un luxe, un superflu délicieux. Kant disait qu'elle était « une finalité sans fin », ce qui veut dire ; une admirable inutilité.
Le beau nous arrache à l'égoïsme, d'abord parce qu'il nous
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fait sortir du moi et sympathiser avec d*autres êtres ; ensuite parce que l'émotion qu'il provoque en nous est communicative et contagieuse, par cela même désintéressée. Certaines émotions esthétiques et artistiques ne sont douces et agréables qu'autant quelles sont partagées, éprouvées en commun. Elles ont pour dernier résultat d'affranchir l'âme et de l'élever.
Ces idées ont été exprimées par de nombreiix penseurs : t Le beau, dit Kant, nous prépare à aimer quelque chose ; il nous permet de passer, sans un saut trop brusque, de l'attrait des sens à un intérêt moral habituel, en nous apprenant à trouver dans les objets mêmes des sens une satisfaction libre et indépendante de tout attrait sensible. » « L'art, dit Renouvier, nous fait sympathiser avec la vie humaine tout entière, il généralise nos sentiments et nos passions et nous met dans l'état d'une personne, sœur de toutes les autres, à qui rien d'humain n'est étranger. > Enfin, Guyau a écrit ces beaux vers, déjà cités dans le tome I", p. 113.
Lorsque je vois le beau, je voudrais être deux. Dans cet enivrement, je ne sais quoi se cache D'infini, de trop grand pour un cœur isolé ; Le partager s'impose à nous comme une tâche.
Esthétique et morale. — Est-ce à dire que le beau soit identique au bien ou au devoir, et que la vie esthétique soit, par cela même, la vie morale ? Gardons-nous de le croire. L^^ bien, le devoir, sont choses obligatoires, tandis que le beau est un luxe, admirable mais non obligatoire. La vie esthétique est une préparation à la vie morale : par l'attrait du beau, on pourra conduire les enfants à l'obligation du devoir; par les suggestions du sentiment on les préparera à obéir aux ordres de la raison.
Dans une page vigoureuse, M. P.-F. Thomas s'élève contre l'imprudence qu'il y aurait à remplacer la morale par l'esthétique. « Pure chimère », déclare-t-il, et ce serait à faire « regretter le vieux catéchisme d'autrefois ». Et il cxjoute, avec force : « Ce qu'il faut à la jeunesse, ce sont des notions nettes et précises, et de telles notions, en esthétique, sont rares; ce qu'il importe de lui apprendre avant tout
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et surtout, — car de cela elle ne peut en aucune manière Sft passer — c'est la dietinction du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Ce dont il faut que, de très bonne heure, le plus tôt possible, elle soit absolument convaincue, c'est que le bien, le juste et l'honnête doivent être pratiqués, tout ce qui leur est contraire, combattu. Il faut qu'elle acquière Ve respect et l'amour du devoir, qu'elle se sente tenue à lui obéir et qu'elle sache que la loi qui l'oblige est respectable et sacrée. Voilà sur quels fondements il est nécessaire d'asseoir une éducation si l'on veut que cette éducation soit vraiment profitable; si l'on veut qu'elle contribue à élever l'individu et à améliorer la société. Et ce sont précisément ces idées de devoir et de loi inviolable que l'esthétique ne nous montre pas. » {Morale et Education, p. 98 et tout le chapitre.)
L'éducation par le beau n'est donc pas toute l'éducation morale, elle en est d'abord la préparation, ensuite l'auxiliaire. Même réduit à ce rôle, le beau n'en conserve pas moins une utilité considérable dans l'éducation. Nous allons rechercher si l'on peut l'utiliser à l'école, comment et pourquoi.
IV. Peut-on utiliser le beau à l'école? — La réponse n'est pas douteuse. Il suffit d'avoir observé les enfants, même les tout petits, pour savoir combien les attire et les fascine tout ce qui est beau. Nous ne pouvons rappeler ici, même en les résumant, les nombreuses observations faites sur cet aspect, si curieux et si attachant, de la vie enfantine. On trouvera les plus instructives et les mieux analysées dans l'ouvrage de James Sully et celui de Bernard Pérez, aux passages indiqués ci-dessus, p. 124, note 1.
V. Comment l'utiliser ? — Les jouets. — N'hésitons pas à le déclarer, les jouets peuvent et doivent contribuer à l'éducation esthétique de l'enfant, dans la famille et à l'école maternelle. Rousseau s'indignait de voir les tout petits s'amuser avec des hochets qui représentent un monstre et sifflent faux. En 1855, Hippolyte Rigault signalait ce danger avec beaucoup d'esprit et d'humour : « Quel est le premier jouet qu'on met entre les mains des enfants ? Un hochet. J'en ai vu de charmants en ivoire, en argent, en vermeil, ciselés avec un art exquis ; mais, l'avouerai-je, le plus beau
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hochet me révolte... Pourquoi de ce bonhomme de métal, le premier ami de l'enfant, fait-on presque toujours un être difTorme, bossu par devant et par derrière, avec une bouche qui se fend, un nez qui se recourbe et qui va rejoindre le menton ? La première imitation de la nature qui frappe les yeux de l'enfant, c'est la figure d'un monstre. Il fait connaissance avec l'art par l'entremise du laid... Ce n'est pas tout. Dans le corps de ce bonhomme cagneux et bossu on pratique un sifïlet aigu dont le son déchire l'ouïe naissante de l'enfant. C'est, dit-on, pour le divertir. Voilà la première idée qu'on lui donne de la musique ! Il débute dans la vie par une fausse note... Je suis persuadé que chaque année l'éducation de l'enfant par un hochet détruit en .germe dans notre pays une foule de peintres et de musiciens (1). » Ce n'est pas seulement des hochets qu'il faudrait faire le procès, c'est aussi d'un certain genre de poupées qui sont de vrais monstres. Les jouets qui conviendront le mieux à l'éducation esthétique de l'enfant, doivent par l'élégance de leurs formes lui inculquer la notion de la beauté, et par leur aspect suggestif donner à son imagination une tournurepoetique.il en existe, et ce ne sont pas les plus coûteux. On lira à cet égard : Léo Claretie, V Exposition des jouets anciens [Revae Bleiie^ 15 sept. 1900) ; G. Mélinand, Jeux et Jouets d'enfants {La Revue, 1" janvier 1901); Marcelle Tinayre,^ii Pays des jouets {Revue de Paris, 1®^ janvier 1902); Marcel Braunschvig, VArt et VEnfant, liv. II, ch. iv, jeux et jouets, et la bibliographie, p. 212-214, notes.
L'ordre. — Nous avons déjà dit (t. I®^ p. 114) que le beau c'est, avant tout, l'ordre. Or, l'ordre peut et doit se manifester à l'école de mille façons et à chaque instant : l'exactitude, la propreté, la décence dans la maintien, la convenance dans les paroles, le respect de sa dignité et de celle de ses petits camarades, un cartable ou un casier bien arrangé, des livres et des cahiers coquettement tenus, la clarté et la précision dans les réponses, seront autant de manifestations de l'ordre et de la beauté, autant de prépa.rations à l'éducation esthétique et par suite morale.
(1) H. Rigault, les Jouets d'enfants (juillet 1855, article publié dan» Conçer salions littéraires et moralei, Paris, Charpentier, 3« édition, 1868.
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Amour kt respect de la vie. — La vie est un des éléments sensibles les plus apparents et les plus précieux de la beauté naturelle et de l'œuvre d'art. « Il faut apprendre à l'enfant à comprendre et à aimer la vie. Il faut, par exemple, .commencer par le mettre en commerce familier avec la plante, précisément parce que la plante est petite, à sa taille, et qu'il peut la voir grandir. Elle est à sa portée, elle s'ofîr& 'sans peine à son observation ; elle le charme par sa grâce, sa finesse, son élégance, et en même temps par ses colorations. Je voudrais que, partout où il n'y a pas impossibilité absolue, l'école fût entourée d'un jardin, non pas seulement du jardin qui sert à l'enseignement agricole, mais du jardin qui est fait pour le charme des yeux; l'école devrait apparaître dans les fleurs et dans la verdure... Et quand l'enfant aura compris le charme de la vie dans les fleurs et les plantes, il faudra le lui faire comprendre dans l'insecte, dans l'animal, et c'est ainsi que vous l'amènerez peu à peu à comprendre la beauté dans la nature. » (Gh. Bayet, loc, cit.,i^. 409 et 410.) Ce qui revient à dire que l'éducation du beau doit se faire au contact de la nature et qu'il faut apprendre à l'enfant à coir, observer^ discerner les détails et les comparer.
Les livres. — « Volontiers, je mettrais d'abord entre les^ mains de l'enfant un bel imagier. Le premier livre, à l'école, devrait être un livre d'images où il n'y aurait pas de lettres, où des histoires très simples seraient traduites aux yeux en trois ou quatre scènes... » Plus tard, les livres d'histoire,, de lecture, devraient être illustrés, mais « avec goût ».
Décoration des murs. — Par une circulaire du 24 septembre 1899, le ministre de l'Instruction publique indique tout l'intérêt qu'il attache à la décoration des écoles. « Il ne faut pas seulement que ces écoles soient bien installées et bien tenues, que leur aspect inspire aux enfants le sentiment de la propreté et de l'ordre, il convient qu'elles aient une physionomie souriante et gaie. L'école, telle que nous la concevons, n'est pas un lieu de passage où l'on vient s'insi'uire de six à treize ans, elle doit être une maison familiale, un foyer où l'on revipnt adulte après y avoir vécu enfant, *ù l'on retrouve dans l'ancien maître un conseiller, dans lea
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anciens condisciples des amis, où Ton se réunit le soir pour compléter son instruction. Je désire que ces maisons d'amitié et de solidarité aient une décoration qui leur soit appropriée... Il importe, en outre, de développer de bonne heure chez les enfants, dans la mesure qui convient à leur âge, le sentiment du beau. D'autres peuples l'ont déjà compris. On doit l'oublier moins qu'ailleurs dans notre pays où, depuis dix siècles, l'art s'est épanoui d'âge en âge avec une si merveilleuse originalité, sous des formes sans cesse renouvelées, et où tant d'industries en vivent. Il ne saurait être question d'introduire l'histoire de l'art à l'école élémentaire. Il suffît d'éveiller le goût, d'ouvrir en quelque sorte et d'exercer les yeux des élèves par des images qu'ils puissent aisément comprendre. »
Commentaire des tableaux et gravures. — Il ne nous est jamais arrivé, en inspection, d'avoir la bonne fortune de rencontrer un maître consacrant quelques instants à commenter un tableau, une gravure, une photographie d'art. Est-ce timidité, ignorance, mépris ou simplement indifférence ? Il est difficile de le dire.
Toujours est-il que la décoration de nos écoles resterait lettre morte, surtout devamt les yeux inexpérimentés de nos petits paysans, si le maître ne s'exerçait pas à leur expliquer le sens des gravures qu'il peut avoir à sa disposition. Il s'agit d'un commentaire simple et sans prétention, qui commencerait comme une « explication d'images i> et s'élèverait peu à peu aux remarques esthétiques les plus simples, les plus accessibles. Dans la conférence citée, M. Bayet donne trois exemples qu'il faut connaître. Il parle du bas-relief de Rude (Arc de triomphe de rÉioile), de celui de Dalou {Mirabeau devant Dr eux- Brézé) et du monument de Bartholomé {Aux morts) qui se trouve à l'entrée du Père-Lachaise. Les photographies ont popularisé ces trois belles œuvres, qui éveillent l'idée de la patrie, celle de la dignité de la démocratie, enfin celle du problème troublant de la mort.
« Placez-vous en face de l'Arc de triomphe de l'Etoile et regardez le bas-relief de Rude. C'est une composition très simple : au centre, un adolescent, un homme, un vieil-
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lard. L'homme, dans la force de l'âge, plein d'une virile énergie, répond à l'appel du guerrier dont la trompe sonne les combats ; il entraîne l'adolescent dont la figure rayonne d'enthousiasme ; derrière, le vieillard s'avance, robuste encore et prêt au suprême effort. Au-dessus plane cette figure d'une tragique énergie, la Victoire, la Victoire qui crie ou plutôt qui hurle: — c'est le mot véritable car Rude disait à son modèle ; « Mais hurle donc ! m afin que le masque du modèle rendit l'expression qu'il cherchait : l'expression de la Victoire hurlant un chant de guerre.
« Seulement, et la scène est bien nette, ce n'est pas ici la guerre sauvage et sans raison, c'est une guerre déterminée ; c'est un peuple entier qui se lève pour courir à la défense de la patrie menacée, et par cela même l'œuvre de Rude est simple, belle et peut éveiller chez tous une véritable émotion.
« Regardez encore l'œuvre la plus connue de Dalou, son Mirabeau devant Dreux-Brézé, le bas-relief qui est aujourd'hui à la Chambre des députés. Examinez d'une part Dreux-Brézé, froid et arrogant, et, de l'autre, Mirabeau, fougueux et dans tout l'orgueil de son rôle et de son éloquence. 11 n'est pas nécessaire d'avoir fait de longues études historiques, il suffit des notions élémentaires acquises à l'école primaire, pour comprendre que ce ne sont pas seulement deux hommes qui se heurtent, mais deux régimes, deux sociétés : la société du passé, avec tous ses privilèges et tous ses mépris, et celle de l'avenir, la démocratie qui se lève dans la conscience de son droit et de sa force. C'est encore là une œuvre simple et belle, mais qui est accessible à tous et qui, chez tous, peut éveiller une émotion.
« Un dernier exemple. Contemplez ce monument qùî se développe à l'entrée du Père-Lachaise, le monument Aux morts de Bartholomé. C'est l'œuvre d'un artiste qui, pendant des années, s'est enfermé avec sa pensée et sa douleur et qui en a donné la traduction sincère. Des deux côtés du monument s'avancent des êtres de tout âge et de toute condition, des vieillards brisés, mais encore attachés à la vie, des époux qui pleurent à la pensée de la séparation, des jeunes gens et des jeunes filles que la mort va frapper avant l'heure, et tous s'acheminent vers cette portfr