‹ Psychologie et education. --Chapitre 5 sur 81 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

// achève l'éducation intellectuelle {ch. I et II) et l'éducation morale {ch. III et IV) commencées dans le tome II et préparées par le tome I,

Mais il s'en distingue par trois caractères principaux : d'abord, il accentue davantage l'union de la pédagogie avec la médecine et la sociologie (i). Il fait des emprunts plus marqués à la pathologie mentale infantile [paresse, colère, asthénie, épilepsie, etc.), et il entre plus résolument dans les réalités pratiques et dans les problèmes de l'heure présente {individualisme et éta* tisme ; liberté et association ; obéissance et autorité ; mutualité, solidarité, intérêt général, bien public, etc.). Sur ces deux ordres de questions, il est au courant des travaux les plus récents.

Ensuite il a l'intention clairement avouée d'appliquer la psychologie et la morale à l'éducation. Ses intentions moralisa^ triées sont constantes, depuis les chapitres I et II qui visent à former des esprits libres, jusqu'aux chapitres III et IV qui tendent à former des consciences droites et des volontés d'ini' tiative.

Enfin, tout en pénétrant dans le menu détail de la technique professionnelle, il conduit aussi les Élèves-maîtres et les Elèvesmaîtresses jusqu'aux problèmes les plus élevés de la psychologie, de la morale et de la pédagogie, sur les hauts sommets d'où l'horizon s'élargit : éducation générale et éducation professionnelle ; méthodes de recherche et d' enseignement ; intuition intellectuelle et morale ; éducation et formation morale ; discipline, obéissance et liberté, et ainsi de suite (2).

(i) Pour ce qui est de la sociologie, consulter la Conclusion générale, surtout p. 332, où l'on trouvera groupés tous les renvois utiles.

Pour ce qui est de la médecine, voir surtout les i6«-i8« leçons et les nombreux ouvrages cités. A ces ouvrages, il faudra ajouter le suivant, paru pendant l'impression de ce livre : Les Enfants anormaux, par A. Binet et D' Th. Simon, Paris, Colin. (< Qu'est-ce qu'un enfant anormal ? L'arriéré et l'instable. Rôle de l'instituteur, de l'inspecteur primaire et du médecin..., ^c. >)

Ajouter deux courtes études, mais bien suggestives : < La Puberté et l'Éducation des Jeunes Filles », « Croissance et Pédagogie », dans la revue VHygiène scolaire, n» 19, juillet 1907, Paris, Masson. (2) Cette double préoccupation apparaîtra très clairement dans le»

PRÉFACE vil

Uinspiration de ce livre — est-il besoin de le dire f — est

moderne, nettement rationaliste et démocratique, et par-dessus tout moralisatrice. Il voudrait contribuer à la formation professionnelle et morale des futurs éducateurs du peuple [i). Il voudrait leur faire entrevoir toute la difficulté de leur tâche, ses répercussions civiques, sociales et même économiques, dans une société en voie de transformation, dans une société dont il faudra, malgré tout, conserver, généraliser et satisfaire les besoins supérieurs : la vie de V esprit, 'les exigences délicates dît goût et du cœur, — la science, l'art, la morale, — sans jamais perdre de vue toutefois, tâche difficile entre toutes, les besoins matériels, de plus en plus exigeants, et les réalités pratiques de plus en plus complexes. A eux, éducateurs du peuple, éducateurs du plus grand nombre, de comprendre toute la gravité de leur tâche et de mesurer l'étendue de leur responsabilité. C'est sur eux que repose l'espoir des bons citoyens et des bons démocrates.

Tel est, sans doute, le sens profond, l'espoir prochain de l'heureuse réforme des Ecoles normales inaugurée par les programmes

différents Sujets à traiter proposés après chaque leçon. — Vu la situation particulière dans laquslle se trouvent, à partir de 1908, les élèves de 3« année, il leur est instamment recommandé de consacrer une bonne partie de leur « préparation professionnelle » à l'étude de ces leçons et de ces sujets. Le nombre des leçons est peu élevé, on en compte seulement vingt-quatre. Mais celui des sujets est et ne pouvait pas ne pas être considérable. Aussi, vu la difficulté de ces hauts problèmes, il conviendra d'y revenir souvent, en les complétant par l'observation personnelle directe, aux écoles d''aPt>lication.et par les lectures indiquées à la fois dans le texte des leçons et dans la Bibliothèque philosophiqut (t. II, p. 279-291).

(i) Cf. A Croizet, Devoir professionnel et Devoir civique, dans < Pour les Instituteurs, Conférences d'Auteuil, 1906 ». Paris, Delagrave.

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