‹ Psychologie et education. --Chapitre 52 sur 81 · COMMENT DÉVELOPPER LES SENTIMENTS D'AFFECTION · texte numérisé non relu

COMMENT DÉVELOPPER LES SENTIMENTS D'AFFECTION

, d'Auguste Comte (1) et des positivistes, à se rendre utile aux autres, à travailler, chacun dans sa modeste sphère, au bien public. Ce sera de l'altruisme pratique, qui se résoudra en actes positifs.

Cette éducation se fera au cours des leçons d'histoire et de lecture expliquée, de morale et d'instruction civique. L'instituteur fera comprendre, par des faits précis (construction d'un pont, d'une école, d'une route ; vote d'une loi sociale, etc.), en quoi consiste le bien public. Il s'arrêtera sur les périodes de l'histoire où cette notion a été obscurcie ou au contraire en pleine lumière, et il dira pourquoi ; il dira aussi quels ont été les bons ou les mauvais ouvriers du bien public. Parmi les uns il citera les savants, les inventeurs, les artistes, la foule anonyme des travailleurs ; parmi les autres, les dynasties égoïstes et les conquérants orgueilleux et cruels.

Les leçons de morale, à les bien considérer, ne sont que des leçons de désintéressement et de dévouement à la chose publique : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas calomnier, ne pas médire, tenir ses engagements, c'est déjà penser aux autres et tenir compte de leurs droits, de leur liberté, de leur dignité. Leur prêter aide, secours, assistance ; leur donner appui, protection; les aimer, se dévouer à l'occasion; ou simplement : collaborer aux œuvres de préservation sociale (2), s'imposer un sacrifice pour être utile aux autres, c'est vraiment « vivre pour autrui ». Se préparer en temps de paix à servir le pays par le service militaire, librement et joyeusement accepté comme un devoir de reconnaissance et de nécessité sociales ; acquitter en toute conscience ses impôls ; obéir aux lois ; voter librement après mûre réflexion et

(1) Cf. notre livre Essai historique et critique sur la sociologie chez Auguste Comte, p. 274, 276, 294,304 etsuiv. C'est sur l'altruisme, l'amour effectif de i«i)s semblables, qu'Aug. Comte a fondé la religion de l'humanité. (Jbid., p. 301 et suiv.)

(2) Sauvetage de l'enfance et patronage des libérés. Lutte contre 1 icoolisme et la tuberculose. Les habitations à bon marché et jardins ouvriers, la goutte de lait, les bains-douches, les colonies scolaires de vacances, les sports collectifs, etc., etc., voilà quelques exemples des œuvres de bien public que notre époque a vu naître et auxquelles les instituteurs doivent intéresser les élèves et les familles, après s'y êtrt intéressés eujc- mêmes.

d'une façon désintéressée, c'est vraiment travailler au bien public. Enfin, si l'on détient une parcelle quelconque de l'autorité publique, se considérer comme un gérant de la chose publique, assurer avec honnêteté et scrupule le fonctionnement du service public qui vous est confié, avoir par-dessus tout, en vue le bien du service et la justice à l'égard des collaborateurs qui en assurent l'exécution, c'est vraiment aussi, et d'une façon très directe, travailler au bien public. — Et ce sont toutes ces prescriptions qui se trouvent enseignées par la morale et l'instruction civique. L'instituteur n'aura garde d'oublier de les enseigner, dans cet esprit, et non comme une matière d'enseignement quelconque.

VIII. Éducation mutualiste et solidariste. Écueils à éviter. — L'éducation mutualiste se fait, à l'école, par l'heureuse et bienfaisante institution des « Petites Cave », sujet bien connu, sur lequel il est inutile d'insister.

L'éducation solidariste doit préciser deux idées et éveiller deux sentiments. La première idée est celle de l'égalité et de la fraternité des hommes, aussi bien dans la famille et la patrie que dans la vaste famille et l'immense patrie qui s'appellent l'Humanité.

La seconde idée est celle de tous les avantages phj'-siques et matériels, intellectuels et moraux, que les générations actuelles doivent aux générations précédentes (1).

Le premier sentiment à éveiller sera donc celui de la reconnaissance et, par suite, l'amour de son « semblable », de son «frère », des bienfaiteurs. Le second sera le désir de se

(1) On parle souvent de la continuité des générations successives et de la dette énorme de chaque génération à l'égard des précédentes, et des obligations qui en dérivent à l'égard des générations subséquentes. Mais on semble ignorer ou tout au moins oublier que cette idée, d'une vérité indiscutable, a été formulée, pour la première fois, par Auguste Comte : le premier il a étudié d'une façon directe et systématique la continuité des générations successives ; le premier il a montré que l'individu isolé est une abstraction, un fantôme sans réalité; ce n'est que dans et par la société qu'il arrive à la vie et à la pensée ; l'homme doit vraiment tout ce qu'il est à l'association humaine. (Cf. notre livre £"550» historique et critique, etc., p. 155,167, 244, 267, et dans l'Index alphahétique les mots : Progrès, Dynamique sociale, Sociétés, Humanité, Altruisme.)

Cette idée est entrée dans U domaine des idées scientifiquement

COMMENT DÉVELOPPER LES SENTIMENTS d'aFFECTION 207

perfectionner, de s'améliorer, afin de se rendre utile aux autres, de bien remplir sa tâche, afin d'augmenter, dans une mesure quelconque, le patrimoine matériel, intellectuel et moral du groupe social auquel on appartient.

Après la famille, l'école est un admirable milieu pour donner cette éducation. C'est bien là que tout ce qui touche un enfant intéresse les autres. Les camarades sympathisent entre eux\ Ils se réjouissent de leurs joies, s'attristent de leurs peines. C'est au maître qu'il appartient de veiller à ce que rien n'entrave la naissance de ces sentiments délicats et n'empêche les enfants de travailler les uns pour les autres, de s'entr'aider et s'aimer.

Cette éducation est indispensable. La forme présente et future de la vie personnelle est et sera, de plus en plus, la forme « associée ».

L'as ociation est un bienfait :e'le multiplie les efforts individuels par les efforts individuels; là où l'on est dix on a la force de cent, parce qu'au lieu de subir le conflit des intérêts qui affaiblit l'effort de chacun, a on a les coudes serrés de ces dix hommes qui font la trouve dans les foules. » (L. Bourgeois.) Mais l'association n'est pas seulement productrice, elle est éducatrice : elle place le but commun au-dessus du but personnel de chacun des associés. Elle est l'apprentissage delà vie sociale, parce qu'elle donne aux associés l'habitude de penser à autre chose qu'à eux-mêmes. Elle apprend aux sociétaires à se subordonner, et parfois à se sacrifier au but commun. Elle permet de réaliser sur un petit terrain, dans un petit domaine, l'image réduite de ce que doit être la

démontrées grâce aux travaux de MM. Espinas et Durkheim, et dans le domaine des idées courantes, vulgarisées, répandues, grâce au livre si connu de L. Bourgeois {la Solidarité) et à ses nombreux discours.

Du livre de la Solidarité il faut connaître la page classique sur la dette de l'enfant qui entre, par le seul fait de sa naissance, dans un groupe social déterminé: « ...Dette, sa nourriture. .. Dette, son langage encore incertain... Dettes, le livre et l'outil que l'école et l'atelier lui vont offrir..., etc. »

De ses nombreux discours sur cette matière, nous conseillons de lire ceux qui sont cités dans l'Education de la démocratie française, surtout p. 94-96, 152-153, 165-168, 237,... etc.

Ajouter G. Bougie, Solidarisme et Libéralisme, où l'on trouvera une très belle conférence sur V Evolution du, solidarisme (1-48) et une très utile bibliographie de la question (p. 1, note 1),

208 l'éducation moraui

grande association nationale, l'immense société humaine dans laquelle le but élevé sera de penser aux autres, au Heu dépenser exclusivement à soi, en un mot de « vivre pour autrui », suivant le précepte de la morale positiviste.

Mais de là dérivent quelques inconvénients ; de là surgissent quelques écueils qu'il faut éviter : d'une part la vie associée, la vie corporative, mal réglée, mal organisée, peut devenir une forme nouvelle de l'égoïsme et de l'esprit particulariste, dont l'extension serait fatale et mortelle pour ridée de l'Etat, pour l'idée du bien public (1).

D'autre part, la vie associée peut être funeste à la liberté des sociétaires, à leur liberté de conscience et de pensée, comme à leur liberté de parler, d'agir et d'opter, et par suite à leur dignité personnelle. Veillons-y de très près. Conservons à l'individu le sentiment de sa liberté et de sa dignité personnelle. Evitons — car c'est là qu'est l'écueil de la vie sociale future — qu'il ne devienne le rouage impersonnel et anonyme d'un groupement corporatif quelconque (2). Le tout ne vaut que par les parties. Evitons que les parties deviennent des « produits sociaux (3) », des êtres amorphes et sans consistance. Conservons l'individu. Créons des individualités sans tomber dans l'individualisme. Façonnons l'individu en fonction du milieu social, sans paralyser son initiative, sans estomper sa personnalité, sans annihiler sa liberté. Préparons l'enfant à devenir un « individu » social, un • sociétaire », un « associé », mais faisons-en un indi-

(1) Voir ci-dessus, p. 148,153 et ci-dessous Conclusion générale. — Une des formes actuelles du danger signalé dans ces lignes est le mouvement syndicaliste poussé jusqu'à T < autonomie » des groupements corporatifs d'ouvriers et de fonctionnaires. C'est une des questions les plus graves qui se posent k l'heure actuelle. Dans ces pages, surtout destinées aux futurs instituteurs et institutrices, nous ne pouvons que signaler la place de ce problème dans l'ensemble des idées philosophiques et sociologiques qui l'expliquent et permettent de le résoudre. C'est pour les instituteurs un devoir impérieux de réfléchir au problème lui-même, à sa difficulté, à ses répercussions. En pareille matière on ne saurait admettre ni adhésion irréfléchie ni générosité étourdies les conséquences en seraient trop graves.

(2) Voir ci-dessus, p. 148, 151. Voir aussi p. 17, 18 et note 1.

(3) Sur le « moi » produit social, voir ci-dessus, p. 174, et ci-dessous, p. 263-265, 320-321.

COMMENT DÉVELOPPER LES SENTIMENTS d'aFFECTION 20^

vidu, une liberté, une personnalité, un foyer autonome d( pensée et d'action, et non l'esclave d'un groupe, d'ui dogme, d'une chapelle.

Apprenons-lui qu'il n'y a de vraie solidarité que cells pour le bien. La solidarité pour le mal ne mériterait que le nom de complicité et souvent celui d'injustice et d'hypocrisie coalisées.

De même le véritable altruisme est celui qui relève de la conscience morale, qui travaille au bien ' public sous l'égide de la liberté et de la dignité personnelle, de la justice et de la bonté.

Résumé.

I. — L'enfant a-t-il des dispositions naturelles à l'affection et à la bonté ? Comment déraciner les dispositions contraires ? Comment développer et faire pratiquer les sentiments d'affection et de bonté ?

IL — L'enfant n'est ni foncièrement bon, ni foncièrement méchant. Il naît avec des dispositions vagues, générales, indéterminées, qui deviendront égoïsme ou altruisme, sous l'influence de l'expérience et de l'éducation.

III. — La première chose à faire sera de déraciner les mauvais germes, héréditaires ou acquis, et de lutter contre les tendances contraires à l'affection et à la bonté.

IV. — Cette éducation négative est la préparation d'une éducation positive qui consiste à développer et à fortifier progresiivement les sentiments altruistes. Ce développement suit plusieurs étapes : les animaux, les camarades, les parents, les malheureux qui souffrent.

V. — Parents et maîtres s'aideront de l'exemple, de la pratique et de l'affection.

VI. — Un réservera la charité pour les malheureux, la mutuahté pour les valides, pour tous : la sohdarité.

Vli. — Nous devons développer les sentiments altruistes, les sentiments d'affection et de bonté, chez nos écoliers, aiin de les mettre en mesure de comprendre plus tard ce qu'est l'intérêt général et de travailler au bien de tous, au bien pubhc. liO devoir consiste à so rendre utile aux autres, à « vivre pour autrui ».

vin. — L'instituteur est tenu — vu les exigences de la via contemporaine — de surveiller particulièrement l'éducation mutualiste et solidariste. Il s'appliquera à donner à l'enfant le sentiment et même le besoin du bien public, de la liberté individuelle et de la dignité personnelle, qui pourraient être compromis par une vie corporative mal réglée, mal organisée.

Sujets à traiter.

Mémoires.

1. — Nature primitive de l'enfant. Est-elle foncièrement bonne ou foncièrement mauvaise î Citer quelques passages des auteurs qui ont soutenu l'une ou l'autre thèse. (Voir le texte de la leçon et dans le Dictionnaire de pédagogie les articles qui s'y rapportent : port-eoyal, jAiîsÉNiSTES, ROUSSEAU, ctc.) Comparer et apprécier les conséquences des deux thèses. Laquelle des deux a votre préférence î Si vous en adoptes une troisième, donnez vos raisons.

2. — Education de l'altruisme : définition, exemples; moyens et procédés de culture ; phases ; but ; conséquences.

Combiner ce sujet avec le développement de la conscience. Voir ci-dessus, p. 169-175.

3. — Comparer la charité et la mutualité. Synthèse de l'égoïsme et de T'^ltruisme dans la mutualité. Conséquences pour l'enseignement de la morale à l'école.

4. — Formule ancienne et moderne du devoir. Est-il prudent et même honnête de dire à l'enfant que le devoir consiste uniquement et exclusivement, en toute circonstance, à se sacrifier î Montrer les dangers, théoriques et pratiques, de cette conception, dans l'école et dans la vie, pour le présent et l'avenir. (Cf. F. Alengry, Précis de droit usuel, préface, p. x et xi.etp. 20.) Montrer qu'un certain souci de l'intérêt personnel est la condition primordiale du travail, — de l'ambition, mère du progrès personnel, — de la prospérité des familles et des nations. Montrer que ce souci peut se concilier avec les obligations de l'altruisme et de la solidarité. (Voir le textede la leçon et ci-dessusp. 172. Voir aussi t. I^', p. 118à 120; cf. P.-Félix Thomas, il/ora/e et éducation, p. 113 etsuiv.)

5. — L'égoïsme chez les enfants. Moyens de combattre Tégoisrae à l'école. (Académie de Poitiers, 1907.)

6. — La sympathie ; ses manifestations ; sentiments qu'elle engendre : ses effets sociaux. La sympathie chez l'enfant. Conditions générales du développement, chez l'enfant, de la sympathie et des sentiments qui en procèdent. Conditions particulières ofTertes par l'école pour ce développement. Parti à tirer de la sympathie à l'école, dans le présent et pour l'avenir. (Académie de Poitiers, 1907.)

J^. B. — Pour les sujets 5 et 6, cf. le texte de la leçon ; ajouter : t. l*', p. T9-103; t. II, p. 137-147. — Cf. les lectures indiquées ci-dessouS « Conférences, etc., sujet n" 1.

7. — Intérêt général et bien public. Définition. Exemples. — Comment utiliser l'histoire, la lecture expliquée, l'instruction civique et surtout la morale pour donner aux enfants la claire notion de l'intérêt général et du bien public. Montrer la difficulté de cette tâche dans la vie sociale contemporaine : 1° avec la liberté de la presse ; 2° avec le suffrage universel (élections communales, cantonales, départementales) ; 3*» avec la liberté d'association et l'égoïsme corporatif. Montrer que ces conditions actuelles, tout en rendant le problème plus complexe et plus difficile, en indiquent néanmoins la solution. Importance de ces questions dans une démocratie.

8. — L'éducation mutualiste et solidariste. La définir et la comparer à l'éducation individualiste. Indiquer son but, ses moyens, son utilité. Comment la donner à l'école ? Œuvres de prévoyance et de solidarité. Ses inconvénients. Comment les éviter î

9. — Y a-t-il antinomie entre la notion de bien public et celle de l'intérêt corporatif ? Comment échapper à l'égoïsme corporatif î

10. — Comment préparer l'enfant à avoir la notion du bien public et à s'y dévouer plus tard, quelle que doive être la sphère de son activité. Ce dévouement implique-t-il des actions d'éclat ?

11. — Commenter, expliquer et apprécier ce passage de la leçon : il n'y a de vraie solidarité que celle pour le bien. La solidarité pour le mal ne mériterait que le nom de complicité et souvent celui d'injustice et d'hypocrisie coalisées.

12. — Commenter, expliquer et apprécier les derniers mots de la leçon : le véritable altruisme est celui qui relève de la conscience morale, qui travaille au bien public sous l'égide de la liberté et de la dignité personnelle, de la justice et de la bonté.

13. — Montrer que, sans la justice et ses prescriptions impérieuses, les devoirs de solidarité et de mutualité serviraient de thème à de brillants développements oratoires, sans utilité pour le bien public et le devoir.

14. — Montrer que l'idée de l'égalité des hommes et du caractère respectable de la personne humaine, les sentiments d'altruisme et de fraternité, sont à la fois la cause et l'effet de l'adoucissement des mœurs et de la législation. Rechercher les traces de cet adoucissement : 1° dans les œuvres si nombreuses de préservation sociale (ci-dessus, p. 205, note 2) et dans les lois dites « sociales », plus particulièrement celles destinées à améliorer le sort des travailleurs et à protéger la santé publique. (Cf. noire Précis de droit usuel, p. 67-70, 394-401.) Montrer la transformation subie par l'antique formule : « la recherche du bonheur ». — Peut-il y avoir un « bonheur » isolé, capable de se suffire à lui-même î N'y a-t-il pas une solidarité dans le bonheur comme dans le malheur T Influence de la coopération. (Cf. notre Condorcet, etc., p. 802-804.)

212 L'ÉDUCATiO.N MORALE

Conférences et Éducation professionnelle.

1. — Lire dans Lévy-Bruhl, la Philosophie d'Auguste Comtt (p. 349-395) ; — F. Alengry, Essai historique et critique sur la sociologie chez Auguste Comte (p. 274, 276, 294, 304 et suiv.; — la Morale p, 6, 55, 76, — p . 231-243, 262, 267, 273 et suir., 276, — 294, 318. - 413, 419, — 462); — Condorcet, guide de la Révolution française, théo» ricien du droit constitutionnel et précurseur de la science sociale (p. 729-767) ; — tous les passages relatifs à la morale positive : égoïsme et altruisme, prédominance progressive de l'altruisme. Ajouter Em. Durkheim, la Division du travail social, Paris, Alcan ; — L. Bourgeois, la Solidarité, Paris, A. Colin; — P.-Félix Thomas. Morale et éducation, Paris, Alcan.

2. — Tracer le canevas complet d'une leçon destinée à montrer à des écoliers, — par des faits et des exemples précis, empruntés à l'histoire, à la lecture, à la vie de l'école et du village, — le sens exact des expressions suivantes : amour de son semblable — ne pas faire de mal, faire du bien — affection et bonté — ajourner un plaisir personnel, faire plaisir aux autres, se priver, se rendre utile — souci légitime de son intérêt personnel — renoncer à son intérêt personnel, désintéressement, intérêt général, bien public — mutualité, philanthropie, solidarité — égoïsme et altruisme — charité et mutualité. — Transposer la leçon pour les trois cours élémentaire, moyen et supérieur.

Sujet analogue Prendre quelques-unes des prescriptions scolaires (ordres, défenses ; punitions, récompenses), et faire saisir, à des enfants des trois cours, l'idée d'intérêt général. Partir de là pour s'élever à la commune (construction d'un chemin, d'un pont, d'une mairie, d'une école) ; au département (hgne de chemin de fer, asile d'aliénés) ; à la France (vote d'une loi), et montrer simultanément le gain du bien public, et le conflit de l'intérêt général avec quelques intérêts particuliers (expropriation, dépréciation d'un terrain, éloignement du pont ou de la ligne, etc.). Montrer qu'il faut néanmoins surbordonner le» intérêts particuliers à l'intérêt de tous, et que finalement, les intérêts, tout d'abord lésés, finissent par retrouver leur ancien équilibre. Car le bien de tous profite tôt ou tard à chacun.

3. — Tracer le canevas complet et précis d'une leçon d'instruction civique et de morale destinée à montrer aux élèves le sens exact du mot

t fraternité > dans la devise républicaine. Sens de ce mot pour des écoliers, pour des adultes, des hommes faits, des électeurs ; pour les détenteurs de l'autorité publique quels qu'ils soient. — Œuvres de fraternité. Comment y associer les élèves ? — Transposer la leçon pour les trois cours élémentaire, moyen et supérieur.

4. — Faire une conférence sur les œuvres de préservation sociale signalées dans le texte de la leçon, p. 205, note 2.

Page 1