‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 12 sur 146 · Mr Baunard, 1. c. t. t · texte numérisé non relu

Mr Baunard, 1. c. t. t

sens, imagination, tendances naturelles, mouvements et actions extérieures. De plus le sujet de l'éducation n'est pas l'enfant en général, mais tel enfant, membre de telle société familiale, de telle société civile ; il naît et se développe à tel rang, dans tel milieu professionnel; il aura, selon toute vraisemblance, à mener une vie fixée dans ses grandes lignes. Autant de fins partielles qui se présentent à l'examen de la pédagogie. 11 s'agit de faire de l'enfant un homme intelligent, un homme de caractère, un homme d'action. Suivant que le jeune homme se destine à être un philosophe, un mathématicien, un littérateur, un artiste, un homme habile dans le gouvernement de ses semblables ou dans la gestion des affaires, un artisan ou un commerçant, certains traits particuliers devront être visés dans le perfectionnement de l'intelligence, du caractère, de l'action.

La pédagogie des fins, s'inspirant de la psychologie et de la morale, dressera la liste de ces fins subordonnées, étudiera leur harmonie, leur enchaînement, leur mutuelle dépendance. Elle déterminera les fins particulières à réaliser pour conduire l'élève à telle situation sociale, donnera les principes directeurs des programmes d'éducation pour tel individu déierniiiié.

A la pédagogie des fins d'étudier le bien fondé des tendances encyclopédiques actuelles ; à elle de dirimer la controverse, actuellement si passionnée, de plus ou moins d'étendue de l'éducation supérieure des jeunes filles ; à elle encore de nous dire si les langues grecque et latine doivent conserver leur rôle éducatif, de juger s'il convient de donner des notions d'histoire naturelle et de physique à des élèves manifestement destinés aux travaux domestiques, etc.

3* L'enfant et le jeune homme. La matière soumise à l'éducation n'est pas inerte, mais vivante et libre; l'élève peut apporter, soit dans sa nature, soit dans sa libre volonté, des dispositions plus ou moins favorables. Il y a donc lieu de distinguer deux parties particulièrement importantes de la pédagogie : Vêçolution spontanée de l'enfant et du jeune homme, leur coopération volontaire à l'influence de l'agent éducateur. La première traitera des lois de l'évolution humaine, soit en général, soit pour chaque faculté particulière; de plus elle devra indiquer le moyen de discerner les différences individuelles présentées par les sujets ainsi que les cas exceptionnels et anormaux s'écariant des lois générales. La seconde partie étudiera l'importance de la coopération volontaire de l'élève et les moyens de l'assurer, les fautes de l'enfant et les remèdes possibles.

40 Le milieu. Les milieux peuvent être donnés ou artificiels. Parmi les premiers on distingue le milieu géographique (influence du climat sur les capacités de l'élève), le milieu social (la famille avec l'action de l'hérédité, la société civile avec l'état de sa civilisation et les exigences de l'autorité). En première ligne des milieux artificiels se trouve le milieu scolaire (externat ou internat, école libre ou institution de l'état, université, école professionnelle, etc.) ; le milieu des relations (les camarades, etc.) est également artificiel, du * moins dans une grande mesure.

5" Les moyens d'éducation. Cette partie peut être considérée sous un aspect général : quelle est la hiérarchie, l'importance relative des qualités à faire acquérir d'après la pédagogie des fins ? Quels sont les obstacles que le travail éducatif apporte avec lui, la

lO PSYCHOLOGIE PEDAGOGIQUE

fatigue iatellectueile par exemple ? Si on se place à ua point (le vue de détail, il reste à étudier les meilleures méthodes pour réaliser les différents points du programme éducatif, soit pour l'enseignement (lecture, dessin, style, etc.), soit pour la formation morale (punitions, développement de l'initiative, etc.).

Le tableau suivant présente les divisions naturelles de la pédagogie générale.

Divisions naturelles de la Pédagogie générale

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