‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 16 sur 146 · B77 tr. fi · texte numérisé non relu

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2. Il sulîjt pour s'en rendre compte de pnrcomir les ch. G-3 !3 sur les tendances.

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(le James. La psychologie positive est une science et donc se tient sur un terrain spéculatif; elle ne saurait donner les qualités nécessaires pour appliquer les lois générales aux cas concrets et vécus, dont la complexité déborde de beaucoup les schèmes simplifiés des phénomènes reliés par les lois. On constate trop souvent la véiité des paroles de M. Dugas : « Le démon de l'abstraction, quand s'y n^êle l'orgueil théorique, sabre tout, tianche tout, sème partout le désordre et la ruinée » Incontestablement bien des instituteurs et des éducateurs trouvent dans les recettes empiriques établies par l'expérience vulgaire du passé un guide plus intelligible, plus sûr en conséquence, que dans les lois de la pédagogie scientifique. Les recettes, laissées par ceux qui nous ont précédés, sont extraites de la pratique éducative vécue et il n'en est pas de même de plusieurs lois sorties des laboratoires pédologiques.

Résumons en quelques lignes plusieurs pages de l'article déjà cité de M. Dugas ; elles posent nettement le principe fondamental qui permet de juger à leur vraie valeur les expériences de pédagogie positive.

L'art nail avant la science : on essaie, on use d'expédients et on arrive ainsi à récolter un faisceau de renseignements utiles; c'est ainsi qu'en pédagogie existe un art empirique constitué en grande jiartie de pratiques traditionnelles et c'est sagesse de se conformer à cette expérience des siècles pour élever les enfants. Mieux vaut leur inculquer l'ensemble des manières en usage dans la société où ils vivent que de les envoyer à quelque école uUramoderne. Mais, si la pédagogie ne doit pas dédaigner cet art empirique, l'empirisme n'en est pas moins destiné à reculer sans cesse devant la science. C'est par la science que l'art prend conscience de lui-même, se rend compte du pourquoi de ses procédés, devient par suite plus facilement transmissible. La science part de l'aFt

Paychologie péJagogique, *

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empirique, non pour le renverser, mais pour l'éclairer et l'étendre au besoin.

Ajoutons que plusieurs parties de la pédagogie traditionnelle ne sont pas uniquement art empirique. Bien des programmes d'éducation et d'enseignement avaient été conçus sous l'inspiration des grandes lois fondamentales de l'esprit humain; dans ces parties la pédagogie traditionnelle est scientifique, éternelle aussi comme la vraie science'. Même alors la science expérimentale n'en a pas moins son utilité en descendant à certains détails que les généralités philosophiques ne peuvent embrasser, en donnant aux lois qui règlent ces menus phénomènes le caractère d'universelle nécessité que l'expérience vulgaire ne sufllt pas par elle seule à conférer.

Jamks d'ailleurs signale dans le même ouvrage certains autres avantages de la psychologie pédagogique : « (Les principes psychologiques) rétrécissent certainement le champ des expériences et des difficultés. C'est ainsi que nous connaîtrons d'avance, si nous sommes psychologues, la défectuosité de certaines méthodes. Notre psychologie nous gardera de certaines erreurs et nous permettra surtout de nous faire une représentation plus exacte du but à atteindre. En outre nous avons une confiance plus grande dans une méthode qui nous semble avoir pour elle la théorie aussi bien que la pratique. Et surtout notre indépendance est fortifiée et notre intérêt rallumé... quand nous sommes capables de nous faire une idée des cléments intérieurs si curieux qui forment le mécanisme mental-. »

GuTBERi.ET, après avoir présenté plusieurs objections de WuNDT^, les résume de la manière suivante:

La psychologie pédagogique expose à des généralisations hâtives : on étend les conclusions bien au delà des conditions restreintes dans lesquelles elles ont été obtenues.

Elle expose aussi à des conclusions trop étroites : on s'imagine qu'une question ne peut être envisagée que sous l'angle expérimental.

1. Des pédagogues de talent ont méconnu injustement l'ancionne pédagogie : cf. jj13 338-9.

3. W. WiKNDT, Ub. reine it. angewandte Pi., Pt. Siudien, 19')'), v

Aussi les conclusions des différents expcrimentaleurs sontelles souvent contradictoires : « Du moins jusqu'à présent la variété déconcertante des opinions (en pédagogique) n'a pas subi de diminution, mais se trouve plutôt augmentée par l'usage de la méthode expérimentale. Actuellement, la plup<irt du temps, on n'est d'accord ni sur les méthodes, ni sur les appareils les mieux appropriés, ni sur les résultats et leur interprétation, ni sur l'application des résultats et sur leur ■ (ilité pratique ^. »

Il y a une part de bien fondé dans les critiques de Gutbbr- LST. Mais il est facile de répondre que l'usage de l'expérience n'en est pas forcément le mauvais usage. L'Allemagne, dans le domaine de la psychologie expérimentale, s'est longtemps égarée dans la poursuite d'utopiques niensurations ; dans ce pays nombre d'opinions pédagogiques sont manifestement ins pirées par des préjugés extrascientifiques n'ayant aucune valeur en l'espèce. On peut ajouter que les expériences ne comptent pas toutes, mais seulement celles dues à des observateurs exercés et consciencieux : une des raisons de l'aspect confus que présente au premier abord la pédagogie expérimentale est bien la surabondance d'observations dénuées de valeur, auxquelles on donne un trop facile accueil dans les périodiques scientiOques.

Pour conclure, disons que, si l'on suit les recommandations des pédagogues prudents, on ne voit pas comment on pourrait recueillir de la pédagogie scientiflque autre chose que de sérieux avantages. Résumons les excellents conseils donnés dans la Pédagogie de F. Krus S. J. : « Ne pas substituer ce qui est susceptible de mesure au phénomène proprement psychologique inaccessible à toute mesure. — Ne pas remplacer la sollicitude pour l'âme de l'enfant par la passion de l'expérimentation. — Se garder de systématiser trop vite et ne pas perdre de vue les principes fondamentaux de la pédagogie générale. — Eviter les conclusions hâtives. » (B83 a6o-3).

5, Intensité du mouvement pédagogique. Ses causes. Le vingtième siècle se fait remarquer par une si

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