‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 17 sur 146 · GUTBEELET, Exp. pd., Ph. Jb · texte numérisé non relu

GUTBEELET, Exp. pd., Ph. Jb

intense activité au sujet des éludes pédagogiques qu'on l'a nommé îe siècle de l'enfant.

L'idée d'observer exactement, d'expérimenter, d'enquêter même pour appuyer sur l'expérience les pratiques éducatives n'est cependant pas née de nos jours. 11 ne faudrait pas non plus s'en rapporter à nombre d'Histoires de l'éducation et dresser avec elles une liste de précurseurs de la pédagogie expérimentale dans laquelle ressortent Rabelais, Montaigne, Locke, RoussEA'j, ÎIebbart. Les idées les plus fécondes au point de vue de l'empirisme éducatif se ^^etrouvent chez nombre d'autres auteurs. Par exemple, au xiii* siècle, donné si communément comme une époque de stagnation pédagogique^, Raymoad Lulle énonce l'un des principes directeurs de la science fie re::fant : l'éducation doit établir une harmonie entre le développement qu'elle demande à l'âme de l'enfant et la croissance corporelle (b94 ch. 91 § 13 254-5). Au xvi« siècle, L. Vives, pédagogue d'une foi ardente, donne un plan de recherches que signeraient les directeurs des instituts pédologiques contemporains. Pour déterminer la manière d'enseigner chaque branche de connaissance, on fera des expériences, des enquêtes, et on en conclura des règles générales; si dans ces recherches on rencontre des cas anormaux, on s'efforcera d'en déterminer la cause, et, si cette cause demeure inconnue, on notera avec soin le cas : voilà bien les enquêtes nettement recommandées et sagement réglées. En parcourant les écrits de Vives, on constate encore que l'idée de l'évolution de l'enfant, celle de l'attention à donner aux différences individuelles, le préoccupaient

1. Cf. sur cette grave erreur histor. J. Glmraud, IlUt, partiale et hist. vraie, lOIî Paris Beauchesne t. 1 328-63.

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vivement : « Quatre fois dans l'annt-e les maîtres se réuniront à part, pour s'entretenir du talent de leurs élèves, et se consulter sur le genre d'études auxquelles chacun doit être appliqué d'après ses dispositions'. » Dans un de ses chapitres, il parle aussi de l'étonnante variété des esprits et donne les plus sages conseils pour la formation des arriérés et des anormaux^. Ailleurs il laisse voir qu'il se rend très bien compte de la grande influence du milieu, social ou géographique'. La préparation du mouvement pédagogique actuel n'est pas l'œuvre de quelques-uns ; il est particulièrement peu logique de chercher l'origine du progrès éducatif chez ceux qui se sont écartés avec éclat de la tradition de leur siècle. On peut dire que la pédagogie positive existait en puissance dans tout le corps éducateur et ne demandait pour s'actuer que des circonstances favorables aux expériences précises et collectives. Ces circonstances se sont rencontrées dans la plus grande facilité des communications mutuelles et dans la naissance de la psychologie expérimentale. Cette dernière, selon un mot heureux, est vraiment la mère spirituelle de la pédagogie positive.

Parmi les précurseurs de la pédagogie expérimentale on cite souvent Basedov^^, Pestalozzi et Frobel'*.

1. « In praeceptis artium mulla expérimenta colligemus, multorum usus observabimus, ut ex illis fiant universae regulae; de quibus cxperimeiitis si sintquae cum norma non congruaiU,sigiian(ht est causa cur id fiât; sin ea nesciatur et pauca sint quae non quudrent, annotanda sunt; sin plura sintquae non congruant, aut parinonioro, non slatuendum de eo dogma, sed id transmiltendum admiration! ceteroram, iil ex admiratione, sieut fiei-i consuevil, philosophia nascatur. » (blCO 1. 11 c. 4 L. G 296.) o Quater per singulos nnnos in locum aliquem secretum magistri conveniant, ubi intcr se de ingeniis •uorum sermocinentur ac consulient, et si qiiemque applicent arti cui quemque idoneun» videbunt. » (L. II c. 2 278.)

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