‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 18 sur 146 · L. II o · texte numérisé non relu

L. II o

4. Cf. les Histoires de la Pd., en particulier Gujut (bl80 248-56 287-346 476-502).

aa PSYCHOLOGIE PEDAGOGIQUE

Basedow (l'jaS-i^go) a reçu les éloges de Kant. Gomme RoDssBAU, il croit à la bonté de la nature enfantine, et, pour mieux s'adapter au naturel de l'enfant, il imagine les leçons de choses, mettant les objets à la place des mots (b8). Gel enseignement par l'image avait d'ailleurs été déjà prôné par CoMENius au XVII* siècle (baS-Su).

Pestalozzi, suisse, (1746-182';;), mettait sous les yeux de» enfants non plus les images des objets, mais les objets euxmêmes; il croyait aussi à la bonté de la nature et poussa la logique de son système jusqu'à condamner au feu tous ses livres comme plus nuisibles qu'utiles (bii5-6).

Fr. Frobel, né en Saxe, (1778-1852), soutenait q\ie l'action extérieure doit être le principal facteur de l'éducation. 11 imagin;i îosjirdins d'enfants, des exercices pour former les dilïérents sens, constructions en bois pour former la vue et le tact, chants pour former l'ouïe, etc. (b6o). ^'i^

Les systèmes de ces éducateurs sont utopiques par leur exclusivisme, les études récentes l'ont nettement mis en lumière; Basedow, Pestalozzi, Frôbbl ont néanmoins bien mérité de la pédagogie par l'ingéniosité de certaines de leurs méthodes, plus encore parleur dévouement à la cause de l'enfant. Mais pourquoi les choisir pour précurseurs de la pédagogie actuelle à l'exclusion de tant d'autres? Il serait bien facile de montrer que saint Jean-Baptiste de la Salle n'a pas moins bien préparé l'éducation populaire des temps présents que Basedow ou Pestalozzi et les surpasse encore par la grandeur de son dévouement. L'abbé de L'Epée vivait avant Frobel; ses Principes de l' institution def; sourds-muets sont d'une psychologie admirable et ont l'immense avantage de n'être surchargés d'aucune utopie.

6. Mouvement pédagogique dans les différentes nations*. La France peut prétendre au premier rang

1. Cf. les publications récentes indiquées dans la section II de la Bibliographie ; la liev. du mouvem. pd. de Blum, R. ph. depuis 1892 ; le Ch. and éd. Fs. iiitmber dans le Ps. Bu.; Jeanjean, La Pd. nouvelle,^, de Ph. XV 5U;-'27; les Ditcouis d'oui'ert. du Cg. int. Pd. 1912 Bruxelles Misch et Thron.

INTRODUCrivN 23

pour la valeur des expérimentations pédagogiques, grâce au talent d'A. Binet (1857-1911). Citons parmi ses nombreux ouvrages les études surla suggestibilité (1897) et la fatigue intellectuelle (1898). Nommé président de la Société libre pour Vétude psychologique de Venfant (fondée en 1900), il en dirigea le bulletin jusqu'à sa mort. En 1906 il organisa un petit laboratoire de pédagogie normale, annexé à l'école primaire de la ri'e Grange-aux-Belles ; c'est dans ce laboratoire qu'ont été étudies les célèbres tests sur le niveau intellectuel. La plupart de ses mémoires pédagogiques ont paru dans V Année psychologique; il en a donné un aperçu sommaire dans son livre Idées modernes sur les enfants (1910). Les résultats de ses expériences ont une véritable importance pratique etles Allemands eux-mêmes ont reconnu en lui Tinitiateur de presque toutes les méthodes empiriques spécialesà la pédagogie '. On ne fît que lui rendre justice en le nommant en 1909 président du Comité international de psychologie pédagogique ayant pour mission de promouvoir les applications pratiques.

Si l'on met à part Binet et ses collaborateurs, la plupart des pédagogues français s'orientent à peine vers les études expérimentales. Les principales revues, V Educateur moderne (1906) fondée par Gompayré (mort en \Si\.\.),V Education (1909) dirigée parBEPTiER et CELLéRiER, etc. ne se placent que peu au point de vue expérimental. Cependant bien des indices présagent une riche efîlorescence d'études positives

1. Cf. le témoignage rendu à Binet par W. Stern au Gg. Ps. de Berlin en 1912 (Stern, D.fi. Meih. d. Intelli^enzpriif., 191-2 Leipzig Barth 2d) et l'éloge enlhousiasle .ie l'américain H. Godd.vrd (An. ps. 1912 XVlll 326).

a/j PSYCHOLOGIE PKGAUOQIQUE

en éducation, i^e grand public commence à s'intéresser aux résultats des enquêtes américaines, dont CoMPAYRÉ s'était fait l'historien averti; V Année pédagogique, fondée en 1912 par ■Cellériek et Dugas, met les lecteurs français au courant de toutes les publications expérimen laies; la Société pour V étude psychologique de l'en fant suscite de nombreux travaux pratiques; les chaires de pédagot,àe et les laboratoires pédologiques se multiplient.

Clapaisède semble avoir joué en Suisse un rôle analogue à celui de Bixet en France pour promouvoir l'expérience pédagogique. Sa revue, les Archives de psychologie, accorde une grande place aux travaux pédagogiques; son livre Psychologie de V enfant et Pédagogie expérimentale (b27) a puissamment contribué à faire comprendre au public de langue française l'intérêt des expériences éducatives. Le 15 octobre 1912, une Ecole libre des sciences de l éducation a été ouverte à Genève ; une revue V Intermédiaire des éducateurs est l'organe de ce mouvement.

En Belgique^ l'expérience pédagogique a pris naissance à Anvers, Gand, Bruxelles. Un laboratoire pédologique, ayant pour organe de ses travaux le Pœdologisch laarboek, fut établi à Anvers par Schuyten en 1900. A Gand parut la revue Zuid en Noord; Van BiERVLiET y organisa un laboratoire de pédagogie. Bruxelles institua en 1905 des laboratoires pédologiques dans ses écoles normales, exemple bientôt suivi par Mons et Charleroi. En 1912, M"" le D-^ Ioteyko fonda à Bruxelles une faculté internationale de

1. Gf..Disc. d'ouvert, de Degrolt au Gg. int. Pd. 1912 Bruxelles Miscli et Thron ; Schuyten, Et. ad. de la Ps. appl. en Belg., R. ps. 1908 I 49-51.

INTaODUi: ! ION

pédologie ; la Revue psychologique, qu'elle a dirigée depuis 1908, publiait principalement des articles pédologiques. hdi Revue des questions scientifiques (Louvainja donné d'excellents articles pédagogiques.

L'Allemagne semble avoir droit à une certaine priorité par rapport aux études empiriques de pédagogie. Dès l'année 1787, Tiedemaxn publia une étude sur l'évolution mentale de l'enfant, étude qui fut reprise par SiGiSMUND, LoBiscH, KxjssMAUL, vers le milieu du XIX* siècle, et par Preyek en 1881 dans son célèbre livre sur l'âme de l'enfant \ L'éloge donné par Kant aux études pédagogiques ^, plus encore la sollicitude du corps enseignant, orientèrent cette activité expérimentale vers le point de vue plias strictement éducatif. En 1891 DiLTHEY présentait à l'Académie des sciences de Berlin un rapport utopiquesurle remplacement de l'ancienne pédagogie par une science s'inspirant des méthodes de l'histoire et des sciences naturelles''. Puis Chri3tvian lança en 1896 son fameux manifeste pédologique (b233); cette même année parut à Langensalza le périodique Z^î'e Kinderfekler, consAcré à l'étude des enfants anormaux. Citons parmi les revues plus récentes Die Zeitschrifï fur pàdagogische Psychologie und experimentelle Pàdagogik, dirigée par Mbumann ^ (m. en 1915), le Zeitschrifï fiir angewandte Psychologie und psychologische Sammelforschung ionàé par Stern etLiP.MANN. Plusieurs associations ont été formées dans le but de favoriser et promouvoir les études expérimentales en éducation : le Verein fiir Kinderpsychologie (Berlin 1899), le Verband fur Schulref'orm. Le Verein fiir

b. DiLTUEY mourut en 1911.

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cliristUche Erziehungswissenschaft comptait en 1911 plus de 900 membres divisés en trois groupes : Autriche, Allemagne du Sud et Suisse allemande, Allemagne du Nord. Ses statuts indiquent le but de se tenir au courant des méthodes expérimentales et de viser à leur application pratique dans les écoles ' .

Les Etats-Unis ont rapidement dépassé l'Allemagne dans leur activité pour les recherches pédagogiques 2. Signalons parmi les promoteurs du mouvement Stanley Hall à Worcester, Eaul Barnbs en Californie, J. M. Baldv^in, Fr. Thacy, N. Oppenheim. S. Hall organisa en 1893 la National Association for the ^tudy of children, ayant pour but principal de promouvoir les enquêtes pédagogiques. Les principales revues sont le Pedogogical Seminary (1891) organe de la National Association^le J ournal of educational Psy c ho logy {1910), Educational Review (1890), The training School [19Ç)k\, etc. De nombreuses etutiles recherches se font à Vlmtitut pédagogique de Clark University dirigé par S. Hall, au Teachers Collège de Columhia University (Thorndike), à Cornell University (WHipPLE),à Yale University (Judd), etc. GoDDAUD a depuis peu organisé le Paidological laboratory de Vineland (New-Jersey), véritable laboratoire de pédagogie anormale.

Kn Grande-Bretagne, la British Association for child study (actuellement Child study Society) fut établie en 1894 sous la direction de J. Sully, l'auteur de Studies ofChildhood [189b). EnlQiOV Association anglaise pour V avancement des sciences a mis à l'ordre du jour le progrès de la pédologie. L'Angleterre semble se faire une •pécialité des travaux d'Eugénique, c'est-à-dire de

1. D. Organit. d. pd. Forsch., Z. pd. P». 1913 XIV 574-9. 2. B174; J. ed, Ps. 1912 III 229.

l'étude des facteurs qui influent sur les qualités de la race, question évidemment importante pour l'éducation. Galton a dirigé jusqu'à sa mort (1911) VEugenfc Laboratory de Londres; en 1912 se réunit à Londres le premier congrès international d'Eugénique,

Dès 1879 paraissent en Italie plusieurs travaux sur l'évolution de l'enfant (b242 etc.). En 1897 Marro (mort en 1913) publie son célèbre ouvrage La Puhertà et Melzi fonde à Arona un Cabinet d' Anthropologie pédagogique. La ville de Milan possède un laboratoire psychologique annexé àreco/e/?ec?a^o^/^«ede l'Université. A Rome de Sanciis professe des cours de psychologie expérimentale à l'usage des futurs instituteurs. Les principales revues sont la Rivista pedagogica (Gênes 1908), la Rivista di Psicologia (Bologne 1904), Vlnfanzia anormale (1911), etc.

En Russie, citons Sikorski, Bechterew^, Netschajeff; ce dernier établit à Pétrograd un institut psychopédagogique.

Gheorgov a introduit la psychologie pédagogique en Bulgarie, Belgrade possédait depuis 1906 une Société pour la psychologie de V enfant.

En Pologne, VEducation familiale et scolaire a été fondée à Varsovie en 1908, et une autre revue, \e Journal pédagogique, à Lemberg en 1912.

Dans les pays de langue espagnole signalons plusieurs revues : Archi^>os de pedag. y ciencias a fines (La Plata, République Argentine, 1906), Cuba pedagogica (La Havane 1904), £'/jE'</ttc«^or contemporâneo (Valence 1912), etc.

La revue Psyke (1906), dirigée par Alrutz en Suède, publie des articles pédagogiques de valeur.

Le premier Congrès international de Pédologie a eu

aS PSYCHOLOGIE PÉDAGOGIQUE

lieu à Bruxelles en 1911. Un comité exécutif international a élé formé en 190'J pour veiller à la convocation de ces congrès : il se composait de MM.Schuyten,Cla.' PARÈDE, Philippe, etc.

g 3. — MÉTHODES DE LA PSYCHOLOGIE PEDAGOGIQUE

7. Méthodes de recherche. Dans l'établissement de toute loi positive il importe de distinguer la recherciie et Vinterprétation des résultats : constater l'allongement d'une barre de fer sous l'action de la chaleur n'est pas encore dégager la loi de la dilatation des solides. La complexité des phénomènes psychologiques rend particulièrement délicate l'interprétation des résultats et pour ce motif nous la traiterons à part.

Dans ses recherches la psychologie pédagogique, ou bien dirige vers l'étude des problèmes éducatifs les méthodes de la psychologie expérimentale, ou bien se sert de méthodes qui lui sont propres, auxquelles on resserve le nom de méthodes pédagogiques.

ï^ Méthodes psychologiques. '^

Les sciences expérimentales emploient les deux méthodes d'obserçation et d' expérimentation. L'une et l'autre ont pour but de constater un fait; la différence, dit Claude BeuiNAru : « Consiste eu ceci que le fait que doit constater l'expérimentateur ne s'étant pas présenté naturellement a lui, il a dû le faire apparaître, c'està-dire le provoquer par une raison particulière et dans un but déterminé. D'où il suit que l'on peut dire : l'expérience n'est au fond qu'une observation provoquée dans un but quelconque'. »

La psychologie, science des faits de conscience, dispose d'une méthode qui lui est propre, puisque ces

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