‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 24 sur 146 · W. Stern, Z. ang. Ps. VIII Ileft · texte numérisé non relu

W. Stern, Z. ang. Ps. VIII Ileft

3. Cf. M Pr.iNCE, T/ie mechan. and inlerpret. a/' dreanis, J. abn. Ps. 1910 V 13Q-95;N. Vaschiue, 5i>mm. ci rêves, 1011 Pari» Flan, r^ arion 174-96.

INTRODUCllON 35

phénomène systématiquement produit dans des conditions parfaitement connues, quel'on peut reproduire et modifier à volonté, tandis que celle-là se contente de noter les phénomènes qui se présentent sans influer en rien sur leur production.

\^ expérinientaiioiùsliicte n'a pas dans les recherches péaâ^ogiques la même importance qu'en psychologie expérimentale. Il ne s'agit plus en effet de trouver des lois purement spéculatives, mais des lois normatives indiquant les règles des faits de conscience en tant qu'elles se rapportent aux problèmes de l'éducation. La complexité du milieu éducatif n'est pas le schème du laboratoire et les observations faites dans les circonstances complexes et vécues qui entourent la croissance de l'enfant donneront en général des résultats d'un plus grand prix'. Cependant les méthodes de laboratoire peuvent parfois trouver une application uliîe, en particulier pour l'étude des différences iadivid ueiles.eHti'^ enfants.

VlobserK'otion pccasionnelle présente cet avantage que le sujet est pins lui-même, parce qu'il est observé dans nn milieu normal et aussi parce qu'il ne se doute pas qu'il estsouiiiis à une observation. Elle est la seule méthode praticable dans la plupart des cas où l'on veut se rendie ooiiipte de l'évolution spontanée del'enfant (bl48 74;. Va\ revanche on est aux prises avec toute la complexité de la vie intérieure du sujet, avec ses défauts (pose, exagération, dissimulation, etc.)^. Il est évident par exemple que les descriptions d'états d'âme dans les journaux intimes de jeunes gens et de

1. Cf. Selot, Lei et. relat. à la Pi>. de l'e., Bu. S. ps. E. 1907

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jeunes filles ne méritent pas un brevet de parfaite exactitude : en supposant la parfaite sincérité, que d'illusions possibles! Les lettres écrites par les enfants à leurs parents sont déjà un document d'une plus grande valeur; elles sont souvent sincères, traduisant bien la nature.

Il ne faut pas confondre ces observations, faites sans suite et au hasard des circonstances, avec V obser{>ation systématique et suivie d'un enfant. Plusieurs des meilleurs travaux de psychologie scientifique sont les résumés d'observations quotidiennes d'enfants ^

\J observation méthodique opère sur une matière déterminée suivant un plan défini : elle a cet avantage manifeste sur la précédente qu'elle peut être répétée, reprise par d'autres chercheurs selon des procédés identiques, d'où possibilité d'études faites en commun sur une grande échelle. Cette observation peut être individuelle ou collective.

\J observation méthodique collective a une extrême importance pour la solution d'un grand nombre de problèmes; c'est ainsi qu'elle s'impose, si l'on veut soumettre à l'épreuve expérimentale le programme d'études en usage dans une nation. Elle exige la coopération de plusieurspersonnes vivant endifférentslieux, parfois à des époques diverses, coopération qui est le plus souvent obtenue par une enquête.

Le lien de Venquête est soit une instruction écrite envoyée aux diffërcnls observateurs, soit un groupe d'enquêteurs qui se transporte aux centres d'observation. L'observation est conduite soit par des question-

1. Citons entre autres les travaux de Chamaussul, Miss Shinn, MAJor, Nagt, Oppemieim, Cl. et W. Stekn, SiiiORSki, etc. {(b235, b262-3, b259, b262-3, b265, b278, b275-7, etc.).

naires, soit par des interrogatoires, soit par certaines épreuves que l'on fait accomplir au sujet pour obtenir la détermination d'une de ses qualités (tests).

h'enquête par questionnaife envoyé à l'éducateur, ou à l'enfant, est surtout avantageuse, lorsqu'il s'agit d'atteindre des résultats statistiques ; quelle est la proportion d'enfants répondant à telle condition? ou autres problèmes de ce genre. Le questionnaire résume en quelques demandes les points sur lesquels les renseignements doivent être donnés et on fait connaître ce document par les journaux, ou mieux par des envois directs. La mise au point des questions demande une habileté exceptionnelle : 1'' Il faut éviter avec soin toute forme de question qui inclinerait à répondredans un sens ou dans l'autre, en d'autres termes il faut éviter de suggestionner lesujet. 2° La réponse doit être facile à donner : facile au point de vue moral et au point de vue intellectueL Moralement l'amour propre du sujet est à ménager et tout doit être disposé de manière que l'effet produit par la réponse n'entre pas en ligne de compte. Intellectuellementil est nécessaire que le sujet puisse répondre sans ambiguïté; aussi le mieux sera de questionner de manière que la réponse puisse se donner par oui ou non : si vous faites tel travail, y a-t-il telle circonstance? Si ces précautions empêchent d'approfondir le problème, il est cependant peu prudent de s'en écarter, lorsqu'on ne s'adresse pas à un ensemble exceptionnel de sujets.

Le grand inconvénient du questionnaire est l'impossibilité de contrôler la sincérité et la compétence des correspondants. L'interrogatoire oral et direct permet au contraire de connaître là situation du sujet par rapport à la normale et par suite de se rendre compte

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de la valeur de ses réponses. Mais en revanche celte méthode trouve un écueil dans l'influence considérable du facteur personnel de l'interrogateur: deux observateurs différents obtiendront des réponses diverses en raison d'une légère dissemblance dans l'attitude ou l'intonation. L'interrogatoire est de toutes les méthodes celle qui demande le plus de tact de la part de l'observateur; il ne faut pas se laisser abuser par son apparente facilité.

Le test (épreuve) sert principalement à déterminer le degré auquel un sujet possède un caractère, une qualité. L'observation par le test se rapproche de l'expérimentation stricte ; cependant, pour les expériences pédagogiques, il importe que l'épreuve n'exige ni laboratoire, ni appareils spéciaux, et que son application soit aussi simple que possible. Outre cette conditioa d'usage pratique, le choix du test visant une qualité donnée doit permettre de classer les sujets par rapport à cette qualité et par suite dans le résultat constaté il faut que l'on apprécie facilement le plus et le moins. Enfin il est clair que le test doit donner des renseignements suffisants sur la qualité en question et ne pas se contenter de Féludier sous un certain aspect; cette condition est difficile à réaliser.

Pour mieux nous rerdrr compte des obstacles que rencontre la réalisation de cette dernière condition, supposons que l'on veuille déterminer le degré de sugi;estibiUté de difl'érents sujets, c'est-à-dire les classer suivant le plus ou moins de dispositions à admettre un jugement sj)éculatif ou pratique j)our des motifs dont le sujet n'est pas entièrement conscient*.

1. CLflaiiis .iiitcurs oui donné de la suggestion une définition i)]!i.s comprrhenaivc, par ex. Janet, Prob. de la iugge»t., J. fur Ps. u. Neuroli'gie \'J\\ WUl 323-G. Nous empruntons la défin. présente à nne éti.de de Fh. Gae: am (Dp. la VAisPii:KE, EIcm. di Ps. sper., Ir. diK». GAETiKi, 1913 Napoli 1-cderieo et Ardia 356).

On trouvera au no 5'j l'indication de plusieurs expëriences pour déterminer la suggestibilité par rapport à l'estimation d*s poids, des longueurs de lignes, des sensations calorifiques, à l'existence d'un souA'enir. En faisant ces expériences sur un certain nombre de sujets, on constate que la suggestibilité relative à un point ne les classe pas dans le même ordre que la RUggestil)ilité par rapport aux autres points. Si l'on vent déterminer leur suggestibilité en général, c'est donc l'ensemble des lests qu'il convient de consulter, sous peine de ne classer ces sujets que selon l'un des aspects de la qualité en question. Binkt, le maître dans l'usage des tests, a insiste sur cette recommandation : « Un test particulier, isolé de tout le reste, ne vaut pas grand'chose, il est soumis à des erreurs de tontes sortes, surtovit s'il est rapide et s'il est appliqué à des enfants d'école; ce qui donne une force démonstrative, c'est un f.TÏsceau de tests, im ensemble dont on conserve la physionomie moyenne. Gela parait être une vérité si banale que c'est à peine s'il est besoin de l'exprimer. C'est au contraire une vérité profonde, et le bon sens suffirait si peu à deviner cette prétendue banalité que jusqu'ici elle a été complètement méconnue. Un test ne signifie rien, répétons-le formellement, mais cinq ou six tests signifient quelque chose. Et cela est tellement juste qu'on pourrait presque aller jusqu'à dire : peu importent les tests pourvu qu'ils soient nombreux'. « Si l'on voulait trouver dans le cas de la suggestibilité la raison profonde de cette nécessité de tests multiples, il faudrait la ciiercher dans ce fut que le sujet suggestionné adhère au jugement fauxsor.s rinfluence de la volonté, volonté qui s'exerce ellemême au moyen de jugements do valeiu- auxquels il est donné plus ou moins d'attention. Or tel sujet peut avoir sur une catén-orie de faits des jugements de valeur très arrêtés qui conii-ebalancent l'influence des facteurs suggestifs.

Certains tests, déterminés et fixés avec soin par les expifimentateurs, deviennent d'un iisat^e universel^, \J unification des tests est évidemment très avantageuse, d'autant plus que, comme nous l'avons fait

1. Mesure du niveau inteUect., An. ps. 1911 XVll 20Û-1. 2 Cf. le livre de G. M. Whipple (bl65).

/Jo PSYCHOLOGIE Pl-iUAUOGlQUE

remarquer plus haut, il est bien préférable de se passer de laboratoire en ces matières. Le Congrès mondial des Associations internationales, tenu à Bruxelles en

1910 \ s'est préoccupé de la question connexe d'unification des mesures. Dès 1906 V Association psychologique américaine avait constitué une commission chargée du contrôle des expérimentations psycholoi^iques. Cette commission, composée de Angell, Judd, PiLLSBURY, Seashore, Woooworth, uomma des souscommissions; celle qui eut la charge des expériences sur les processus associatifs a publié son rapport en

1911 et elle propose des tests fixes avec des instructions précises à donner aux sujets 2. Toulouse et PiÉRON avaient déjà fait un effort en ce sens pour la France et, comme le remarque ce dernier : « Le moment approche sans doute où, après les efforts nationaux indépendants, on pourra tenter une systématisation internationale revêtue d'une réelle autorité^. » Une telle œuvre, si elle n est pas chimérique, rendrait les plus grands services. Si l'on veut comparer les résultats obtenus par différents observateurs pour en déduire des conclusions générales, on ne peut se passer de ce que les Américains appellent the standardization of conditions, c'est-à-dire de la détermination précise des conditions du test. Lorsque l'instruction donnée au sujet n'est pas absolument constante dans les cas soumis à une statistique commune, la valeur de la comparaison est très minime. Whipplk dit fort bien que l'on n'obtiendra pas des résultats comparables dans l'usage du test des A (Cf. n* 23), si l'on

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