‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 49 sur 146 · liJva r · texte numérisé non relu

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Les choses sont conçues bien plus selon les représentalions Imaginatives qne d'après la réalité objective; ainsi, dans les ilessins de l'enfant, la maison sera rej)résentée avec les personnes Aues à travers les murs, un cavalier sur un cheval de profil aura les deux jambes visibl< s, les dessins laissés au libre choix de l'enfant seront mieux réussis que les copies (Cf. u' 40' L'objet extérieur que l'on impose à l'attention de l'enfant l'inte'resse bien moins que les représentations qu'il se forme à sou occasion. A partir de 3 ans, dans les jeux, l'enfant tient à inventer par lui-même (bs'jg 59-61).

La caractéristique du stade est l'intérêt au pourquoi de» choses : c'est l'âge questionneur si bien décrit par J. Sully (ba79 tr. fr, 25i-5). D'ailleurs le pourquoi est entendu au sens utilitaire ; l'objet est délini par l'enfant d'après l'usage qu'il en retire.

(La langue javanaise a des mots spéciaux pour désigner l'enfant aux différents stades de son évolutioa : celui qui se couche sur le côté, a mois — celui qui est penché en avant, 4 mois — celui qui est couché sur le ventre et se lève au moyen de ses bras, 5 mois — celui qui est assis, 6 mois — eehii qui rampe, 7 mois — celui qui se relève et torube sur le derrière, 9 mois — celui qui crie, 1 2 mois — celui qui se cramponne à tout en marchant, i3 mois — celui qui marche, i4 mois — le

petit roi, c'est-à-dire celui qui manifeste sa volonté, 4 ans

celui qui mange du riz cuit, 4 ans 1/2 — celui qui travaille dans le jardin, 5 ans '.)

20. Intérêts pendant ia seconde enfance. Cette période comprend a peu près I intervalle de 7 a 12 ans pour les garçons, d« 6 à 10 ans pour les filles.

L'interprétation des résultats des observations présente à oe moment une difficulté spéciale. La vie intérieure de l'enfant est devenue plus complexe ; l'éducation a déjà marqué une profonde empreinte sous laquelle il est moins aisé de retrouver la nature ; enfin le milieu influe beaucoup sur le sujet pendant cette

1. L, Van RucKrRVORSEi., De jacaansche hinderopvocdlng. Derichten nit Ned-Oostendie 1915 I 63-68 (Niet in don handei).

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période. En revanche l'enfant commence à rendre compte par lui-même de ce qu'il sent et de ce qu'il pense, ce qui permet d'employer les méthodes par interrogatoire; la présence des enfants dans les écoles facilite par ailleurs l'entreprise d'enquêtes étendues. Aussi possédons-nous de nombreuses observations sur les idéaux d'enfants, les occupations et les matières préférées dans l'enseignement, les amitiés, les jeux, etc.; la plupart ont précisément recherché chez combien d'enfants de tel âge se rencontre un intérêt donné et à quel âge chaque intérêt atteint sa culmination (b27 265).

Nagy a caractérisé la seconde enfance par le nom de période des intérêts objectifs (b262 207-11). C'est qu'en efTet~à cet âge l'intérêt va principalement à l'action s'exerçant sur la réalité extérieure. Au début de la seconde enfance, l'enfant possède une connaissance déjà compréhensive du milieu qui l'entoure; tous ses sens sont développés et exercés, il sait percevoir correctement les objets, il a recueilli par le tiavail de son imagination un trésor de synthèses Imaginatives auquel il a incorporé les matériaux de son expérience, son cerveau a atteint son développement. Actuellement il travaille à l'adaptation de ces synthèses à la réalité extérieure au moyen de l'action, c'est-à-dire à la formation de ces complexes d'images et de réactions motrices qui sont les tendances sensitives acquises.

La motricité à cette époque est prodigieuse : « Le nombre des mouvements pendant l'enfance, la fréquence de leur répétition, la variété de leurs combinaisons, la somme de leur quantum cinétique est stupéfiante,etcela, qu'on considère les mouvements d'ensemble du corps, ou les mouvements fondamentaux

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de« membres, ou les motricités accessoires les plus déliées. Presque toute excitation du dehors est suivie d'une réponse motrice*. »

C'est donc en résamé un continuel frat^a/î de réalisation, d'exécution des complexes imaginés. On s'explique dès lors en particulier la très forte impulsion au bavardage : toute idée qui passe par l'esprit demande à être communiquée^, à être traduite en action. L'enfant explore sans cesse le milieu pour l'adapter à ses synthèses imaginatives (bl24 100) ; il se fait tour à tour pêcheur, chassenr, trappeur, guerrier, sauvage; facilement il fera des fugues et fréquentera l'école buissonnière (bl24 79). Vers la fin de cette période, il aime la nage, le patinage, les jeux où l'on lance, où l'on tire, où l'on lutte, insouciant du danger, qu'il ignore d'ailleurs. Si parfois il trouve quelque intérêt au travail scolaire, c'est, en dehors de la gymnastique pour les garçons et du travail manuel pour les filles, à la lecture, l'écriture, la technique du dessin, la musique, les métiers, le vocabulaire et la prononciation des langues, la manipulation des objets (b97 6-7), en un mot à toutes les matières où la motricité trouve une occasion de s'exercer. Le mot de S. Hall est à retenir : « The hand is never so near the brain. Jamais la main n'est si près du cerveau. » (bG9 t. 2 452).

La différence entre cette période et la précédente est donc nettement tranchée. A la fin de la première enfance, l'enfant se contentait d'interpréter la réalité selon les caprices de son imagination ; actuellement

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