Somme iltéo'ogique !■• partie question 85 article
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suprêmes aux notes génériques et spécifiques, comme sii, enrichie par ses connaissances précédentes, elle devenait capable d'ocquéi'ir une science plus précise de son objet. On peut constater la vériiication du même processus dans les stacits d'observation (n° 27). Les expériences de Pohlmann (n" 35) ont établi avec toute la rigueur possible les différentes éi.'ipes indicjuées par la philosophie aristotélicienne. Les observations sur l'évolution du langage nous coiui^iiront aux laèmea conciusions (n" o8-i5y).
2* Dans racquisitiaM^§ii0l.ioi3,§, numériques l'enfaut suit les élapes qui conduisent à l'établissement philosophique du nombre. Hémon en déduit avec rai- •on, en justifiant d'ailleurs ses conclusions par l'expérience, qu'il est plus facile qu'on ne le croit communément d'expliquer à l'enfant la logique et la raison d'être des opérations arithmétiques élémentaires (b552 367).
Là encore la coïncidence entre les constatations expérimentales contemporaines elles conclusions de la philosophie péripatéticienne est si rigoureuse que spéculation et observation semblent s'être mutuellement copiées. Nous citons encore SAINT Thomas d'Aqoin : « Ce que l'intelligence saisit d'abord, c'est l'être, puis que cet être-ci n'est pas cet étre-là, d'où l'idée' de distinction ; puis vient l'idée d'un. En quatrième lieu se forme l'idée de multitude, ou de ce qui est composé de un et de un et de un... Entln, lorsque s'est formée l'idée d'une multitude en général, vient l'idée de nombre. ^ » On croirait lire If* résume des observations de Duckoly et Dkganu (1)5:46).
3' Pour l'évolution de la pensée dans la manière de dé/inir, Szyc distingue les stades suivants (boDl)7qu on pourrait également déduire de l'échelle des âges intellectuels dressée par Binet (n" 45, tests 8 10 14 23 38 50).
'. '^nmnie lf!eul(>-;iqii:' pvcimèva partie question 11, article 2; Conimentuire sur le* Sentences Livre I Distinction 2'i question 1.
l!^!^ i^sycihologie pédagogique
I. L'objet est simplement distingué : « Qu'est-ce que le plafond? Le plafond est là (indiqué avec le doigî;. » L'objet est vu dans son ensemble, mais n'est pas ana-. lysé. — II. L'objet est défini par Tusageou par une qua-' lité de détail, surtout par l'usage de 4 à7 ans et par une qualité de 7 à 9 : « La maison, c'est pour mettre les enfants, c'est pour dormir. — La maison, c'est fait avec des briques et du bois. » — III. L'objet est comparé avec d'autres. — IV. L'objet est classé dans ses relations avec les autres.
Là encore on remarque la parfaite coïncidence de l'expérience avec la doctrine péripatéticienne sur l'évolution des connaissances.
g 5. — ÉVOLUTIOrapU LANGAGE
38. Notions et résultats. L'étude du développement du langage est en intime connexion avec celle de l'évolution de la pensée logique. C'est que le langage n'est pas seulement le révélateur par excellence de la pensée humaine, il est la condition, la plus importante en un sens, des progrès intellectuels. Si la pensée est distincte des images, elle ne s'exerce cependant pas sans leur concours; or l'image verbale est de toutes la plus utilisable, la seule qui s'adapte aisément aux objets immatériels, comme la justice, la vérité, etc. On a constaté par exemple que les aveugles-sourdes-muettes ne font de progrès intellectuels rapides qu'à partir du moment où elles ont appris un langage par signes (b911).
D'ailleurs, si l'enfant a besoin du secours de ses semblables pour que son corps puisse vivre et grandir, il ne saurait davantage se passer d'éducateur pour
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son intelligence; or, sans Tusage du langage par le maître et sa compréhension par l'enfant, toute formalion intellectuelle serait impossible.
Nous nous bornerons à étudier l'évolution du langage articulé; \e langage des gestes, de la mimique émotive joue bien aussi un rôle important dans les relations humaines, mais les études expérimentales ne fournissent pas sur ce point des renseignements assez abondants.
Sl'.ides de l'éi'oliUion du langage. Durant la première année il n'y a pas eu général de langage articulé. Cette période préliminaire peut se subdiviser en trois.
1* Pendant le premier trimestre on a le cri et le balbutiement; il n est pas rare de voir ce stade coupé en 3fê'îï^''P^iîn intervalle dans lequel cesse tout essai de parole. Au début le cri n'est probablement qu'un réflexe causé par l'entrée subite de l'air dans les poumons, mais très vite il devient la manifestation d'une (lo'ileur : « ('es cris inarticulés de douleur deviennent avec le temps très variés et répondent à différentes sensations de douieur et de malaise chez l'enfant, de sorte qu'une mère attentive apprend bien vite à distinguer les significations de ces cris. » (b575 '209). Le balbutiement est au contraire plutôt une expression du bien-être de l'enfant; il consiste en sons inarticulés accompagnés souvent de sourire et de rire (b57r. 210).
2° Le second stade est caractérisé par Viniitation des paroles de l'adulte et marque le début du langage articulé. Il n'y a langage que matériellement, car l'enfant ne relie pas encore le mot à la chose signifiée, mais ce stade n'eu a pas moins une grande importance pour l'avenir. Citons encore Gheougov, un de
Psycliologi» pédagogique. lo
I/JÔ PSYGUOLOaiE PÉDAGOGiQUE
ceux qui ont le plus approfondi les secrets de la parole enfantine : « De cette manière l'enfant exerce ses organes vocaux à produire lou tes sortes de sons, qui se retrouvent plus tard dans la langue, ainsi qu'il aiguise son ouïe à saisir les sons produits par lui-même. Ce babillage, quand même il est exercé par l'enfant comme un jeu involontaire, est donc extrêmement opportun pour le développement postérieur de la langue... L'enfant prononce dans cette période de babillage, avec facilité même, des sons articulés qu'il ne peut point prononcer ou qu'il prononce très difficilement, quand il a déjà un peu acquis la langue. » (b575 210). o° Le dernier stade de cette période se manifeste par le début de l'emploi des mots. On n'est pas entièrement d'accord s^uFÎB^mbnîentou^renfant commence à comprendre les mots, les époques indiquées varient entre le 5e mois et le 12e (b575 212; b237 ; b603 154; b540 36); si à un an 1/2 un enfant n'a pas commencé à parler, il est arriéré pour le langage.
On s'est demandé si de lui-même, sans éducation, l'enfant arriverait au langage articulé. Les faits donnent raison à Ament (b54o 36-g) et Stcmpf (b6o5) contre Wundt (b6i 4): le langage de l'enfant esi comme la résultante d'un langage qu'il invente et de celui qu'il imite.
Après la période d'initiation se déroulent lesphase» de développement des formes du langage, de la phrase et du style. Dans des circonstances particulièrement heureuses un enfant peut arriver vers la fin de la 4e année à bien se servir des formes du langage, niais chez jjeaucoup il faut attendre jusqu'à la fin de la 6» et de la 7^ année. Quant au perfectionnement du style, il peut se manifester pendant toute la durée de l'éducation et même pendant toute une partie de la vie.