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grossièrement coloriée, la mélodie facile dont les phi'ases banales se prévoient avant d'être entendues. » (b647 44o-0-

41. Expériences et résultats. Les principales méthodes employées pour étudier l'évolution du dessin sont celles des collections, des enquêtes, de l'observation directe.

Dans la méthode des collections de nombreux dessins d'enfants sont recueillis et classés suivant les âges, le milieu, etc., puis étudiés à différents points de vue. Ainsi Ricci et J. Sully ont établi leurs remarques d'après des dessins recueillis dans les écoles (b72i, b279) ; ScHUYTEN et Lobsien ont mesuré avec soin les éléments de nombreux dessins dans le but d'examiner leurs différences avec le canon d'art {b735, b695) : E. Lamprecht a collectionné des dessins de tous pays pour étudier l'évolution du dessin dans la race humaine (b690).

Dans la méthode des enquêtes une instruction précise les conditions dans lesquelles les dessins doivent être exé ités. E. Barnes en 1893 fit illustrer une fable par plus de 6.000 enfants de 6 à 15 ans; Stern, Levins- TEiN, Partridge, ctc. employèrent un procédé du même genre (b620-4 ; b693 ; b7ii ; b737). Kerschensteineiî recueillit près de 500.000 dessins; 250.000 furent exécutés par les enfants de Munich selon ses instructions sous la surveillance du personnel enseignant (b684).

Donnons comme exemple de i'usage de cette méthode le plan d'expériences dressé par Glaparbde et Guex : « Distribuer aux élèves une feuille de papier blanc écolier, non réglé, plier par le milieu de façon à ce qu'ils aient chacun 4 pages à leui" disposition. Chacune des quatre pages servira pour une des quatre épreuves ci-dessous.

i" épreuve. (Dessin copié). Placer sur le pupitre du mallre

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une chaise ou un tabouret et faire dessiner ce siège aux élèves.

2' épreuve. (Dessin de mémoire). Dessiner un chat.

3* épreuve. (Dessin d'illustration). Dessiner la fable du Corbeau et du Renard. (Relire et expliquer la fable si c'est nécessaire).

4* épreuve. (Dessin de choix libre). Dire aux enfants qu'ils doivent dessiner ce qu'ils voudront et comme ils le voudront. » (b677 io3).

L'expérience est faite au début d'une leçon. Chaque épreuve dure 5 minutes seulement ; les quatre épreuves sont faites consécutivement.

Les deux méthodes précédentes ne sont pas sans ofTrir des inconvénients. Les collaborateurs sont nombreux et plusieurs n'ont pas les qualités nécessaires pour diriger ce genre d'expériences. Les dessins d'enfants sont difficiles à interpréter sans les explications de leurs auteurs. Parmi les élèves du même âge, certains sont habitués à dessiner, d'autres non. Ces particularités individuelles ne sont pas toujours faciles à atteindre dans une enquête (b725).

La méthode de Vobservalion directe consiste à faire exécuter les dessins par l'enfant sous les yeux de l'expérimentateur. Rouma de 1900 à 1901 suivit une série de 8 enfants pendant deux heures chaque semaine; de 1900 à 1903 il dirigea des expériences de dessin libre dans une classe de 40 enfants de 6 à 8 ans; enfin de 1904 à 1905 il fit les mêmes observations sur 30 enfants arriérés de 9 à 11 ans (b72o 19-21). Beaucoup de psychologues ont observé méthodiquement les dessins de leurs propres enfants (b540 157-61 ; b625-6; b699-700; b736;etc.).

Les méthodes précédentes fournissent des renseignements sur l'évolution du sens esthétique ; mais on

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étudie principalement ce sentiment par la méthode ^appréciation des images.

Albien, sous l'inspiration de Meumann, réalisa les expériences suivantes à Kœnigsberg. Deux images, l'une représentant une scène émotive, l'autre un incident plus ordinaire, étaient soumises au jugement d'enfants de 7 à 18 ans : « Quelle peinture préférezvous et pourquoi? » Schmidt faisait apprécier deux gravures, l'utie d'impression triste, l'autre d'impression gaie (b729) ; F. Mùllbr présentait deux photographies, l'une très artistique, l'autre sans aucune valeur esthétique (b707); M^ Hôsch-Ehnst fît deux série» d'expériences, l'une dans une école anglaise, l'autre en Amérique, en présentant 7 à 8 images très différentes et très inégales au point de vue esthétique (b674-5).

Résumons les expériences de HASsBnoDT(b6'5i). Elles avaient pour but de chercher à la suite de F. MiiiXER et Dehning (b^cj ; b65i) les moyens de perfectionner le sens esthétique.

Les expériences furent faites sur des jeunes filles de i3à 1 4 ans. On leur présentait la reproduction de la composition de Miiller-Wachsmuth, Le postillon. La scène représente un pays montagneux éclairé par la lune, une chaise de posle passe au grand trot devant un cimetière, le postillon souffle dans sa trompe ; l'ensemble exécuté avec art est l'interprétation d'une poésie connue de la plupart des élèves. Le tableau était suspendu aux murs de la classe depuis plusieurs mois. Voici les différentes phases de l'expérience: 1° Jugement spontané sur l'image. « Ecrivez quelque chose sur celle image. » {^|l^ d'h. à r/a h ).

2° Explication de l'image par le maître. Il décrivait les différents objets représentés, expliquait la valeur artistique au point de vue de la place des différents objets, des moyens d'expression pour rendre les personnes et les choses (par exemple la poussière soulevée pour indiquer la rapidité de course des chevaux), indiquait comment l'artiste avait fait valoir les personnes et les circonstances les plus notables, quels

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procédés il avait pris pour accorder les nuances et les clartés, pour hai'rtioniser et fondre les contours.

3° Jugement sur une image-contrôle. On choisissait une cornposition se rapprochant assez de la précédente pour que les élèves pussent appliquer les données de l'enseignement : Au" rore éclaire-moi pour la mort prochaine de Haug. Les élèves devaient de nouveau écrire ce qu'ils pensaient du tableau.

4° Leçon d'exécution. Le maître reprenait le tableau Ile pos- ^f7/o/<, expliquait la manière de faire l'esquisse, puis la méthode pour ombrer. Il avait soin de faire des teintes tantôt trop claires, tantôt trop sombres, et interrogeait alors les élèves, demandant si l'eifet était bien rendu. 11 indiquait également les procédés pour oju i. ir les effets de contraste.

5° Exécution au fusain par les élèves d'une nouvelle imagecontrôle : Clair de lune par Strich-Chapell.

Résultats.

l» Le sens esthétique ne se manifeste presque jamais nettement avant la 10'^ année. Dans les expériences de Hasserodt, une seule jeune fille donna une appréciation ayant quelque apparence esthétique pour l'expérience de jugement spontané. Même dans le jugement sur rimage-contrôie, presque toutes les appréciations étaient exclusivement intellectuelles : aucune manifestation de joie allant à l'art comme tel. Kn somme le jugement de l'enfant est objectif, il va au sujet de l'iuîage, non à sa beauté. Pendant les années de l'école primaire (6 à 13 ans), on ne remarque pas de progrès sensible à ce point de vue. Les enfants doni:ent bien à l'image des épithètes comme effrayante, triste, sauvage, etc., mais on se rend compte aiséiiient qu'ils expriment ainsi l'efl'et que leur produit le oujet de la scène indépendamment de son exécution (blOO 2" éd. t. 1 592-4). 11 faut bien entendu mclire à part certains individus exceptionnels (b631 317-21).

A partir de 13 ans en moyenne, l'adolescent e?"

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susceptible d'éducation esthétique (bG51). L'expli cation du maître éveille fortement chrz lui l'intérêt artistique; ces explications et pins encore des leçons de repioduclion peuvent développer en lui le sens esthétique (b671).

2" Ué'.'olution du dessin passe par des stades déterminés cliez les enfants de tous les pays.

A. ôtade du griffonnage. L'enfant commence par tracer des lignes pour en tracer; c'est une simple reaction motrice. Ce stade peut commencer un peu ;> vant deux ans; il a sa grande utilité pour l'avenir en habituant l'enfant à l'aire avec les mains les mouvements appropriés et à les coordonner avec les données visuelles. Il n'y a encore aucune intelligence de la relation entre le trait gr iphi.jue et l'objet signifié (Cf. iig. 5).

Fjg. 5. — Stadt du ghufonnage.

Premier dessin de Béatrice, 3 an* 4 moi».

Forlruil de sa mauian.

[Observation d: 11. de M.)

Puis vient une pério(ie dans laquelle l'enfant trace des traits pour imiter les adultes : ce sont des lignes

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