‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 65 sur 146 · IS · texte numérisé non relu

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entrecroisées, le plus souvent courbes. Si on lui demande ce qu'il représente, il répond n'importe quoi ; le même gribouillis représentera tour à tour un homme ou un chien.

Bientôt l'enfant commence à remarquer dans les objets extérieurs des ressemblances avec les personnes ; vers 3 ou 4 ans il interprète les images, toujours d'ailleurs moins d'après leur réelle ressemblance que d'après ce qu'il pense à leur occasion (cf. n°27 loet2°; b725 26-8; b237 ; b268). Dans les traits incohérents qu'il trace il trouvera parfois une ressemblance avec une personne ou un objet, sujet de grande joie et encouragement pour les travaux futurs.

B. Stade têtard ou stade cellule (Cf. b725 ch. II 30 s.). L'enfant arrive d'abord à représenter assez bien la direction générale de l'objet dans un certain nombre de cas; puis il passe à la reproduction des personnes, l'endant le stade têtard Vhomme est représenté par un !ond ou un triangle (la tête) avec une ou deux lignes (les jambes). Le dessin porte quelquefois l'indication dos yeux, de la bouche, du nez, mais presque toujours ces parties seront mal placées ; on trouve aussi çà et là des traits désignant les pieds, les bras. Ce stade se parcourt en moyenne entre 3 ans 1/2 et 5 ans.

^. Stade de transition. Le bonhomme est représenté de face avec une tête et un corps ncttementdifFérenciés. D'après les statistiques de Parïridge (b7il; b725 35-0) celle dilTérencialion existe chez 927o à ô ans, chez 98° /o à 8 ans. 11 y a une évolution jusqu'à la représentation complète du bonhomme vu de face (Cf. fîg. 6).

D. Stade du profil. L'enfant ne parvient que péniblement à représenter de profil la personne humaine ; il y arrive par une série de dessins de transition (b72">

SENS ESTHÉTIQUE lOl

50s.). Au début de celte pliase l'enfant garde sa tendance à noter ce qu'il sait, non ce qui se voit : ainsi une figure de profil aura ses deux yeux, un cavalier de profil aura les deux jambes visibles, etc.

On note des stades analogues pourla représentation du mouvement, de l'orientation, de la peispectwe. Au début le dessin ne révèle aucun souci des lois de celt ^ dernière. L'enfant fera ensuite un premier progrès en séparant les différents plans, mais il les représentera isolés les uns des autres, en général superposés, chacun formant un tout. Puis il indiquera par des lignes de raccord ou d'autres procédés une relation entre ces plans. Enfin viendra un essai réel d'observation de» lois de la perspective, mais ce point sera rarement atteint avant 13 ans.

Ces premiers stades sont nettement idéographiques^ l'enfant ne copie ni la nature, ni les objets, ni les modèles, mais il signifie par des traits cequ'il sait bur les objets (b689 383). En particulier pour l'imitation des modèles schématiques, il ne fait que transposer sur le papier tant bien que mal ce qu'il imagine à Toccasion de l'objet présenté (cf. fig. 8). Dans ses débuts le dessin est un dessin-langage, nullement un dessincopie.

E. Stade physiographique. Ce stade ne commence que rarement avant la 8« année et débute en général beaucoup plus tard : l'enfant devient capable d'imiter les objets eux-mêmes d'après ce qu'il en voit et non plus seulement d'après ce qu'il en sait. Il faut d'ailleurs bien remarquer que, même s'il est capable de copier, le petit dessinateur de 8 à 13 ans a un goût beaucoup plus piononeé pour le dessin libre. Vers 10 ans l'enfant est susceptible de profiter de leçons

Psychologie j/c Jagogiquo. n

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simples sur la perspective; ce n'est que deux ou trois ans pins tard qu'ii comprendra bien les explications sur les eiîets d'ombre et de lumière (cf. b7i t. 2 547s.).

Il y a S0U3 cerlains rapports parallélisme entre ies stades d'évolution du dessin et ceux de l'observation, du langage, de l'imagination créatrice, de la pensée logique.

Ainsi le stade griffonnage présente des degrés d'évolution correspondant au balbutiement, à l'imitation des paroles. Dans les stades SHivants on remarque aisément le parallélisme avec la phrase-mot, la phrase à plusieurs mots, la phrase correcte, le style (cf. n" 38).

Dans l'évolution de la pensée logique l'expérimentation, d'accord avec la philosophie péripatéticienne, établit tjue la connaissance intellectuelle procède des concepts universels les plus généraux aux moins généraux, par suite de ceux qni s'appliquent au plus grand nombre d'objets à ceux qui conviennent à un nombre plus restreint, ou pour parler la langue philosophique, nous marchons d'idées ayant beaucoup d'oxtension et peu de compréhension à des idées moins extensives et plus Cl m léhensives (cf. n° 87). Les premières démarches du dessin enfantin vont également à des représentations indicérentes, désignant un homme aussi bien qu'un chien, faites de traits courbes sans caractéristiques individuelles. Peu à peu l'enfant représente l'homme et l'animal autrement que les objets Inanimés, Ihorjime autrement que l'animal et enûu tel homme autrement que tel autre (b5^o iSg).

42. Conséquences pédagogiques. 1" Le dessin libre est un des meilleurs moyens d'atteindre la mentalité enfantine. Sans doute le langage est par excellence l'expression naturelle de la pensée humaine, mais le dessin a sur un point une supériorité de manifesiation : il exprime en un instant et avec tous les détails ce qui est vu dans une scène (b540 157). Pour l'enfant en particulier, le grand nombre de fonctions psychologiques dont le d.ssin suppose la mise en jeu (cf. n* 40) donne à ce produit de l'activité enfantine

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