‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 69 sur 146 · JA^ET, Olisett. e< p.t^/cAaj^, 1903 Paris Alcen t · texte numérisé non relu

JA^ET, Olisett. e< p.t^/cAaj^, 1903 Paris Alcen t

i^a rsYCHOLCQia pkdagooique

ratio pai ticuîaris, que les juoilernes appellent imagination créatrice '. Nous avons Vinvention de Binbt.

Quant au mécanisme sensilif, il ne fait pas partie de l'intelligence: Texercice véritable de cette dernière se réduit à l'activité interne de la pensée dans une direction donnée et à la formation de la synthèse d'images nécessaire pour commander le mécanisme d'expression. Les expériences ne peuvent éliminer entièrement ce mécanisme sensitif, mais les tests doivent être choisis de manière qu'il intervienne dans la plus petite mesure possible.

L'intelligence ainsi comprise sous ces 4 chefs compréhension, direction, invention, censure, I3inet devait I choisir une méthode mettant en évidence le plus ou ] moins de cette fonction dans les difTérents individus : « L'idée directrice de cette mesure a été la suivante : : imaginer un grand nombre d'épreuves, à la fois rapides et précises et présentant une difficulté croissante ; essayer ces épreuves sur un grand nombre d'enfants d'âge différent; noter les résultats; chercher quelles sont les épreuves qui réussissent pour un âge donné, et que les enfants plus jeunes, ne serait-ce que d'un an, sont incapables en moyenne de réussir; constituer ainsi une échelle métrique de l'intelligence, qui permet de déterminer si un sujet donné a l'intelligence de son âge, ou bien est en relard ou en avance, et à combien de mois se monte ce retard ou cette avance. » (bl3 125.)

On voit au premier coup d'oeil quelques-uns des avantages de l'idée directrice de F^inet : les tests seront établis par l'expérience sans postuler autre chose que le progrès^avec l'âgcde l'expression intellectuelle, ce que personne n'a jamais mis en doute pour la

1. De la. Vaissièrk S. J., Philosoph. naturalis, 2" éd. 1913 Paii» Beauchesno t. 2 155-8.

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période éducative; ils serviront à connaître si tel élève est en avance ou en retard par suite de ses dispositions naturelles et pourront manifester parfois un retard tel que l'enfant devra être classé parmi les anormaux. Au point de vue social, l'application des tests à un grand nombre des élèves d'un pays indiquera la 2)rospéritc scolaire de cette nation (blOO 2* éd. t. 2 125-6).

Reste à choisir ^e* /es^A". Ils devront faire intervenir le moins possible les facteurs étrangers à l'exercice formel de l'intelligence générale. BiNExachoisides éprcur'^ yes qui se réduisent presque de la part des examinés à dire un oui ou un non ; s'il s'agit de donner une expression plus compliquée, comme un dessin, l'observateur devra s'attacher au sens du dessin effectué, non à la perfection de l'exécution. De plus les épreuves doivent pouvoir se faire assez rapidement pour être pratiquement réalisées, elles ne doivent pas nécesssiter l'emploi i d'appareils de précision, qui d'ailleurs d'après le but même des expériences n'ont aucun titre à intervenir. Quant à l'exécution du travail, citons quelques lignes de Binbt; elles sont bien modestes si on étudie de près le labeur immense et patient, la sagacité toujours en éveil, la probité scientifique, dont il a fait preuve dans cette brandie de son œuvre : « Nous avons élaboré, avec l'aide de notre collaborateur si dévoué, le D' Simon, une méthode de mesure de l'intelligence à laquelle nous donnons le nom d'échelle métrique. Elle a été construite lentement, à l'aide d'études faites »on seulement dans les écoles primaires et les écoles maternelles sur des enfants de tout âge, depuis trois ans jusqu'à seize, mais encore dans les hôpitaux et hospices, sur les idiots, les imbéciles et les débiles.

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et enfin dans toutes sortes de milieux, et môme au régiment, sur des adultes lettrés et illettrés. Après des centaines de vérifications et d'améliorations, mon opinion mûrie et devenue définitive n'est pas que la incthode est parfaite; mais c'est bien la méthode qu'il fallait employer; et si. après nous d'autres la perfectiojHient comme nous l'espérons biea, ils ne la perfectionneront qu'en employant nos propres procédés et en tirant parti de notre expérience. » (bl3 12^i-5 ; cf. b756-63.) Bi.xET et Simon ont en particulier constaté que les épreuves répondant à un âge donné étaient subies avec succès par 75 % des eufants de cet âge chronologique, les autres individus du même âge se montrent supérieurs ou inférieurs; Eobebtag, GoDDAi;ji, ScHREUDEn out aussi vérifié que la loi de Qlktiu.kt, dite loi tXe la courbe binomiale, si importante en statistique, était observée : il y a à peu près autant d'enfants d'un âge donné au-dessous et audessus de la normale (b7«j9 282-4; b798 2&9-y0; b837). Ce nom d'échelle métrique^ ainsi que l'expression mesurer l'intelligence, ne doivent pas être faussement interprétés : il ne s'agit pas d'une mesure au sens strict, rigoureusement impossible, lorsqu'il s'agit d'une qualité (cf. no 9;, mais de cette mesure au sens large et impropre selon laquelle on classe des individus d'après leur plus ou moins de dispositions pour telle ou telle matière.

Les tests de Binet ont été soumis à une vérification mondiale dans tout l'univers civilisé. Aux Etals-Unis d'Amérique GoDDARD et HojîY Ont constaté qu'ils s'appliquaient parfaitement au diag^noslic des anormaux dans les deux écoles pour arriérés de Vineland (New- Jersey) et de Lincoln (lUinois); rélal de New-Jersey a mèms décrété leur emploi officiel pour

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le diagnostic des anormaux el eu conséquence les tribunaiiK de New-York les utilisent poui* déterminer le niveau raenial des jeunes criminels. Goddard a également étudié plus de deux mille enfants normaux d'après les lests de Binkt; citons encore en Amérique les travaux étendus de Tehman, Wallin, KuuLMANN, etc. En Angleterre, Miss Johnston appliqua les tests à ai 8 jeunes filles, riches et pauvres, des écoles de Sheflield; le D'" Sullivan s'en servit pour étudier le niveau mental des jeunes criminelles de la prison de HoUoway à Londres. En Allemagne, Bobbrtag observa les enfants des écoles de Breslau; le D^^ Bloch et M"'^ Preiss ceux de Kattwitz. Dkcroly et M"* Dbgand examinèrent les enfants d'une école de BrHxelles (milieu aisé); M^'« Desgobudrbs, guidée par les conseils de CLAPAHèoB, a étudié plusieurs élèves des écoles de Genève dort on avait soigneusement déterminé la valeur intellectuelle par d'autres procédés. M"« Schubert et le D' Porstowsckj ont observé plusieurs centaines d'enfants russes de 3 à ig ans; DU Sangtis et Jeronutti à Rome, Trêves et Saffiotti à Milan ont essayé ces tests, A Paris, citons à côté des exiiériences pereonnelles de Binht et Simon, celles de M. Jkanjean, de M. TnÉVENOT, de M"« Giroud, etc., sur des enfants de différents milieux el à différents points de vue. Il faudrait citer à peu près tous les auteurs indiqués dans notre bibliographie au sujet de ces lests (b^/ig-SG^).

A part quelques critiques dont nous parlerons après avoir indiqué les tests, critiques en général relatives et modérées, Pçioge est unanime, même chez les psychologues étrangers. Pour l'américain H. Goddard, qui entre tous en a fait un heureux emploi : a Ces travaux de MM. Binbt et Simon marquent une époque dans le dcA-eloppement de l'éducation du pays et I du monde. Le jonr viendra où il ne paraîtra pas exagéra .) d'avancer que l'échelle métrique de l'intelligence prendra sa ^1 plact à côté de la théorie de l'évolution de Darwin et la loi j d'hérédité de Mbndbl. » (b7.j8 Saô). Pour le pédagogue allemand Mrttmann, c'est l'impulsion géniale de Binel qui en ce point a orienté la pédagogie dans la vraie direction et telle est également la pensée exprimée par Stern au Congrès allemand de psychologie expérimentale en 191 a. Ceux mêmes, qui croient devoir critiquer en certains points ces travaux

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de BiNKTj comme S. on Sanctis, reconnaissent qu'ils se sont imposés à ralt?ntion de tous les psychologues (bSSg giS).

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