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CHAPITRE II DISPOSITIONS VOLONTAIRES

46. Division du chapitre. La psychologie expérimentale, d'accord avec la psychologie rationnelle, établit If s points suivants (bl020 19G-213 284 s. 291-6):

!• Les images sensibles et les sensations ont une mot/ici/é spécifique : telle connaissance sensible étant donnée, on peut conclure que tel mouvement se produira s'il n'est pas inhibé par un autre processus moteur. Le lien déterminé qui existe dans chaque espèce animale entre l'excitation sensitive et les réactions motrices correspond à une tendance naturelle, un instinct, de cette espèce. L'homme a lui aussi ses instincts et nous en avons déjà signalé un grand nombre en étudiant l'évolution des intérêts.

2° A côté des tendances naturelles l'homme possède des tendances acquises qui se forment selon les lois de rédintégration des processus psychologiques passés.

3° L'expérience signale également des réactions très différentes se produisant en çez-tu de Jugements : la léaction n'est plus celle qui est spécifique par rapport aux sensations et images de l'état psych'dogiquft actuel, mais celle qui est exprimée par le sens du jugement; telle action est accomplie à tel moment parce que j'ai jugé bon de la faire dans telle circonstance. Ce genre nouveau de réactions m'apparaît

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souvent se produire avec liberté. Cet ensemble constitue l'exereice extérieur de iactivité i'olontaùe.

L'étude expérimentale de l'exercice de celte activité conduit aux conclusions suivantes :

1° La volonté ne peut exercer son action sur les muscles, sur les organes du mouvement etde la parole, que par l'intermédiaire d'images ayant une motricité innée ou acquise; en d'autres termes, l'efTicacité de l'activité volontaire suppose l'existence d'un mécanisme connaissance sensitive réaction, d'une tendance sensitive capable de réaliser le mouvement.

2** La volonU' îi'applique pas directeinciit son elfort aux images appropriées, niais elle le fait en maintenant la présence dominante d'un jugctncnt pralicjue sur l'action à faire : les images utiles sont ainsi conservées, les images inutiles inhibées, par suite le mouvement se fait. Cette intervention de la volonié a lieu en vertu de Jugements de valeur : si l'on considère comme bon de s'occuper de telle étude, il se fait comme un triage entre les éléments psychologiques qui défilent dans la conscience, et tandis que ce qui est at^ /'e/;» est accueilli et introduit, le reste demeure exclu. Ces résultats sont établis par de nombreuses expériences sur l'activité volontaire, en particulier p;\r les nombreuses observations de .îanet sur les p .ychasténiques et les hystériques, par les fines analyses de JAMKS sur les types d'actes volontaires normaux et anormaux (biOlS tr. fr. 572-606), par les expériences de Ach, Durr, etc. (bl028-31 ; b359. Cf. b 1020 290-8).

L'élciJe de l'évolution de la volonté dépend donc de la connaissance de plusieurs facteurs :

1° Les jugements de valeur, les intérêts, jouent un

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rôle directeur prépondérant. En traitant la question de l'évolution des intérêts aux différents âges, nous avons à peine indiqué les intérêts moraux et religieux plus intimement liés à la question présente.

2° L'étendue de la sphère de l'activité volontaire dépend en partie de la richesse en images et des automatismes innés ou acquis adaptés à ces images.

3<' L'activité volontaire maintient tel jugement pratique et par là même inhibe certains éléments psychologiques. C'est dans ce maintien et cette inhibition que consiste l'exercice formel de la volinté, l'effort volontaire (b77 tr. fr. 147-54). A cet exercice formel s'opposent certains défauts naturels et aussi certaines fautes.

Nous diviserons en conséquence le chapitre de la manière suivante :

1° Evolution du sens religieux.

2° Evolution du sens moral.

3° Évolution des tendances sensîtives dans leur rapport avec la volonté.

4" Activité formelle de la volonté.

5" Défauts de la volonté.

6" Fautes volontaires.

g 1. —ÉVOLUTION DU SEyS RELIGIEUX

Al. Position du problème. Les expérimentateurs ont compris dans trois sens principaux le mot leligion. Il est nécessaire d'avoir ces distinctions présentes à l'esprit pour concilier les conclusions en apparence contradictoires d'observations d'ailleurs bien conduites.

1» Selon HôFiDiNG : « On trouve à tous les degrés

SENS llïiLlUIEUX 195

coinuie essence de la religion un besoin et une volonté de maintenir les valeurs de la vie au delà de la limite dans laquelle la volonté humaine peut agir à leur égard ». Une valeur : « Est tout ce qui satisfait un besoin, et par suite tout ce qui provoque un seatiment de plaisir et fait disparaître un sentiment de déplaisir a de la valeur '. » La religion ainsi comprise suppose» une foi dans la durée, la continuité, la possibiliîé de réalisation des valeurs, aussi bien que dans certaines puissances ayant le pouvoir d'assurer aux valeur* tous ces avantages-.

2" Dans un grand nombre d'expériences, spécialement dans celles qui portent sur les doutes religieux, religion est pris au sens strict, comme adhésion à un Credo défini et comme pratique d'un culte déterminé. On voit l'immense différence entre cette conception et la précédente. Dans la religion chrétienne:!. Ce n'est pas le maintien des valeurs qui est au premier plan, mais la volonté de celui qui tient le sort des valeurs en sa puissance, volonté qui d'ailleurs veut le plus grand biendenosvaleurs.il. La puissance maîtresse du sort des valeurs est un Dieu en trois personnes, qui s'est révélé à nous par l'intermédiaire des Saintes Ecritures ; la seconde personnes'est iacaruéepourracheterles hommes. IIL Dans la religion catholique Dieu a établi sur terre un principe d'autorité qui est lEglise, en sorte que le catholicisme est nettement une religion d'autorité, tant pour l'enseignement des vérités révélées que pour la dispensation des sacrements.

3" Dans les expériences sur la présence du divin et

1. Pensée humaine, tr. fr. 10 II Paris Alcaii 37f n» 157, 2'iO H" 101.

•2. L. c. 37 'i II» ir.G.

I (j6 t-SYCHOLOGlE riÎDAGOGIQUE

sur le phénomène que les Américains appellent corn^ersion, il s'agit d'une sorte d'expérience immédiate atteignant intuitivement certaines vérités que les procédés ordinaires de connaissance n'abordent que par des voies différentes, expérience accompagnée d'un sentiment de réalité qui est d'ordinaire le privilège des objets sensibles '. A ce sens se rattachent les formes de connaissance religieuse rejetées parV Encycli^ que Pascendi. Il est clair que la religion an sens strict n'est pas nécessairement accompagnée de ce sentiment de présence et qu'un homme religieux au premier ou au second sens peut ne pas l'être au troisième.

Nous ne parlons pas d'une autre conception de la religion. La religion serait la tendance mystique qui doit, sous quelque forme qu'elle se présente, non seulement être atteinte par d'autres facultés que l'intelligence, comme le veut James, mais renier en dehors de la logique rationnelle (bi55 62-4). Les expériences ne constatant aucune attitude de ce genre pendant la période éducative, un traité de pédag;»gie expérimenlaie n'a pas à en tenir compte.

48. Principales expériences. Presriue toutes les observations sont d'origine anglaise, américaine ou allemande. L'attitude intolérante, qui a longtemps régné en France vis-à-vis de la religion, a entravé toute enquête expérimentale sérieuse en cette matière, et ainsi cette question d'importance pédagogique hors de pair a été systématiquement écartée par des sociétés appliquant par ailleurs avec zèle les méthodes d'observation^.

1. W. James, Expérience religieuse, tr. fr. 1900 Paris \lcnn 4()-&J .^6-G1.

2. Un dos statuts lie la Sociélé pour l'étude jj^ycholoi^ique de l'rnfant interdit toute discussion religieuse. Jordan et Labanca font égalemout l'eniiirijuer qu il est impossible d'étudier la psychologio religieuse dan» les universités italiennes (b938).

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