‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 75 sur 146 · SENS RELIGIEUX I · texte numérisé non relu

SENS RELIGIEUX I

lo MclJiode des soiwe/iùs d'enfance. Starbick fit une enquête portant sur les souvenirs d'enfance de 192 adultes, la plupart de religion méthodiste, puis il retendit à 1265 cas de conversion. D'après James et les psychologues anglo-saxons voici le sens du mot corn>€rsion : dans une vie morale plus ou moins désagrégée la pensée religieuse vient tout rassembler dans son unité; la conversion suppose donc une crise plus ou moins aiguë déterminant le passage de celle désagrégation morale à l'unité dans une vie religieuse.

Le questionnaire portait sur les points suivants : époque de la conversion, époque de la cioissance la plus rapide, époque de la puberté, état de santé pendant — avant — après la conversion, circonstances du début de la crise, durée de son influence, rechutes, sexe, confession religieuse, profession, nationalité (b953-4). Signalons quelques résultats. Pendant les premières années d'école, l'influence religieuse des parents et des éducateurs est sensible. Vers la sortie de l'école primaire (13 ou 14 ans) commence en général une crise religieuse; des doutes existent rarement avant onze ans. Pour les jeunes filles, l'intensité des sentiments religieuse augmente jusqu'à dix ans, manifeste une ascension très rapide jusqu'à treize ans, descend ensuite pour remonter jusqu'à seize ans, époque de sou maximum, redescend lentementjusqu'à dix-neuf ans et rapidement jusqu'à vingt. En somme, on constaterait une période de réceptivité religieuse accentuée, située entre l'âge naïf de l'enfant et la mentalité ferme cie l'adulte, période qui coïnciderait souvent avec la crise de la puberté. Les motifs donnés pour la conversion ont été par ordre de fréquence ; les convenances et le bien social 20''/o, la tendance vers un idéal moral 15 »/"»

lu remords et la conscience du mal 15 "/•, la crainte 14 Voj l'exemple 14 Vo, l'enseignement reçu 11 %, l'espérance et autres motifs de ce genre 5°/o, des motifs oltruistes 4%, l'amour désintéressé de Dieu 2 %.Nous dirons plus loin cequ'il faut penser de ces conclusions.

L'enqaête deGuLiCK procéda par interrogatoire de 690 adutîes : « A quel âg'c avez-vous profondcmenl senti l'inHuonce du sentiment religieux? » (bgSo.) 69 indiquèrent la première eafance, 5 =: 6 ans, 7 = •; nns, 20 = 8 ans. 45 =^ 10 ans, i4 = 1 1 ans, 69 = 12 ans, 46 =■ i3 ans, 66 =^ i4 ans, 5o = i5 ans, 44 = 16 ans, 4f' = i7 ans, 81 = 18 ans, 28 =: 19 ans, i3 = 20 ans, 11 = 31 ans. Les résultats ne concordent donc pas exactement avec ceux de l'enquête précédente.

Les observations de S. IIall, Cok, Lancasteh (bgSS ; bgai-a ; î)323), s'accordent à placer le maximum des impressions religieuses entre 12 et 20 ans, à 16 ans d'après ITaix.

Certains souvenirs cV enfance //v<i/V/û7<eJA' donnent des renseignements précieux, entre autres les témoignages rendus par des 50tt/Y5?s-/nùeis sur leur état d'âme avant qu'ils n'aient reçu aucune instruction. PginER rapporte^ que Bailard avant d'aller à l'école des sou rdsniueis se demandait sans cesse comment le monde était arrivée l'existence; c'est à 9 ans que cette question se posa nettement à son esprit. La réguiarité du cours des astres lui faisait révérer le pouvoir qui les gouverne et son intelligence fut immédiatement pénétrée lorsqu'on lui enseigna Dieu : « Quand je vis se dissiper les ténè])res de l'origine de l'Univers, je fus CD nme transporté dans un monde de lumière et je me sentis devenir un être nouveau. A cette révélation tout nie sembla grandi et le monde se revêtit d'une dignité n mvelle. »

I. PORTEU (3.), Is thought poiiible wit}i<nii lang., Princeton Uev, LVll t02-28.

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