‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 76 sur 146 · SENS RELIGIEUX I9Q · texte numérisé non relu

SENS RELIGIEUX I9Q

Le sujet observé par W. James, d'Estrella (b936), élait arrivé par lui-même à se convaincre que le soleil, la lune et les étoiles étaient sous la domination d'an

; grand homme résidant derrière les montagnes. (Ct.

I 20 Observation directede l enfant — Journal quotidien. HuFFERT et Wilde ont constaté que les enfants élevés dans un milieu religieux aiment à ramener tout à Dieu dès qu'ils ont l'âge de raison (b958).

I JusT résume ainsi ses observations (b9o9) : « Tandis que le sentiment esthétique se manifeste très tard, le sens religieux apparaît de bonne heure chez l'enfant.

II germe pour ainsi dire des sentiments de dépendance, d'affection et de confiance pour les parents, comme de la conscience intime du besoin d'assistance que l'enfant ressent très vivement. »

Miss SuiNN(b272-3) : «L'enfant par ^a^ pourquoi \ons jait suivre la chaîne des causes jusqu'à ce que vous ayez atteint la première, et cela dès l'âge de 4 à 5 ans.»

Les o])servations recueillies par Barnes sur les enfants californiens signalent qu'ils voient surtout en Dieu l'Omniscient, le Tout-Puissant, et qu'ils fondent leur croyance sur l'autorité. Ils expriment leur foi dans des images très vives : « Dieu est un homme ayant une plume à la main et écrivant tout ce que font les enfants. » (b9i2.)

Bergen (b914) raconte l'évolution religieuse d'un enfant que les parents avaient soustrait avec le plus grand soin à toute influence susceptible d'éveiller en lui une idée religieuse. A 7 ans il demanda : « Père, comment sont venues les premières grenouilles? — D'œufs. — Mais non, je demande comment est venue la première grenouille avant qu'il y en eût une autre

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pour pondre des œufs. » A 15 ans il alla trouver sa mère et lui dit : « 11 doit y avoir un pouvoir dirigeant le monde matériel et les vivants, je ne peux dire ce qu'il est, je me le représente comme un homme supérieur et bienfaisant. Il m'est impossible de n'y pas penser et je vais passer toute ma vie à poursuivre cette idée. »

Très intéressantes sous ce rapport sont les observations sur les sonrdes-niuetles-açeugles. H. Keller avant 10 ans demandait dès qu'elle sut écrire: « D'oùpuis-je venir? Où irai-je après ma mort? » Elle était arrivée d'elle-même à comprendre qu'un pouvoir supérieur avait fait le Ciel et la Terre; elle avait même placé sur son pupitre à écrire une interrogation demandant qu'on voulût bien lui indiquer le nom de ce pouvoir supérieur. Sa joie fut immense lorsqu'on lui enseigna pour la première fois ce qu'était Dieu (bOiO). l.aura Bridgma>'n, instruite par le D"" Howk imbu des idées de Rousseau, n'avait reçu d'autre élément d'instruction religieuse que la connaissance du principe de causalité, mais elle conclut d'elle-même à l'existence d'une force surhumaine et pressa son maître de questions jusqu'à ce qu'il lui eût appris l'existence de la Cause première (b911 248) ; elle se montra ensuite pleinement satisfaite de cette explication. Marie Heurtin et Marthe Obrecht (b911 13-4 234) ne semblent pas avoir d'ellesmêmes atteint nettement la connaissancede Dieu, mais leur joie débordante, en apprenant rexistonce d'un Créateur plus grand que tous et Père de tous, montre à quel point leurs éléments de connaissance s'harmonisaient dans la possession de cette vérité : « impossible de décrire l'impression produite chez M. Obrecht parla connaissance de cette première vérité d'un ordre supérieur. L'immensité de Dieu l'a aussi beaucoup

SENS RELr.~.IEUX

iVappée. La pensée que ce Dieu souverain voit tout, même nos plus secrètes pensées, l'a beaucoup émue. Et maintenant, quand on veut arrêter chez elle quelque petite saillie d'humeur, il suffît de lui dire que le bon Dieu la voit. » (b911 234.)

3° Expérimentation .

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