‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 77 sur 146 · I. Enquêtes · texte numérisé non relu

I. Enquêtes

La récente enquête de Pohlmann surle cercle d'idées religieuses chez les enfants de 6 à 7 ans à l'entrée à l'école (blOO 2* éd. t. 1 372-4) a inspiré à son auteur des conclusions qui dépassent les faits. Les concepts purement dogmatiques seraientinaccessiblesauxenfantsde cet y ge: la foi, c'est ce que la mère a dit; la Rédemption (en allemand Erldsung), c'est enlever les chaînes d'un prisonnier. Les représentations témoignent d'un complet anthropomorphisme : le Ciel, c'est l'air ; là sont le Bon Dieu et les anges. La religion est acceptée en grande partie d'autorité : les analogies pour exprimer les choses religieusessont fournies par la parole et l'exemple des éducateurs.

Les enquêtes sur les idêals d'enfants sont une source de renseignements sur leur mentalité religieuse. Citons celles de Barnes sur 2100 enfants de 8 à 13 ans dans les écoles publiques de Londres en 1900 (b913), de RiCHTER sur 3500 enfants des écoles primaires de Saxe, de GoDDARD en Prusse (b336). La question posée dans toutes ces enquêtes étaitla même : «A quelle personne aimeriez-vous mieux ressembler parmi celles que vous avez vues, ou dont vous avez entendu parler, ou dont traitaient vos lectures?» Beaucoup de choix portent sur une personnalité religieuse. Dans ces enquêtes c'est la personne du Christ quia été choisie le plu» souvent

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L'enquête de Vxrkndonck (bS/jg) sur ^45 enfants belges du pays gantois montre bien la diiïiculté des observations en celte ninticre. Elle est faite en Belgique dans un milieu où certains enfants sont religieux et cependant les idéals ne sont jamais choisis parmi des personnages religieux. Au risque de paraître subtil, nous dirons qu'il y a une nuance importante entre la question posée dans cette enquête et les précédentes. Varbn- DONCK demandait : o A quelle personne que vous connaissez par vos études ou par la con'' ersation voudriez-vous ressembler? B (b349 365.) Celte question met l'accent sur le mot « connaissez » et l'enfant pensera aux personnes avec lesquelles il est en relations quotidiennes.

Lorsque l'enquête est scolaire, les enfants répondent beaucoup d'après la mentalité de l'enseignement donné à l'école. La même interrogation posée par Varendonck a été faile à des enfants très peu religieux d'une école de Volenbeeck près Bruxelles. Sur ig garçons de 7 à lo ans, 4 choisirent des saints et donnèrent des motifs de vertus pour les antres idéals clioisis ; sur 18 garçons de 11 à i5 ans, 9 choisirent des saints. L'enseignement de cette école était ouvertement religieux (bgôo).

Scit.iFKR fit en 191a à Berlin une enquête sur les motifs de moralité auprès de laSo enfants, garçons et filles, de 12 à l'j ans. La question posée était la suivante: « Pourquoi le vol est il défendu? » Les motifs furent divisés en 3 catégories : motifs religieux (crainte du feu de l'enftr ou de la perle de l'âme, respect de la loi divine, etc.), motifs non religieux personnels (châtiment, lionte devant les autres, honte à ses propres yeux), motifs familiaux (déshonneur et douleur des parents), motifs sociaux (tort fait au prochain, sentiment de la justice, respect de l'autorité et des lois). Le tableau suivant résume les principales conclusions :

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