MOTIFS
Religieux .
Personnels Familiaux.
Sociaux. . .
46 Vp 18,5 ^/o 1.3 Vo
li ANS
30 Vo 20 0/0
29 Vo 53,2 0/,
27,1 Vo:
SENS nELlGlECX 2o3
Celle enquête porlail sur des sujets en majorité protestants; elle témoigne d'une descente particulièrement rapide pour l'estime de l'idéal religieux entre i4 eti5 ans ; or c'est précisiim it dans l'Église évangéiique l'époque où se donne l'enseigncuienl pour la Conlirmatiou. Schafeh insinue que parmi les enquêtes il y avait des catholiques pour qui l'allure de la variation présentait un autre aspect (Cf. bgSa).
On peut rapprocher de cette enquête celle de Lew-Suiil. Soixante et onze jeunes criminels du ressort de la Justice de I>erlin curent à répondre à cette question : « Pourquoi ne fautil pas voler? » Le motif religieux est très rarement mis en avant (hg/jS). La forme de la question suggérait facilement la réponse difficile à intcrprélî-r : « Parce que c'est défendu » ; aussi ScuAFKH modifia l'interrogation.
IL Cnnj positions ou i/Uerroga fions sur des sujets religieux..
Le R. i*. LiNDwonsKY s. J, soutient avec raison que la meilleure méthode pour connaître les sentiments religieux de l'enfant est d'étudier ses compositions libres sur des sujets religieux. L'enfant est en général très ignorant, la question posée, même claire et simple, est souvent mal comprise; déplus la vie religieuse est faite surtout de démarches intimes venant du cœur et on est plus certain de l'atteindre dans son fond en laissant l'enfant s'exprimer sans contrainte (b944).
Les expériences d'HENsELiNG se rapprochent de cette méthode. Il raconte aux enfants un trait miraculeux de l'Ancien ou du Nouveau Testament ; ils font ensuite leurs remarques spontanées sur le récit. Les observations portent sur des enfants de 6 à 10 ans (b934-5\. Voici les conclusions : « Les enfants ne sont ni naïvement crédules, ni sceptiquement critiques; mais ils développent toujours de plus en plus chez eux le sens du réel, ce qui n'empêche pas que le miracle (juste-
ao4 PSYCHOLOOIE PSDAOOÙIQUK
ment en tant que miracle) est accepté par eux, encore tard et très tard, sans le moindre sentiment d'opposition. » (b934 45.)
Les compositions proposées par Barxes à des enfants californiens de 6 à 20 ans portaient sur les doutes religieux, le début de leur apparition, l'âge où ils se manifestent avec le plus d'intensité (b912-3). Selon cet auteur, l'enfant de 10 ans commence à vouloir se rendre compte, mais n'est-ce pas là autre chose qu'un doute? Citons quelques réflexions des enfants de cet âge données bien facilement comme l'expression de doutes : « Si Dieu savait qu'Adam et Eve devaient manger du fruit, pourquoi ne lesa-t-ilpas empêchés de le faire ? — On dit que l'air est plein d'esprits, mais pourquoi ne se heurtent-ils pas? — Je ne vois pas comment on pourra toujours vivre au Ciel sans rien faire, mais probablement nous serons dans un état différent. — Je ne peux croire qu'au Ciel les mères puissent être contentes de voir leurs enfants en enfer. » Tous ceux, qui ont donné l'instruction religieuse aux entants, ont provoqué ces difficultés et ils savent bien que difficulté n'est pas doute; tel enfant qui pose les objections les plus sérieuses n'a pas l'ombre d'un doute sur sa foi, il constate des mystères et c'est tout.
49. Critique des expériences et conclusions. On peut distinguer dans les études précédentes plusieurs points de vue : 1® L'enfant peut-il par ses seuls moyens, en dehors de l'éducation, arriver à la connaissance de Dieu ? 2" Sous quelles formes se manifeste le sens religieux aux différents âges? 3" Y a-l-il nécessairement une crise, une conversion ?
1" A la première question les expériences citcea
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permettent de répondre affirmativement; les exemples de Ballard, d'Estrella, II. Keller, L. Bridgman, etc., le montrent avec évidence. Un point plus manifeste encore est V extraordinaire facilité de V enfant pour atteindre Dieu au sens philosophique du mot, comme Cause première, Sagesse infinie, rémunérateur et vengeur; il n'y a d'ailleurs rien là qui ne soit de plein accord avec l'évolution de la pensée logique (cf. n* 37).
On a souvent objecté que l'enfant comprend seulement les formes inférieures de la religion, que son culte est tout extérieur et superficiel (b265); mais on confond l'essence de la religion avec sa pratique et ses conséquences. L'enfant a de Dieu le concept qu'en avait AitisTOTB, celui d'une cause première, d'un premier moteur des astres. On objecte qu'il se représente Dieu sous une forme matérielle, mais l'enfant ne pense-t-il pas en même temps que cette grossière représentation est bien loin de montrer Dieu tel qu'il est? Il faut d'ailleurs accorder que, si l'éducation ne précise pas la connaissance des réalités spirituelles, l'homme cédera bien souvent à la tendance de tout matérialiser. Quoi qu'il en soit, le concept fondamental (jue l'enfant se forme de Dieu est juste.
Les expériences montrent également que l'on ne trouve pas chez l'enfant le sentiment religieux à l'état d'intuition affective dépouillée presque entièrement d'éléments intellectuels.
11 est de toute évidence que l'enfant de très bonne heure est très apte à recevoir un enseignement religieux exact et précis.
2° 11 est difficile de tirer des observations citées quelques conclusions précises certaines sur l'évolution du sens religieux. Malgré toutîe talent des enquêteurs
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une généralisation de leurs conclusions échouedevant les objections suivantes :
I. La distinction entre motifs altruistes et motifs religieux est dans l'ensemble plus factice que vraie. Sans doute agir pour autrui ne supposepas toujouis un motif religieux, mais on peut agir pour le prochain, par exemple par affection pour les parents, à un point de vue religieux, puisque la religion commande le respect d-is parents et l'amour du prochain. Il reste donc un doute sur l'intention profonde de l'enfant et on ne saurait, sans plus ample informé, conclure de l'enquête de ScHAiiiii que les motifs religieux ont à partir de 12 ans une influence de moins eu moins grande sur la conduite.
II. Dans les enquêtes sur les idéals d'enfants, le sens du mot aimer est loin d'être assez précisé dans cette question : « A quelle personne aimeiiez vous le mieux ressembler? » L'amour senti n'est pas l'amour d'estime : ou peut ressentir plus vivement l'attrait pour telle occupation ou pour telle personne et cependant avoir pour telle autre une grande ail'ection d'estime : c'est ainsi que des attractions puissantes sont sacrifiées au devoir, que telle aflection est négligée pourne pas mécontenter un père envers lequel on ne ressent pas une tendresse aussi vive; c'est ainsi dans un autre sens que par faiblesse on agit contre la raiso*i et le devoir. Dans quel sens les sujets ont-ils pris le mot aimer? La proportion des réponses donnant un idéal religieux aurait été probablement bien plus forte, si la question avait été ainsi formulée : « A quelle personne voudriez-vous ressembler pour mériter votre propre estime ? »