‹ Psychologie pedagogiqueChapitre 85 sur 146 · Bain, 1. c. 430; b?" 6i · texte numérisé non relu

Bain, 1. c. 430; b?" 6i

aSa PSYCHOLOGIE PÉDAGOGIQUK

II. Ne souffrez pas quune seule exception se produise avant que V habitude soit sûrement enracinée dans votre vie. — « A chaque chute, c'est l'histoire du peloton de ficelle qu'on enroule soigneusement ; en une fois qu'on le laisse échapper, il s'en défait plus qu'on n'en peut enrouler en un grand nombre de tours. » (B77 tr. fr. 65).

III. Saisissez au plus tôt la première occasion possib/e d'agir conformément à chaque résolution que vous formez. — Une tendance à agir ne s'imprime effectivement en nous que pour autant que les actions de cette sorte se produisent réellement. » (B77 tr. fr. 66).

IV. Ne sermonnez pas trop vos élèves. Attendez plutôt V occasion offerte par la vie pratique, saisissez-la au passage et ainsi d'un seul coup amenez vos élèves à sentir et à agir. -^ (B77 tr. fr. 67).

3° // faut développer dans les enfants l'habitude de Veffort volontaire, puisqu'elle peut s'acquérir. Il ne devrait pas s'écouler un jour sans qu'ils fassent quelque sacrifice volontaire; qu'on ne prenne pas pour but de les amuser, mais d'en faire des hommes capables de résister à leurs passions et d'exécuter de nobles résolutions.

Habituer les enfants à l'efTort n'est pas conduire leur éducation de manière à leur laisser une impression pénible et fastidieuse : faire effort n'est pas faire effort pour l'ennui de l'effort. Il faut bien au contraire habituer les enfants à se servir pour accepter l'effort de tous les motifs capables de les aider. Aris- TOTB a finement remarqué que la volonté n'a pas sur les passions le pouvoir despotique, mais le pouvoir politique, La volonté doit savoir en bon chef d'Etat concentrer toutes les inlluences pour réaliser ce qui est le bien de la nation.

Impossible de ne pas être frappé de l'accord de la psychologie contemporaine avec l'ascétisme chrétien sur la nécessité

ACTIVITÉ VOLONTAIRE FOHMELL 23'î

de l'effort volontaire. Par simple esprit chrétien, pour prattier la maxime « Vince te ipsuni — Se vaincre soi-même », l'enfant tiendra souvent à noter chaque jour quelque victoire remportée sur lui-même. Voici ce que les psychologues demandent au nom de l'expérience : « Déployez par principe et sans but un peu d'héroïsme, faites tous les deux jours quelque chose sans autre raison sinon que vous préléreriez ne pas le faire, de sorte que lorsque surviendra l'heure terrible de la détresse, elle ne vous trouve pas sans énergie et sans préparation pour l'épreuve. Un tel ascétisme est comme la taxe d'assurance qu'on paie sur sa maison ou sur ses biens. Celle taxe ne rapporte rien sur le moment, ni peut-être jamais. Mais si l'incendie arrive, cette dépense épargne la ruine de celui qui l'a faite. » (by^ tr. fr. ■50). L'enfant chrétien qui marque ses sacrifices par amour de Dieu suit cependant mieivx les lois psychologiques de la volonté que celui qui apprend l'effort à l'école de W. James : il fait effort pour un motif supérieur qu'il peut toujours mettre au-dessus de tous les autres, au lieu que celui qui fait effort par la raison qu'il préférerait ne pas le faire, même en doublant ce motif un peu illusoire du désir de devenir un homme énergique, appuie sa discipline de l'effort sur un fondement peu large, sur un intérêt bien capable de s'effacera ces heures de détresse dont le psychologue américain signale le danger.

4" La devise d'un travail intellectuel peu compréhensif doit être : ^'ite et bien.

Cette conclusion résulte des expériences de HiLLonu- BEn (no 54 p. 226) ; évidemment il ne faudrait pas l'étendre au travail intellectuel demandant de ^analyse et de la réflexion. Dans le cas du travail intellectuel immédiat non seulement procéder vite améliore le rendement du travail, mais encore les qualités volontaires formelles en sont probablement développées.

g 5. — DÉFAUTS DE L'ACTIVITÉ VOLONTAIRE FORMELLE

56. Notions. Sollicitée par des motifs d'agir la volonté ou cède à leur impulsion et maintient les jugements nécessaires à l'accomplissement de l'acte, ou bien elle les inhibe en leur refusant l'accès de la conscience. Il y a donc théoriquement deux sources de défauts pour la volonté ; James les appelle Vexplosion et VobstrucLion.

Dans les cas d'explosion il y a excès d'impulsion ou, si l'on veut, incapacité d'inhibition. Le motif déclanche l'action exiérieure avant que la volonté ait eu la possibilité d'intervenir ; c'est le cas du fou maniaque qui n'a pas le temps d'arrêter les associations de ses images trop rapides et encore moins d'inhiber leurs décharges motrices ; c'est encore le cas de l'ivrogne d'habitude pris comme de vertige devant une invitation d'entrer au cabaret.

Dans les cas d'obstruction il y a excès d'inhibition ou défaut d'impulsion, les motifs contraires à l'action sont présents dans la conscience, ne peuvent être mis dehors, ou, ce qui revient au môme, les motifs d'action ne sont pas maintenus d'une manière absolue, inconditionnée, sous forme de 'yagemeuls pratico-pralùj^ics, selon la terminologie de l'école; il y a comme un défaut d'énergie suffisante pourformer la synthèse d'images nécessaire à toute action volontaire (cf. n" 44 p. 171).

Ces défauts de la volonté orientent plus ou moins le sujet vers l'une des deux névroses hi/stérie ou psychasiénie; les données expérimentales sur les caractéristiques de ces défauts seront mieux placées dans l'étude des anormaux scolaires (n<* 75 ). Ce paragraphe

Page 1