‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 172 sur 176 · On reconnaît ici l'esprit commercial des Anglais · texte numérisé non relu

On reconnaît ici l'esprit commercial des Anglais

2. Il est permis de penser que la tenue des livres n'a pas besoin d'une étude spéciale, quand il s agit simplement de l'éducation d'un homme que sa position ne destine pas au commerce Ou peut être économe et tenir exactement ses comptes sans avoir appris la tenue des livres.

356 QUELQUES PENSEES SUPt L'EDUCATION".

est commencée, qiie faute de vouloir ou de savoir prendre cette peine. Je donnerai donc à tout gentleman le conseil d'apprendre parfaitement la tenue des livres et de ne pas s'imaginer que cette science n'est pas faite pour lui, sous ce prétexte qu'elle a pris naissance et qu'elle est surtout en usage chez les gens de négoce.

211. Lorsque mon jeune gentleman aura appris à tenir les livres de comptes (ce qui est une affaire de jugement plus que d'arithmétique), il ne sera peut-être pas mauvais que son père, dès de ce moment, l'oblige à faire usage de sa science pour ses petites affaires. Ce n'est pas que je veuille qu'il note sur son livre par le menu toutes les dépenses qu'il fait, tout l'argent qu'il emploie à boire ou à se divertir : la rubrique dépenses générales suffira pour toutes ces choses. Je ne veux pas non plus que son père surveille trop minutieusement ses comptes, pour en prendre occasion de critiquer ses dépenses. Il doit se rappeler qu'il a été jeune lui aussi, de quelles pensées il était alors animé, et ne pas oublier que son fils a le droit d'avoir les mêmes idées et de les satisfaire à son tour. Sï donc je demande que le jeune homme soit obligé de tenir fes comptes, ce n'est pas du tout pour que le père puisse par ce moyen contrôler ses dépenses (car tout l'argent qu'il lui donne, il doit lui en laisser la libre et entière disposition) ; c'est pour qu'il prenne de bonne heure l'habitude de le faire, pour que cet usage, qu'il lui sera si utile et si nécessaire de pratiquer toute sa vie, lui devienne familier dès sa jeunesse. Un noble Vénitien, dont le fils roulait sur l'or et gaspillait la fortune paternelle, trouvant que les dépenses de son fils devenaient énormes et extravagantes, ordonna à son caissier de ne plus lui donner à l'avenir qu'autant d'argent qu'il voudrait en compter en le recevant1. On pensera sans doute que ce n'était pas un moyen bien efficace de modérer les dépenses du jeune homme, puisqu'il restait libre de

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