LES VETEMENTS
11. Ce que j'ai dit des jeunes filles me remet en mémoire une chose qu'il ne faut pas oublier : c'est que les vêtements de votre enfant ne doivent jamais être trop étroits, surtout autour de la poitrine1. Laissons à la nature le soin de former le corps comme elle croit devoir le faire. Elle travaille spontanément beaucoup mieux, avec beaucoup plus d'art, que nous ne pourrions faire nous-mêmes si nous prétendions la diriger. Et si les femmes avaient le pouvoir de façonner dans leur sein le corgs de leurs enfants, de même qu'elles s'efforcent souvent de refaire leur taille quand ils sont nés, il y aurait certainement aussi peu de nouveau-nés bien conformés qu'il y a beaucoup d'enfants contrefaits pour avoir été trop étroitement lacés, ou pour avoir pris trop de remèdes. Cette considération, ce semble, devrait empêcher beaucoup de gens (je ne parle pas des
1. Tous les pédagogues sont d'accord avec Locke sur la nécessité des vêtements larges. « Il est prouvé par les recherches d'un grand nombre de savants écrivains que les corsets ne servent qu'à empêcher la circulation du sang et le développement si nécessaire des parties extérieures et intérieures du corps » (Kant, Ueber Pœdagogik). M. Fonssagrives, de son côté, proteste contre la tunique des lycéens, contre « ce vêtement rigide et rembourré qui comprime la poitrine et gêne la liberté des mouvements » {Éducation physique des garçons, p. 57). Voyez aussi Riant, l'Hygiène et l'éducation dans les internats, p. 200.