LA NOURRITURE
avantage que celte habitude puisse avoir pour sa santé présente comme pour sa force future, je crains que les parents n'y consentent pas; trompés par l'habitude qu'ils ont de manger eux-mêmes beaucoup de viande, ils se laissent aller à croire qu'il arriverait à leurs enfants, comme à eux-mêmes, de mourir de faim, s'ils n'en mangeaient pas au moins deux fois par jour1. Ce dont je suis sûr pourtant, c'est que les enfants courraient moins de dangers quand ils mettent les dents, qu'ils seraient plus à l'abri des maladies pendant leurs premières années , qu'enfin ils établiraient plus sûrement en eux les principes d'une constitution saine et vigoureuse, s'ils n'étaient pas gorgés, comme ils le sont, par des mères faibles et par des domestiques imprudents, et s'ils s'abstenaient entièrement de viande pendant les trois ou quatre premières années de leur vie.
Mais s'il faut absolument que notre petit homme mange de la viande, ayez soin au moins de ne lui en donner qu'une fois par jour, et d'une seule sorte par repas. Du bœuf au naturel, du mouton, du veau, etc., sans autre assaisonnemont que l'appétit, voilà ce qui convient le mieux. Il faut aussi qu'il mange beaucoup de pain2, soit du pain sec, soit avec les autres mets, et qu'il mâche bien tous les aliments solides3 . En Angleterre nous négligeons très souvent ce soin : de là des indigestions et d'autres incommodités graves.