‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 26 sur 176 · LES BOISSONS · texte numérisé non relu

LES BOISSONS

16. Pour boisson, il faut donner seulement à l'enfant de la petite bière 2, et encore avec cette réserve qu'il n'en boira jamais entre les repas, à moins qu'il n'ait mangé auparavant un morceau de pain 3. Voici les raisons qui me font parler ainsi :

17. 1° Il n'y a rien qui détermine plus de fièvres et d'indigestions chez les gens du peuple que l'imprudence de boire lorsqu'on a chaud. Si donc l'enfant s'est échauffé en jouant, et s'il a soif, il ne mangera son pain qu'avec répugnance : de sorte que s'il ne lui est permis de boire

1. Locke fait sans doute allusion à la guerre civile et a la Révolution de 1688. qui eurent pour conséquence de déplacer les fortunes et de ruiner un grand nombre de familles.

2. La bière, telle qu'on la fabrique aujourd'hui, doit être considérée comme une do ces boissons fortes que Locke interdit à l'enfant. L'effet de la bière, dit le médecin allemand Fricdlander, est « de rendre l'enfant lourd, à un âge où l'on trouve beaucoup de vivacité dans les pays de vignobles. » (Guizot, Annales de l'éducation, t. Il, p. 20.) Le même auteur écrit : « Que la boisson ordinaire ne soit que de l'eau, à moins que des circonstances particulières n'engagent à donner de lu bière ou un mélange d'eau et de vin. » (Ibid., 29.)

5. Opinion critiquée par Rousseau, qui trouve étrange que, quand l'enfant a soif, il faille lui donnera manger. « J'aimerais mieux, quand il a faim, lui donner à boire. Jamais on ne me persuadera que nos premiers appétits soient si déréglés qu'on ne puisse les satisfaire sans nous exposer à périr. »

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