Veyez Fox Bourne, opcit., 1. 1, p
PREFACE Dl' TRADl'CTEl'R. x
mail ro. Locke l'éleva d'abord par procuration pour ainsi dire, pendant Je long séjour qu'il dut faire en France, de 1675 à 1679, dans l'intérêt d'une santé toujours chancelante. Il lui donna pour gouvernante une institutrice d'une rare science, Elisabeth Birch, qui parlait grec et latin, et qui lui apprit les langues anciennes par l'usage et la pratique, selon la méthode que Montaigne a patronnée et qui est celle aussi que Locke recommande dans ses Pensées (g 466j. Pendant son absence même, Locke ne cessa pas de s'intéresser à l'éducation du jeune Shaftesbury. En 1677, Lord Ashley, alors prisonnier à la Tour de Londres, lui écrivait pour lui donner mission de rechercher en France « les premiers livres qui avaient été mis entre les mains de Dauphin pour lui enseigner le latin » . Mais ce fut surtout à son retour de France que Locke mit sérieusement la main à l'œuvre. L'enfant avait alors près de neuf ans. Ses frères et sœurs travaillaient avec lui, sous la direction immédiate d'Elisabeth Birch, et, pour ainsi dire, sous l'intendance générale de Locke, qui ne laissait point passer un jour sans visiter la petite pension installée à Clapham. Shaftesbury a reconnu formellement dans ses écrits les obligations qu'il avait à Locke, « Dans notre éducation, Locke se conformait à ses propres principes, ceux-là mêmes qu'il a exposés depuis au public; et avec un tel succès que nous sommes tous arrivés à un âge avancé avec de robustes et saines constitutions : la mienne, moins bonne que celle de mes frères, ne s'est pourtant altérée que tout récemment. C'est de moi que Locke prenait un soin particulier ; j'étais le plus âgé, et mon grand-père m'avait placé sous sa surveillance immédiate. Il avait la direction absolue de mon éducation, de sorte que, après mes parents, c'est à lui que je dois le plus d'obligation, de même que je lui ai toujours témoigné le plus de gratitude et de déférence l. »