L'AFFECTATION
étudiées d'un homme qui veut paraître bien élevé. On ne remarquera pas toujours qu'il nous manque quelque qualité, qu'il y a quelque défaut dans notre conduite, et que nous n'avons pas atteint la perfection suprême de la politesse : on ne nous blâmera pas toujours pour cela. Mais l'affectation, dans n'importe quelle partie de notre conduite, est comme un flambeau qui éclaire nos défauts et qui infailliblement nous fait passer pour des gens sans jugement ou sans sincérité. Le gouverneur doit donc surveiller ce défaut avec d'autant plus de vigilance que c'est, comme je l'ai déjà dit, une laideur acquise, le résultat d'une éducation mal entendue, un défaut peu fréquent, et auquel sont sujets uniquement ceux qui se piquent d'être bien élevés, et qui ne veulent point passer pour ignorer ce qui est conforme à la mode et aux bonnes manières de la vie sociale. Si je ne me trompe, ce défaut provient souvent de l'insuffisance des recommandations d'un maître qui donne négligemment des règles et propose des exemples, sans joindre la pratique à ses instructions, sans forcer son élève à répéter l'action sous ses yeux, afin d'y reprendre ce qui serait inconvenant ou qui paraîtrait forcé, jusqu'à ce que l'enfant ait acquis l'habitude de la faire sans effort et avec une aisance parfaite.