‹ Quelques pensées sur l'éducationChapitre 62 sur 176 · CRITIQUE DES COLLÈGES. 8'J · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES COLLÈGES. 8'J

disposés à faire leur entrée dans le monde, lorsqu'ils seront mûrs pour cela, c'est ce que nous examinerons plus tard'. Mais qu'un enfant puisse acquérir le talent de la conversation, l'art de faire ses affaires dans le monde, pour avoir été placé au milieu d'une troupe d'enfants dissipés, de camarades de toute espèce, pour y avoir appris à se quereller à propos de toupies, et à tricher au jeu pour un liard, c'est ce qu'il m'est impossible de comprendre2. Il m'est difficile de deviner quelles sont les qualités si enviables qu'un père compte voir acquérir à son fils dans la société de ces enfants de toute condition que l'école assemble d'ordinaire. Ce dont je suis sûr, c'est que quiconque pourra faire la dépense d'un précepteur, et élever son fils à la maison, lui assurera mieux que toute école ne pourrait le faire, dos manières gentilles, des pensées viriles3, le sentiment de ce qui est digne et convenable; sans compter qu'il lui fera faire de plus grands progrès dans ses études4, et aussi qu'il fera plus vile mûrir l'homme dans l'enfant. Ce n'est pas que j'entende blâmer en cela les hommes qui dirigent de grandes écoles, et que je songe à m'en prendre à eux. Il y a une grande différence entre deux ou trois enfants élevés dans la même maison, et plusieurs vingtaines d'élèves logés çà et là dans un collège. Quelles que soient l'habileté et l'activité du maître, il est impossible qu'il ait

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