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LES FAUTES PERMISES

80. Mais puisque l'on doit éviter le plus possible les occasions de punir, surtout de punir par des coups, vous aurez soin d'en venir rarement à ces extrémités. Si vous avez inspiré à votre (ils les sentiments de respect dont j'ai parlé, un simple regard suffira dans le plus grand nombre des cas pour l'arrêter. Il ne faut pas assurément demander à de jeunes enfants autant de tenue, de sérieux ou d'application, qu'à des jeunes gens plus avancés en âge. On doit leur permettre, je l'ai déjà dit, tous les enfantillages, toutes les folies qui sont en rapport avec leur âge, sans y faire la moindre attention. L'étourderie, l'imprévoyance, la gaieté, sont les caractères de l'enfance. La sévérité ne doit pas s'étendre à ces actions et imposer sur ce point d'inopportunes restrictions. Ne nous pressons pas non plus de voir de l'obstination, de la mauvaise volonté, dans des actes qui ne sont que l'effet naturel de l'âge et du tempérament. Dans ce cas, il faut simplement venir en aide aux enfants, leur tendre la main, pour les ramener doucement, comme à des personnes faibles qui souffrent d'une infirmité naturelle ; et bien qu'une fois avertis ils retombent dans les mêmes fautes, il ne faut pas cependant que chaque rechute soit comptée pour un mépris formel de vos ordres, et considérée tout de suite comme un acte de révolte l. Les fautes qui proviennent de la faiblesse de l'âge, il ne faut pas sans doute les négliger, les laisser passer sans la moindre attention; mais à moins que la volonté n'y soit mêlée, on ne doit jamais en exagérer la gravité, ni les reprendre trop rigoureusement. Redressez-les seulement d'une main douce, comme l'exige leur âge. De cette façon les enfants

d'être pendant quelque temps incapables de toute concentration mentale. Il semble qu'ils soient obstinés, alors qu'en réalité ils sont simplement éperdus et bors d'eux-mêmes. Dans d'autres cas ils ne paraissent obstinés que parce qu'ils se sont mépris sur le sens des paroles de leur maître. » (Note du R. Even Daniel.)

t. Il y a dans ces lignes un sentiment touchant de la faiblesse de l'enfance, quelque chose comme la bonté profonde qui inspirait les maîtres de Port-Roval.

comprendront ce qu'il y a de véritablement répréhensible dans chacune de leurs actions et s'habitueront à l'éviter. Par là aussi vous les encouragerez, ce qui est la grande affaire, à n'avoir jamais que de bonnes intention», puisqu'ils auront reconnu que leur bonne volonté les meta l'abri de tout désagrément grave, et que, dans les fautes qu'ils laissent échapper, au lieu de subir les reproches passionnés et irrités de leur gouverneur ou de leurs parents, ils sont traités avec ménagement et avec douceur. Détournez vos enfants du vice et des dispositions vicieuses, et avec chaque progrès des années vous les verrez prendre les manières qui conviennent à leur âge et à la société qu'ils fréquentent. A mesure qu'ils grandiront en âge, iis grandiront aussi en application et en sagesse. Mais afin que vos paroles aient toujours de l'autorité et de la force, s'il arrive à l'occasion que vous leur ayez enjoint de laisser ceci ou cela, dans leurs amusements enfantins, ayez grand soin d'avoir toujours le dernier mot, et ne leur laissez jamais prendre l'avantage. Mais, je le répète, je voudrais que le père ne fit que rarement intervenir son autorité et ses commandements dans ces occasions-là, et qu'il se réservât pour les cas où les enfants sont sur le point de contracter quelque habitude vicieuse. 11 y a, selon moi, de meilleurs moyens de diriger leur esprit, et lorsqu'une fois vous aurez gagné ce premier point de les soumettre à votre volonté, vous réussirez mieux le plus souvent en raisonnant doucement avec eux.

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