‹ Rapports et témoignages du Comité spécial de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada auquel ont été référées la pétition des habitans du Comté de York, celle des habitans de la Cité de Montréal et autres petitions se plaignant de griefsChapitre 56 sur 93 · Aucun do ces magistrats a-t-il été destin · texte numérisé non relu

Aucun do ces magistrats a-t-il été destin

Ils ne l'ont poiut été.

Messire J. B. Ktïïy a paru de nouveau, et étant requis de produire la note du capitaine Hope, et la correspondance dont il est fait mention dans son examen d'hier; a produit la note du capt. Hope et sa propre réponse à icelle, lesquelles sont comme suit: —

" M. Hope est chargé par le lard Daihousie d'informer M. Kelly, que " d'après ce qui s'est passé dans sa mai -on au sujet de la dernière <• " Son Excellence ne croit pas qu'il soit compatible avec son devoir public " de recevoir àl'aveair les visites de M. Kelly.

" Sorel, 14- août.

" 31. Hope, William Henry, 15 août I8B7.

" Monsieur,

" Le témoignage de ma conscience, la parole d'un personnage d'une aractère d'aussi haute distinction que le lord Dalhousie, qui m'avait dit qu'il m'acquittait des charges qui étaient portées contre moi, me semblaient suffisans pour

me

Tlknoignuges.

-j . „ ., tae permettre de paraître, tans crainte et même avec confiance devant S. Exe. es r ^ y. £erjajns brilite répandus dans le clergé étaient le sujet de ma visite. Assu- .> rez Son Excellence que je suis prêt à faire tous les sacrifices, plutôt que de

29 janvier 1829. l'exposer à manquer à son devoir public, et même que je suis prêt à faire application à l'évêque pour me retirer d'ici, si Son Excellence croit la chose avantageuse pour le bien du gouvernement. Assurez encore Son Excellence que si la personne qui a été cause du trouble, m'eût été moins proche, elle aurait été immédiatement renvoyée de ma maison ; dans le cas présent* c'aurait été un acte inouï que je n'aurais pu faire sans manquer à un devoir sacré, celui de la piété filiale.

" J'ai l'honneur d'être, Monseigneur,

Votre très humble et obéissant serviteur,

(Signé) J. B. KELLY."

Considérant la lettre du lord Dalhousie, comme étant d'une nature privée, j'ai cru avoir le droit de la refuser, et je ne la produirai que sur l'ordre exprès du comité. Le témoin s'est alors retiré et étant rentré, le comité lui adonné l'ordre exprès de la produire. Sur quoi le témoin a produit au comité la dite lettre et sa réponse à icelle, lesquelles sont comme suit : —

" Sorel, 15 août 1827.

Monsieur,

" M. Hope m'a remis votre lettre de ce matin, et je crois convenable de m' expliquer sur son contenu.

" J'admets volontier que vous ne vous êtes pas mêlé vous même dans ces affaires d'élection, mais je ne puis pour un moment douter que les sentimens qu'ont montré ceux de votre famille, ne fussent aussi les vôtres. C'est une chose tout-à-fait à la mode parmi les canadiens d'être opposés aux vues du gouvernement de Sa Majesté, et d'abuser son représentant, .le ne dispute pas leur droit d'en a<>ir ainsi ; mais j'ai pareillement le droit de me refuser à la société de ceux qui privément pensent comme eux. Je n'aime pas les hommes Batteurs, qui en arrière pensent d'une autre manière. J'ai appris depuis Long-temps à traiter avec indifférence ceux qui entretiennent de tels sentimens. Ce n'est pas dans ma nature déjouer le rôle d'hypocrite et de cacher mes propres opinions. Sur de tels principes, je ne voudrais pas accepter vos visites. Ce n'est pas mon dessein de vous troubler dans l'exécution de votre devoir ici, ni aucun de ceux qui habitent dans votre maison ou en dehors, vous ne pouvez pas immaginer que je sois capable de l'idée de troubler votre père lorsqu'il est sous la protection de son fils.

" Vous désirez me voir à l'égard des bruits qui sont en circulation sur la conduite du clergé ; je crois de mon devoir de me refuser à une telle entrevue ; ce sujet reste entre moi et l'évêque, b'ÎI juge nécessaire de prendre connaissance de ces rapports ; le moment ne nie parait pas favorable pour juger de quels dégrés à confiance ils sont dignes.

" Sous toutes ces circonstances, je ne puis penser que vous éprouveriez plus de plaisir à me faire visite que moi ;"i vous recevoir.

" En affaire, je suis aussi prêt à voua voir, vous écouter et vous répondre, que je ferais pour toute autre personne qui me serait étrangère. Mon ob- % jet

Témoignages.

et en résidant dans ce village, est d'être tranquille et retiré. J'évite de Messira A' ïïy.

m'oceuper des affaires politiques, que malheureusement on a adoptées jus-, * — ,.

qu'a ma porte d'une manière tout-à-fait désagréable. J'essaye de les éloigner 29 janvier, IS29 de moi, et d'en apprendre aussi peu que possible pendant le peu de tems que j'ai à rester ici cette été — ce n'est pas mou intention d'offenser qui que ce soit; maisjenepuis non plus souffrir que personne m'offense. Occupez vous de vos devoirs, je ne vous offenserai pas' lorsque vous les exécuterez ;je serai bien aise d'apprendre dans un tems futur, que votre troupeau ait apris à " craindre Dieu et à honorer le Roi" ce qui est une maxime qui peut servir de guide dans la vie.

Je suis votre très-obéissant,

(Signé) DALHOUSIE.

" Au rév. M. Kelly, Sorel.

William Henry, 18 août, 1827.

" Je n'abuserai pas de la bonté que Son Excellence a eue de me faire l'honneur de répondre elle-même à lettre (pie je vous ai adressée, en lui écrivant directement, crainte de lui faire perdre un teins qui lui est précieux. Je me contenterai de vous dire que ma lettre n'était que l'expression de nies vrais sentimens, et point du tout écrite à dessein de solliciter une entrevue que j'ai cessé de désirer, des que par votre note, j'ai scu que ce serait une chose désagréable à sou Excellence. Je regrette beaucoup d'avoir perdu l'estime de Son Excellence, mais je sentirais bien plus vivement cette disgrâce, si je l'eusse mérité ; mes visites courtes, rares et dans des tems ou la politesse, la convenance et les égards l'exigeaient de moi, ne marquaient pas la conduite d'un flatteur. Quaut à ma loyauté, j'en ai donné plus d'une preuve dans la dernière guerre américaine, et cela, à la connaissance de toute la province. .Avant, pendant et depuis ce tems, je n'ai jamais manqué dans l'occasion, d'inculquer dans l'esprit de mes paroissiens des principes d'obéissance et de subordination envers le gouvernement de Sa Majesté ; principes que j'ai toujours suivis moi-même, envers tous mes supérieurs, desquels, je puis dire avec orgeuil, je ne me suis jamais attiré de reproches.

J'ai l'honneur d'être.

Monsieur, Votre très humble et très-obéissant serviteur, (Signé) J. B. KELLY, ptr.

M. Hope.

[Les originaux des quels documens ont été remis au témoin.]

732. — Avez-vous déposé les pièces originales de cette correspondance dans quelques bureau, et ou ?

Je les ai déposé aux archives de l'évêque de Québec, et c'est de là que je les ai tirées pour les exhiber au comité.

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