CHARLES MONDELET
(Vrai extrait.) Secretarres. J ANT z LE BLANC>
Mardi le 26, les quatre Messieurs choisis par le comité pour faire parvenir l'adresse du comité, à MM. Legendre et de Courval, apprenant que M. Legendre était en ville, se rendirent à l'hôtel où il logeait, et lui présentèrent l'adresse suivante adoptée par le comité.
A François Legendre et Antoine Poulin de Courval, écuyers.
Nous, membres du comité constitutionnel du district des Trois-Rivières, avons cru devoir vous témoigner combien nous sommes sensibles à l'injustice à vous faite, par son Excellence George comte de Dalhousie, en vous destituant de vos commissions de lieutenans-colonels. Nous espérons que ce procédé arbitraire sera repoussé par le gouvernement paternel de sa Majesté, et en même temps, nous prenons la liberté de vous assurer que notre estime s'est accrue envers vous, à proportion du rang dont vous avez été destitués tous deux.
Ce comité voit en vous deux patriotes courageux qui acquièrent d'autant plus de droits au respect public, que l'administration s'efforce de les rendre méprisables.
Trois-Rivieres, 25 Février, 1828.
R a plu à M. Legendre de faire la réponse suivante :
Messieurs, — Malgré le contenu de l'ordre général de milice du 21 du courant, je ne me sens nullement coupable de ce dont je suis accusé, puisqu'on dépit de la déclaration de son Excellence, je serai toujours prêt à rendre mes services à sa Majesté aussitôt qu'elle eu aura besoin. Si son Excellence a cru me punir, pour avoir été un des vice-présideus de votre comité, dans ce cas, je la plaindrais elle-même de s'abuser ainsi, car rien de plus agréable pour moi que le sacrifice de ma commission, à la cause de mon pays. Je suis très-sensible à l'honneur que vous me faites, et je vous en remercie..
Trois-Rivières, 26 Février, 182S. FRANÇOIS LEGENDRE.
Le
Appendice (N.)
Le même jour, es Messieurs députés par le comité se sont rendus chez M. de Courval, lui ont présenté l'adresse et ont reçu la réponse qui suit :
Messieurs, — Son Excellence en me démettant de ma commission de lieutenant-colonel, bien Loin d'avoir réussi dans son dessein, de me mortilier, pour avoir été fidèle envers ma patrie, m'a beaucoup honoré en associant mon nom à tant d'illustres opprimés pour la cause à laquelle un Canadien doit être toujours prêt à sacrifier sa fortune et sa vie. Cette marque d'honneur que vous me faites à l'instant, je l'accepte, Messieurs, non pour moi-même comme individu, mais au nom des motifs qui me guideront dans ma conduite Jusqu'à la mort, et daignez recevoir mes plus sincères remercimens pour la peine que vous avez bien voulu prendre à mon égard.