‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 11 sur 312 · LIV. I, CH A P. I · texte numérisé non relu

LIV. I, CH A P. I

auxquels on a donné ce nom comme un genre ni même comme un ordre de genres bien distincts ; j’ai pris une dénomination que les corps qui ont été l’objet de mes travaux étaient en possession de porter: mais, tout en employant cette dénomination , je me suis engagé à en faire sentir le vague , parce que j’attribue une grande partie des obstacles que rencontrent dans les sciences physiques ceux qui en commencent l’étude avec l’intention d’en accroître le domaine, à ce qu’on a négligé presque toujours d’établir des distinctions entre les différents degrés de précision dont les définitions sont susceptibles.

y. On a donné le nom de corps gras à des substances qui brûlent avec une flamme volumineuse et en déposant du noir de fumée , qui sont solubles dans r alcool, et qui ne le sont pas , ou que très peu , dans l'eau. Les premières distinctions que l’on a faites entre les corps gras ont été surtout établies d’après la considération des divers degrés de température où ils se liquéfient; ainsi, on a appelé huiles les corps gras qui sont liquides de 1 5 a 1 o degres , et a plus forte raison au-dessous ; beurres ceux qui sont mous à 18 degrés et fusibles à quelques degrés au-dessus; graisses ceux qui, provenant des animaux, sont en général moins fusibles que les beurres; suifs ceux qui se fondent à 4° degrés environ ; enfin on a appelé cires ceux qui se liquéfient de 44 à 64 degrés. Plus tard , on a étendu

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la dénomination de corps gras à plusieurs autres groupes de substances, tels que ceux des résines , des huiles volatiles, etc. Les résines ont été caractérisées par l’état solide , une fusibilité moindre que celle des cires, la friabilité, une odeur plus ou moins forte ; les baumes dans l’origine ne se distinguaient des résines que par la mollesse, et presque toujours par une odeur plus prononcée. Les huiles volatiles ont eu pour propriétés caractéristiques l’odeur pénétrante, la volatilité, la faculté de tacher le papier comme les huiles proprement dites, avec cette différence cependant, que la tache produite par les premières disparaît lorsque le papier est exposé à l’air, tandis que la tache produite par les secondes est permanente. On voit, d’après ce qui précède, combien l’expression de corps gras est vague, et l’impossibilité où l’on est d’en donner une définition scientifique.

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