‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 2 sur 312 · I N T H O D U C T ION · texte numérisé non relu

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ces instruments , d’en reconnaître le degrë de précision , soit qu’on les emprunte à ceux qui nous ont précédés, soit que la nature des travaux auxquels on se livre oblige à en inventer de nouveaux. Or , un travail sur des corps analogues et peu connus conduit nécessairement celui qui 1 entreprend a déterminer le degré de précision de ses méthodes d’observer, parce que, d une part, il trouve dans le grand nombre d’expériences qu’il fait pour connaître ces corps sous un meme rapport l’occasion fréquente de vérifier ses premières observations , et qu’il est ainsi conduit ou à prendre en considération telle différence entre des résultats qu’il aurait négligée s’il s’était borné à faire un petit nombre d’expériences , ou à négliger telle différence qui l’avait frappé d’abord, mais qui ne se reproduit pas constamment dans des expériences subséquentes; parce que, d’une autre part , en mul-

tipliant les rapports sous lesquels des corps analogues sont susceptibles d’être envisagés , il trouve dans les expériences les plus faciles le moyen de contrôler celles qui présentent plus de difficultés pour être faites exactement.

Lorsque nous avons commencé l’étude des sciences physiques , nous avons été frappé du vague qui régnait alors dans la chimie organique, eri même temps que nous avons aperçu l’étendue des applications qu’on peut faire de cette bran-

Nos motifs pour étudier les composés organiques.

Manière dont nous avons examiné la composition des substances organiques.

Manière dont nous avons considéré l’analyse organique ,

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che de la philosophie naturelle aux sciences physiologiques et anatomiques , à la médecine , et à ces arts nombreux dont l’objet est de préparer avec la matière des corps organisés des substances utiles a l’homme. Tels sont les motifs qui nous ont engagé depuis long -temps à réfléchir sur tout ce qui se rattache aux connaissances chimiques des produits de l’organisation.

Nous nous sommes appliqué à connaître les principes que l’on sépare immédiatement des végétaux et des animaux, parce que cette connaissance est la base de la chimie organique et de toutes ses applications . Pénétré de cette vérité , nous avons entrepris nos recherches sur les substances astringentes, naturelles et artificielles, sur l’extractif , sur les matières colorantes , recherches qui ont précédé nos travaux sur les corps gras. Ce n’est qu’après avoir fait tous nos efforts pour isoler les espèces des principes immédiats qui constituaient les matières soumises à notre examen , que nous avons cherché d’abord à caractériser chaque espèce par des propriétés chimiques. et par un ensemble de propriétés physiques ; ensuite à déterminer les rapports que ces espèces ont ensemble, et ceux qu’elles ont avec les corps déjà décrits.

En même temps que nous nous sommes efforcé d’atteindre ce but , nous avons fixé notre attention sur l’instrument même de nos recherches,

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c’est-à-dire sur Y analyse organique elle -même. Nous avons cherché à reconnaître le mode d’action des réactifs le plus ordinairement employés, ainsi que l’influence des circonstances principales dans lesquelles on fait agir ces réactifs sur les composés organiques. Par exemple , dans nos recherches sur les substances astringentes artificielles, nous avons étudié l’action des acides sulfurique et nitrique sur un assez grand nombre de substances ; dans nos recherches sur les matières colorantes et sur l’extractif des feuilles de pastel , nous nous sommes appliqué à reconnaître comment les sels et leurs principes immédiats agissent en général sur les principes colorants et sur les matières organiques qu’ils précipitent. En publiant la description de notre digesteur distil— latoire , nous avons examiné plusieurs questions relatives à l’usage des dissolvants dans l’analyse organique, et nous avons donné un moyen facile de faire agir les dissolvants à une température plus élevée que celle qu’ils peuvent atteindre lorsqu ils sont chauffés sous la simple pression de l’atmosphère. Enfin nos dernières recherches nous ont fait voir que l’alcool, l’éther sulfurique, l’acide nitrique, ne forment pas de matières grasses lorsqu’ils agissent sur plusieurs substances azotées.

Relativement aux circonstances principales dans lesquelles on pratique les procédés de l’a-

ic Relativement aux réactifs qu’elle emploie.

2° Relativement aux eirconstan-

INTRODUCTION

ces principales dans lesquelles on l’opère.

nalyse organique, nous avons vu que l’action de la chaleur sur les substances végétales et animales donne des résultats différents, suivant que ces substances sont chauffées avec ou sans le contact de l’oxygène atmosphérique ; nous avons vu que les alcalis , en agissant sur beaucoup de ces mêmes substances, offrent des phénomènes absolument différents , suivant que l’oxygène est présent à Faction ou qu’il en est exclu. K os observations détruisent plusieurs anomalies que présentaient Facide galîique , Fhématine , la carmine , etc., mis en contact à la fois avec l’air et les alcalis. Nous avons également apprécié l’influence de l’oxygène atmosphérique sur la nature des produits de la putréfaction.

En définitive, nous arrivons à ce résultat que les produits de la décomposition des substances organiques que nous avons examinées sont moins compliqués qu’on ne le pense généralement, ce qui tient à ce que nous avons reconnu plusieurs principes immédiats dans des corps que Von considérait comme des especes pures , et en outre a ce que nous avons pris en considération V influence de Vair dans V action des réactifs.

Nos vues sur l’analyse organique seront développées dans un ouvrage spécial. Mais en énumérant les travaux qui nous ont occupé , ce serait manquer à la reconnaissance, à la justice, si nous taisions les secours que nous avons trouvés

INTRODUCTION

et dans les écrits de notre honorable maître ,

M. Vauquelin , et dans les conseils de la bienveillante amitié que, depuis vingt ans, il n’a jamais cessé de nous témoigner.

L’ouvrage que nous donnons au public se compose de six livres, que nous allons examiner succinctement.

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