‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 233 sur 312 · ELLE S?OPÈRE DANS LE VIDE · texte numérisé non relu

ELLE S?OPÈRE DANS LE VIDE

dans une cloche de 3 décilitres de capacité , contenant déjà du mercure , 5ob de graisse qui avait été tenue pendant quelque temps en fusion : j ai renversé la cloche dans un bain de mercure; j’ai lait bouillir ensuite 25o8 d’eau ; quand il y en a eu environ 1008 de vaporisés, j’ai laissé le reste se refroidir sur le mercure saris le contact de l’air. J’ai fait dissoudre 3oê de potasse à l’alcool, et j’ai tait passer la solution dans la cloche qui contenait la graisse ; les matières ont été exposées entre deux fourneaux allumés pendant trois jours. La giaisse est devenue d abord opaque et gélatineuse; elle lessemblait a de 1 huile congelée. La masse gélatineuse a augmenté peu à peu, et en même temps elle a perdu de son opacifé. Pendant l’acte de la combinaison, il ne s’est dégagé que quelques bulles de gaz. Quand l’opération a paru achevée, on a abandonné les matières à elles-mêmes. Au bout de quinze jours , il s’était formé des cristaux étoilés dans la masse gélatineuse; le nombre en a augmenté peu a peu dans une proportion si grande, que le savon semblait en être entièrement formé : ces cristaux étaient du margarate et du stéarate de potasse. Apres trois mois , on a fait chauffer la masse savonneuse , et on en a fait passer les deux liers dans une cloche de 4 décilitres pleine de mercure. On a décomposé ensuite les deux portions de savon par l’acide hydrochlorique , et on a réuni les gaz qui sont provenus de la découi-

3^8 LIV. V, CHAP. I. SAPONIFICATION.

position du savon. Ces derniers, privés de leur acide carbonique , ont été réduits à 3cc,8o de gaz azote. Il suit de cette expérience, i° que la saponification a lieu sans le contact du gaz oxygène; 2° que le margarate et le stéarate de potasse peuvent se séparer spontanément du savon sans le concours d’autres corps que ceux qui ont servi à la saponification : la seule condition nécessaire pour que cette séparation ait lieu , c’est qu’on ait employé assez d’eau pour rendre le savon gélatineux , et diminuer par là l’affinité de l’oléate de potasse pour le margarate et le stéarate de potasse ; 3° que le gaz azote qui se dégage lorsque la potasse réagit sur la graisse paraît accidentel , puisque, dans l’expérience que je viens de rapporter, où l’on a pris plus de précautions pour expulser tout l’air des corps mis en contact que dans l’expérience (972) , on a obtenu une quantité de gaz qui était bien loin d’être proportionnelle à la quantité obtenue dans celle-ci.

974. De ce que j’ai dit qu’il y a eu un peu d’air présent dans les opérations que je viens de décrire , et que l’azote de cet air paraissait avoir été séparé de l’oxygène , on en pourrait conclure que ce dernier principe est nécessaire pour que la saponification se fasse. Mais est-il vraisemblable qu’une si petite quantité d’oxygène ait quelque influence? et les deux expériences ayant donné des savons également bien faits , ne serait-il pas absurde de croire

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