LIT. V, CHAP. IV. SAPONIFICATION
par l’alcool a donné de l’acide margarique uni à de Lacide stéarique.
1 o 1 3. Pour analyser le savon de graisse de porc à base de soude , j’ai saponifié ioo8 de graisse par 6o8 de soude à l’alcool dissous dans ioo8 d’eau; j’ai obtenu un savon assez dur, et une eau-mère qui contenait de la glycérine et un atome de principe colorant roux.
1014. Le savon mis dans 26 litres d’eau a été exposé à une température de 2 5°; il s’est gonflé peu à peu et s’est converti en une gelée assez consistante qui était nacrée. J’ai fait chauffer les matières jusqu’à faire bouillir l’eau ; tout a été dissous. Une matière gélatineuse demi-transparente s’est séparée de la liqueur par le refroidissement; elle ne s’est pas déposée au fond du vase, comme le fait la matière nacrée du savon de potasse. Au bout d’un mois, lorsqu’il m’a semblé qu’il ne se séparait plus de matière gélatineuse , j’ai versé la liqueur sur un filtre, après l’avoir mêlée avec de l’eau. La matière gélatineuse restée sur le papier s’est réduite par la dessiccation en pellicules d’un blanc jaunâtre, demi-transparentes, qui étaient formées de bistéarate et de bimargarate de soude mêlé d’une quantité notable de stéarate, de margarate et d’oléate de soude neutres. En les faisant redissoudre dans de l’eau de soude très étendue et chaude, on a obtenu par le refroidissement du bistéarate et du bimargarate de soude nacrés :
il est resté dans la liqueur de l’oléate de soude.
101 5. La liqueur filtree a été évaporée, puis étendue d’eau, et abandonnée à elle-même. Il s’est fait un nouveau dépôt qui ne différait du premier qu’en ce qu’il avait un aspect plus nacré : on a filtré, on a fait concentrer la liqueur; on y a mis assez d’acide tartarique pour neutraliser la plus grande partie de l’alcali devenu libre par la séparation du dépôt. On a abandonné la liqueur à ellemême pendant un mois environ , et on en a séparé un nouveau dépôt. Quand elle a cessé de se troubler on l’a décomposée par l’acide tartarique; on a obtenu un acide oléique qui se congelait à 6° , et qui, conservé pendant plusieurs jours dans un petit flacon bouché , à la température de 10% déposait de l’acide margarique.
1016. Il suit de ces expériences que la soude saponifie la graisse de la même manière que la potasse , ou , en d autres termes , qu’elle lui fait éprouver les mêmes changements de composition.
b II. Saponification de la graisse par la baryte .
1017. On a fait fondre parties égales de graisse et de baryte hydratée ; lorsque le mélange a été bien fait , on a ajouté six parties d’eau , et on a fait bouillir pendant douze heures : on remplaçait l’eau à mesure quelle se vaporisait. Enfin , lorsque la graisse a paru saponifiée, c’est-à-dire lorsqu’elle se durcissait quand on la mettait dans l’eau froide , et