‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 251 sur 312 · LIV. V, CHAP. IV. SAPONIFICATION · texte numérisé non relu

LIV. V, CHAP. IV. SAPONIFICATION

qu elle exigeait la température de l’eau bouillante pour être ductile, onia séparée du liquide aqueux.

1018. On a fait passer dans ce liquide un courant de gaz acide carbonique pour en précipiter la baryte libre qu’il contenait. On l’a filtré et on l’a fait évaporer : il a déposé un peu de carbonate de baryte, qu’on en a séparé. Le résidu de l’évaporation était légèrement coloré en jaune; il était alcalin au papier de tournesol rougi par un acide ; il avait une saveur amère et douceâtre qui m’a fait soupçonner que la glycérine qui pouvait s’y trouver était combinée à la baryte. Ce résidu traité par l’alcool a cédé à ce liquide une combinaison de baryte et de glycérine qui a été décomposée par la quantité d’acide sulfurique strictement nécessaire pour précipiter la baryte. La glycérine obtenue par ce moyen était presque incolore , et avait une saveur douce et très agréable. Quant à la partie du résidu insoluble dans l’alcool , c’était un mélange de la même combinaison et de sels qui existaient dans la baryte dont j’avais fait usage. Je pense que si 1 on pouvait parfaitement dessécher la combinaison de glycérine et de baryte, elle serait insoluble dans l’alcool.

1 o 1 9. Le savon de baryte a été décomposé par l’acide hydrochlorique. La graisse qu’on en a obtenue se fondait entre le 09°,5 et le 4o°,5 ; elle était jaune, cristallisait en aiguilles, était soluble en totalité dans moins de son poids d’alcool bouillant. La

RELAX. A LA NAT. DES BASES. 35 g

dissolution donnait parole refroidissement des cristaux d acides stéarique et margarique retenant de 1 acide oiéique. La graisse saponifiée se combinait a*ec la plus grande facilité à la potasse dissoute dans beaucoup d’eau.

1 020. 11 suit de ces faits que la graisse saponifiée par la baryte était absolument semblable à celle qui 1 avait été par la potasse et la soude.

§ III. Saponification par la strontiane .

1021. Cette saponification présente les mêmes phénomènes et les mêmes résultats que la précédente : je n en parlerai donc pas en particulier.

§ IV. Saponification par la chaux.

1 022. On a saponifié de la graisse par son poids d’hydrate de chaux délayé dans six parties d’eau ; la combinaison s’est faite avec assez de facilité. Le liquide aqueux a donné une glycérine presque incolore, et quelques flocons jaunes; la glycérine était combinée à la chaux. L’acide sulfurique, versé dans le liquide aqueux concentré, en a dégagé une odeur de cassis qui n avait rien d’acétique , ce qui prouve bien qu il ne se produit pas d’acide acétique dans la saponification (967).

1020. Le savon calcaire ayant été décomposé par 1 acide hydrochlorique a donné une graisse

LIY. y, CH AP. iv. saponification

blanche cristallisable en aiguilles , qui, ayant été fondue à 5o° , a commencé à se troubler assez abondamment à 4i° ; elle s est figée à 39° ,37 : par l’agitation le thermomètre qui y était plonge est remonté à 39°, 60. Cette graisse ayant été traitée par l’alcool , a donné des cristaux d’acides stéarique et margarique , et s’est comportée d’ailleurs comme la graisse saponifiée dont j’ai parlé plus haut.

§ Y, Action de la magnésie sur la graisse de

porc .

1024. Une pâte de graisse de porc et de magnésie calcinée , faite à parties égales , abandonnée, à 1 air pendant deux ans, ne s’est pas convertie en savon , et , ce qui m’a paru remarquable , c’est que cette graisse séparée de la magnésie n’était pas rance. Cela m a conduit à rechercher à quel point l’emploi de la magnésie serait utile pour la conservation des corps gras et de quelques autres substances alimentaires ; mais n’ayant pas encore terminé cette recherche, je ne puis en donner le résultat.

i2o5. La magnésie hydratée, chauffée avec son poids de graisse fusible à 28°, au milieu de l’eau , s’y unit de manière à ne pouvoir en être séparée , lors même qu’on élève la température des matières à ioo°. L’eau, après 24 heures d’ébullition, ne con-

tient pas sensiblement de glycérine en dissolution, et si on prend une portion de la matière solide , et qu’on en sépare la graisse au moyen de l’acide hydrochlorique, on voit que cette substance n’a éprouvé aucune altération sensible. Mais si l’on continue d’exposer la magnésie et la graisse à la chaleur pendant un temps suffisant, il arrive une époque où la saponification s’opère. Alors on trouve dans 1 eau au sein de laquelle elle s’est faite une glycérine orangée qui a une saveur amère, parce qu elle est unie à de l’acide oléique et à un principe colorant ; ces trois corps sont combinés à de la magnésie. En traitant le savon par l’acide hydrochlorique , on sépare la matière grasse. Dans une expérience que j’ai faite, il n’y a eu que les o,36 du poids de la graisse saponifiés ; mais ayant séparé les 0,64 qui ne l’avaient point été , je suis parvenu , après deux traitements par la magnésie, à les saponifier complètement. La graisse acidifiée provenant des trois traitements était fusible à 38°; elle était dissoute par l’eau de potasse faible, et cette dissolution après avoir été bouillie pendant cinq heures , décomposée par l’acide hydrochlorique , donnait une quantité de graisse dont le poids ne différait que de 0,02 de celui de la graisse qui avait été dissoute, et dont la fusibilité était de 38°. Cette substance était formée d’acides stéarique, margarique et oléique.

1026. Si, dans un premier travail, je n’ai pas

Examen de fa liqueur.

Examen de la graisse.

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