‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 254 sur 312 · LIV. V, CH AP. IV. SAPONIFICATION · texte numérisé non relu

LIV. V, CH AP. IV. SAPONIFICATION

fondue à 5o° ; elle a commencé à se troubler à 4i°, et s’est figée entre 59°,5 et 3g0, ^5. Elle m’a présenté toutes les propriétés d’une graisse qui a été saponifiée par les alcalis. Elle s’est unie à l’oxyde de plomb sans le concours de l’eau et avec une grande facilité : séparée de cet oxyde par l’acide nitrique , on lui a trouve toutes les propriétés quelle manifestait avant d’y avoir été unie ; par conséquent elle avait éprouvé dans sa première union avec le massicot (îoSg), tous les changements quelle était susceptible de recevoir de Faction de cette base.

Résumé du chapitre iv.

10/fi. H suit des expériences que je viens d’exposer :

Que la soude , la baryte , la strontiane, la chaux, l’oxyde de zinc, l’oxyde de plomb jaune, convertissent la graisse de porc en acides stéarique , margarique et oléique , et en glycérine * absolument comme le fait la potasse.

Que les produits de la saponification, quelle que soit la base qui l’ait opérée , sont entre eux dans la même proportion; car, dans toutes les saponifications, la graisse cede à l’eau la même quantité de matière , et la graisse saponifiée a toujours la même fusibilité.

1 o/f2. Puisque la baryte , la strontiane, la chaux,

1 oxyde de zinc et i’oxyde de plomb jaune forment

avec les acides stéarique, margarique et oléique des combinaisons insolubles dans leau, il s’ensuit que l’action de ce liquide, comme dissolvant du savon, n’est pas nécessaire pour que la saponification ait lieu. Il est remarquable que les oxydes de zinc et de plomb, qui sont insolubles dans l’eau et qui donnent naissance à des composés qui y sont également insolubles , produisent les mêmes résultats que la potasse et la soude : cela prouve qu’ils ont une puissance alcaline très forte.

io43. L’opération de la saponification ainsi généralisée fait voir que la préparation des emplâtres par la litharge est une véritable saponification. I/oxyde de plomb ayant sur la graisse la même action que la potasse et la soude, il s’ensuit qu’à la rigueur on pourrait faire des emplâtres avec la graisse saponifiée extraite d’un savon alcalin; mais avant de le faire , on devrait rechercher si dans l’emplâtre qu’on voudrait imiter, il'n’y aurait pas une proportion de graisse non acide, afin que s’il y en avait réellement, on ajoutât cette proportion de graisse non acide à la graisse saponifiée avant d’unir celle-ci à la litharge.

i o44 • Il est remarquable que la magnésie, dont les analogies avec les alcalis proprement dits sont d ailleuis si frappantes , ne puisse convertir la graisse en savon qu’avec beaucoup plus de difficultés que les oxydes de plomb et de zinc, qui sont généralement regardés comme moins alcalins que*

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cette base salifiable. Mais si cette dernière ne saponifie la graisse qu’avec beaucoup de lenteur, elle présente, avant d’effectuer la saponification, le phénomène d’une base qui contracte avec un corps gras non acide une union telle, que l’espèce de composé qui en résulte est homogène et que la graisse ne peut en être isolée lorsqu’on l’expose dans l’eau bouillante , quoique dans cette circonstance deux causes tendent à séparer les substances, i° leur différence de densité, 20 la faculté qu’a la magnésie à l’état de pureté d’imbiber l’eau : on se rappelle sans doute que la graisse se sépare de l’alumine, quand on met le mélange de ces corps dans l’eau bouillante (io5i).

io45. On voit par ce qui précède que les bases salifiables ont trois manières de se comporter avec la graisse.

i° Elles convertissent cette substance en glycérine et en acides stéarique, margarique et oléique ; telles sont la potasse, la soude, la baryte, lastrontiane, la chaux, les oxydes de plomb et de zinc, la magnésie et l’ammoniaque : ces deux dernières n’agissent qu’à la longue.

20 Elles contractent une union, ou plutôt une adhésion avec la graisse sans lui faire éprouver aucune altération ; telle est la manière dont agit la magnésie avant qu’elle opère la saponification.

3° Elles ne contractent pas d’union sensible , c’est le cas des bases qui, ayant été préalablement

KELAT. A LA NAT, DES BASES, oji

mélangées avec la graisse , s’en séparent lorsqu’on met le mélange dans 1 eau bouillante.

h>46. Je pense que dans plusieurs circonstances les alcalis solubles pèuvent exercer sur les corps gras non acides une action qui ne va pas jusqu a les dénaturer, soit que le contact ne soit pas assez prolongé , soit que les alcalis soient affaiblis par une üop giande quantité d eau. Il me semble que c’est par une affinité de ce genre que les alcalis et les sous-carbonates alcalins solubles, enlèvent des

taches produites par des graisses qui ne sont pas acides.

1047. Lorsqu’on s’occupera de classer les bases salifiables d après 1 intensité de leurs propriétés alcalines, il faudra tenir compte de leur énergie saponifiante, car cette faculté n’est essentiellement que la force alcaline.

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