OPÉRÉE PAR LES CARB. DE POTASSE. O
carbonique a été chassé de la portion de potasse qui s'est unie à ta graisse acidifiée .
1060. Elle a été dissoute en totalité par leau bouillante ; la dissolution abandonnée à ellemême a donné , i° un dépôt nacré formé de bistéa rate et de bimargarate de potasse , 2° de Voléate de potasse.
1061. Le carbonate de potasse bouilli dans leau se convertit en sous-carbonate , ainsi que je m’en suis assuré ; la saponification est donc déterminée par ce sel, et non par du carbonate, puisqu’elle a été opérée dans l’eau bouillante. Il est très probable que c’est l’excès de potasse du sous-carbonate qui détermine la saponification, et qu’au moment où celle-ci a lieu, l’acide carbonique, qui était uni à la portion d’alcali qui devient base du savon, se retranche sur une portion de sous -carbonate pour produire du carbonate, si la température permet à cette combinaison de se former; ou, si la température ne le permet pas , cet acide carbonique se dégage à l’état gazeux.
1062. Ayant mis de la graisse de porc avec du sous-carbonate de potasse qui avait été préalablement rougi dans un creuset de platine, puis dissous dans un peu d’eau bouillante, j’ai observé que la saponification se produisait, sans le contact de l’air, dans une cloche qui reposait sur le mercure et qui était placée entre deux fourneaux allumés ; j’ai vu aussi qu’il n’y avait un dégagement d’acide car-
Deuxième
portion.
38o LIV. V, CHAP. VI. SAPONIFICATION
bonique qu’après la formation d une grande quantité de savon, et lorsque les matières étaient exposées à une température assez élevée pour décomposer le carbonate de potasse; et qu’en traitant de la graisse en excès par une forte solution de souscarbonate de potasse, on obtenait à la longue de beaux cristaux de carbonate , lesquels étaient faciles à séparer mécaniquement de la graisse non saponifiée et de la masse savonneuse.
S n. Action du sous-carbonate d3 ammoniaque sur
la graisse de porc.
io65. 358 de graisse de porc fusible à 37°, incorporés avec du sous-carbonate d’ammoniaque sublimé , ont été introduits dans un flacon bouché avec du liège. La matière occupait le tiers de la capacité du vaisseau. Le flacon a été abandonné dans un endroit de mon laboratoire où le soleil ne donne jamais, et où la température varie de o à 180. On a ouvert le flacon. La surface de la graisse était jaune dans quelques endroits. On a traité la matière avec des quantités d’eau dont la somme pouvait équivaloir à deux litres. On a obtenu une émulsion blanche dans laquelle on apercevait beaucoup de paillettes nacrées semblables à celles du bistéarate de potasse.
1064. On a jeté sur un filtre y de l’émulsion ; le liquide filtré était très légèrement opalin. L’ayant
OPÉRÉE PAR LE SOUS-CARB. DAMMON. 38*
filtré de nouveau, on Ta obtenu parfaitement limpide. Dans cet état , il contenait, entre autres substances, un peu d’huile acide en dissolution. Cette tiltration étant extrêmement longue , on a mis les quatre autres cinquièmes de l’émulsion dans un vase de verre allongé que Ton a chauffé au bainmarie. L’émulsion s’est partagée en trois couches
liquides. La couche inférieure aqueuse était presque
limpide; les deux autres couches étaient oléagineuses : la plus légère était d’un jaune citrin , la plus dense était d’un jaune orangé. Après qu’elles se furent figées , on a séparé la couche inférieure , on l’a filtrée , et on y a réuni ensuite le liquide filtré qui provenait du premier cinquième de l’émulsion. Je vais examiner ces liquides sous le nom de liquide aqueux; j’examinerai ensuite la partie grasse de d’émulsion, c’est-à-dire les deux couches supérieures de lemulsion qui avait été chauffée.
ARTICLE Ier.
Examen du liquide aqueux.
îo65. Il était jaunâtre , très alcalin, il moussait par l’agitation. L’acide hydrochlorique en dégageait de l’acide carbonique, et le troublait très légèrement en en séparant un peu d huile acide orangée.
1066. L’ayant mis sur le feu, il y a eu un dé-
JLIV. V, CH AP. VI. SAPONIFICATION
A. II aile acide orangée.
B. Matière syrupeuse.
gagement de carbonate d’ammoniaque , et des gouttes d'huile acide orangée se sont manifestées à la surface du liquide. Après l'évaporation de l’eau, on a obtenu un résidu syrupeux qui pesait près de 28. Il était orangé, acide ; sa saveur, d’abord légèrement douceâtre, devenait ensuite très amère et piquante. II était très soluble dans l’alcool; l’eau froide en dissolvait iê,6 d’une matière syrupeuse et séparait os,20 à' huile acide orangée.
1067. Cette huile était encore liquide à 3° ; mais elle s’épaississait après avoir été exposée quelques jours à l’air. Elle était insoluble dans l’eau froide, et ne cédait à ce liquide bouillant que des traces de matière colorante. Elle était très soluble dans l’alcool : la solution rougissait la teinture de tournesol , et la liqueur rougie redevenait bleue par son mélange avec l’eau ; elle était soluble dans l’eau de potasse très faible ; la solution déposait de la matière nacrée et retenait de Yoléate et une matière colorante orangée, h'huile acide orangée était donc un composé d'acide oléique , d'acide margarique et d’un principe orangé .
1068. Elle était jaune, sa saveur, quoique amère, l’était moins que celle du résidu syrupeux ; elle était sensiblement plus douce. Elle était formée de glycérine , d'acide oléique , de principe orangé , d'ammoniaque et d'eau, et, à ce qu’il m’a semblé, de traces d’un acide qui forme avec la baryte un sel soluble dans l’eau, et insoluble dans l’alcool.
OPÉRÉE PAR LE SOUS-CARB. DAMMON. 385
Voici les expériences qui m ont conduit à cette conclusion. Ayant versé un peu d’acide sulfurique dans la matière syrupeuse, il s’en est séparé un peu d’aade oiêique et de principe orangé; on a filtré, on a lait bouillir la liqueur avec un excès d’eau de baryte; 11 s est dégagé de 1 ammoniaque ; il s’est précipité de Yoléate et du principe orangé uni à de la baryte , et un peu de sullate et de sous-carbonate de baryte. La liqueur filtrée a été évaporée à siccité, et le résidu a été traité par 1 alcool ; des flocons blancs , qui m ont paru être un sel de baryte , en ont été séparés. L’alcool filtré a été évaporé ; le résidu a été îepiis pai 1 eau. Au moyen de 1 acide sulfurique on a précipite de la liqueur, un peu de baryte et de principe orangé. La même liqueur évaporée ensuite a donné de la glycérine syrupeuse, peu colorée, dont la saveur n’était presque pas mêlée d’amertume; cette substance, traitée par l’acide nitrique, a produit beaucoup d’acide oxalique.
1069. Je me suis assuré que Y acide oléique uni au principe colorant orangé était la cause de l’amertume de la glycérine en prenant de ce même acide coloie , le dissolvant dans 1 alcool , et le mêlant ensuite à de la glycérine d’huile d’olive. En faisant evapoiei la solution , on a obtenu un résidu syru— peux dont îa saveur , d abord douce , devenait ensuite très amere et piquante, comme le résidu syrupeux (1066) ; et ce qu’il y a de remarquable, e est que 1 eau Iroide en séparait de l’acide oléi-