ETAT DE LA SCIENCE SUR LES CORPS GRAS AYANT I
1087. Avant mon travail, les corps gras n’étaient connus que par une grande inflammabilité, une affinité pour l’eau extrêmement faible, quand elle n est pas absolument nulle ; en un mot ils n’étaient connus que par des propriétés tout-à-fait insuffisantes pour les caractériser comme ordre de substances, puisque ces propriétés se retrouvent au même degré ou à des degrés peu différents dans
uv. VJ. ÉTAT DK LA SC. SUR LES CORPS GRAS. OC) !
d autres matières organiques. On savait en outre
que plusieurs de ees corps produisent des savons ou des emplâtres, suivant qu’on les traite par la potasse et par la soude , ou bien par l’oxyde de plomb; mais on ignorait ce qu’il y a de commun entre ces deux traitements, ainsi que les changements que les bases salifiables déterminent dans
la composition des corps gras soumis à leur action.
1 o68. La seule distinction établie parmi ces corps 1 avait été d’après la considération de leur fusibilité plus ou moins grande (7). De là les groupes des huiles > des beurres , des graisses > des suifs ^ des cires. Dans 1 origine , ces mots ne s’appliquèrent qu a une seule sorte de substance, ils
furent véritablement spécifiques ; mais à mesure que la civilisation amena de nouveaux besoins , que le commerce établit des communications entre des pays éloignés, le nombre des corps gras s’accrut, et l’on dut naturellement réunir les substances analogues pour en former des genres à chacun desquels on imposa le nom de la substance le plus anciennement connue , auprès de laquelle on rangeait celles qui lui ressemblaient : c’est ainsi que des noms spécifiques devinrent génériques. Lorsque les savants fixèrent leur attention sur les groupes dont je parle , ils s’aperçurent bientôt que onaeun de ces groupes, particulièrement ceux des huiles, des beurres et des graisses, renfermaient un nombre si considérable de substances dis-
Découverte des acides margarique et oléique.