UV. VI. TUES GÉNÉRALES
odorants et colorés, tandis que les stéarines et l’oléine sont inodores ou presque inodores , et absolument incolores. Or, quand on examine des composés organiques sous le rapport de leur composition immédiate, on ne peut se flatter d’avoir atteint le but qu’on s était proposé en entreprenant cet examen, qu’après être parvenu à expliquer les propriétés de ces composés, en démontrant ou qu’elles appartiennent à des principes immédiats qui les manifestent au plus haut degré quand ils sont isolés, ou qu’elles appartiennent, non pas à un principe immédiat en particulier, mais à plusieurs qui sont combinés ensemble, de telle sorte que ces propriétés sont le résultat d’une combinaison, et non l’apanage d’un des principes immédiats de cette combinaison. Dans ce dernier cas, les propriétés que l’on considère, loin de se manifester avec plus d’intensité dans un des principes immédiats que l’on a isolés, s’évanouissent tout-a-fait; telles ne sont point les propriétés qu’ont certains corps gras d’être odorants et colorés. A mesure qu’on isole leur partie liquide de leur partie solide, on observe que l’odeur et la couleur se concentrent dans leur partie liquide , et qu’en appliquant 1 alcool à cette dernière, on obtient un principe volatil et odorant, et un principe coloré qui est soluble dans l’eau. A la vérité les quantités de ces principes sont petites en comparaison de celles qui restent dans la partie grasse. On observe aussi que les corps gras colorés, exposés à la lumière.
d J action du charbon, sc décolorent sans que leur composition en paraisse altérée ; et , quand ils sont très odorants, en les traitant par un lait de magnésie, on obtient une quantité notable de principe odorant, combiné avec cet alcali1: enfin en traitant 1 huile de dauphin, et la partie liquide du beurre par 1 alcool Iroid, on réduit la première en oléine et en phocenine , et la seconde en oléine et en butirine.
1092. La découverte des acides gras odorants est très importante sous le rapport de la chimie et sous celui de la physiologie animale, puisqu’on y rattache de nombreuses considérations. En effet , il est remarquable de voir des composés comme la phocenine, la butirine, l’hircine, contenir des acides volatils, ou leurs éléments complètement neutralisés ; sous ce point de vue, ils ont beaucoup d’analogie avec les éthers, qui passent pour être formés d acides et d’alcool. Dans ces deux ordres de substances il n’y a point d’acidité libre, mais l’équilibre des éléments est-il troublé , soit par la force alcaline, soit par 1 action de l’air, de la chaleur, l’acidité se manifeste; ainsi la phocénine , la butirine , qui , à 1 état de pureté , sont inodores , acquièrent par leur exposition à l’air chaud l’odeur torte qui est propre à leurs acides. Dans cet état ,
C est au moins le résultat <]ue j’ai obtenu en traitant de. i huile de dauphin et des beurres odorants par la magnésie.
Considération sur la phocénine , la bufirine , et l’hircine.