‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 279 sur 312 · LIV. VI. ACTION RÉCIPROQUE · texte numérisé non relu

LIV. VI. ACTION RÉCIPROQUE

1160. Les analyses élémentaires de la stéarine de mouton et de l'oléine que j’ai faites, s’accordent avec ce que je viens de dire. En effet :

i°La stéarine de mouton contient moins d’oxygène, et, proportionnellement au carbone, plus d’hydrogène que l’oléine.

20 La stéarine de mouton en se saponifiant donne plus d’acides gras et moins de glycérine que l’oléine , et la stéarine donne beaucoup moins d’acide oléique que l’oléine.

1161. Or ces résultats sont conformes d’une part avec la composition de la glycérine et celle des acides gras, et d’une autre part avec mes observations sur la saponification des graisses.

1162. L’analyse élémentaire de la cétine s’accorde pareillement bien avec celle des produits de sa saponification ; dans cette opération , tout son oxygéné fixe du carbone et de V hydrogène dans le rapport où ces corps constituent des acides marga rique et oléique , tandis que le reste de ces combustibles, dans la proportion des éléments de l9 hydrogène percarburé , en fixant une portion de l’eau qui tient la potasse en solution , forme de l'éthaL J’ai considéré comme accidentel à l’opération la production d’une quantité de matière soluble qui ne s’élève pas à du poids de la cétine qui a été saponifiée. La grande masse de matière qui n’entre pas dans la composition des acides , et qui forme Léthal, c’est-à-dire une substance qui n’est pas

DES BASES SAUF. ET DES COBPS GRAS. l\2L)

susceptible de neutraliser les acides , ni de se dissoudre dans l'eau, peut, à un certain point, explique! pourquoi , dans la même circonstance , la cétine se saponifie plus lentement que les stéarines et l’oléine.

1 165. Je terminerai mon résumé sur la saponification envisagée sous le rapport des corps gras , en rappelant que si la cholestérine n’est pas susceptible d être saponifiée , cela tient très probablement à la petite quantité d’oxygène quelle contient, et à ce que son carbone est à son hydrogène dans un rapport beaucoup plus grand que dans 1 hydrogène percaburé. Or, dans les corps gras sa™ ponifiables , le carbone est a l’hydrogène dans un rapport assez approché de celui où se trouvent ces éléments dans 1 hydrogène percarburé.

B. De la s aponifîcatio n envisagée relativement aux bases salifiables .

1 164. En considérant la saponification sous le rapport des alcalis qui la déterminent, j’ai examiné quelles sont les bases salifiables susceptibles de convertir en savons les stéarines et l’oléine , quelle est la quantité de ces corps qu’un poids déterminé de potasse est capable de saponifier , et enfin s il est possible d’opérer la saponification par des sous-sels.

1 1 65- Le premier examen m’a donné lieu d’ob-

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server que toutes les bases salifiables qui ont servi à mes expériences peuvent former trois groupes relativement à leur manière de se comporter avec les stéarines et l’oléine. Le premier groupe comprend des bases qui, comme l’alumine , à l’état humide, ne contractent aucune union avec ces substances; car après les avoir incorporées ensemble , il suffit de les exposer à l’action de l’eau bouillante pour que la plus grande partie des stéarines et de l’oléine vienne surnager, tandis que l’alumine reste au fond de l’eau. Le deuxième groupe comprend des bases qui s’incorporent avec les stéarines et l’oléine assez fortement pour que l’on ne puisse les en séparer quand on met les matières dans l’eau bouillante; telle est la magnésie, lorsque son action n’a pas été assez prolongée pour opérer la saponification. Enfin le troisième groupe comprend les bases qui sont susceptibles de convertir en peu de temps les stéarines et l’oléine en savon et en glycérine. Nous avons vu que la potasse, la soude , la baryte, la strontiarie, la chaux, c’est-à-dire les bases alcalines fixes qu’on a regardées comme les plus énergiques, opèrent la saponification en produisant la même quantité de glycérine et la même proportion d’acides gras fixes. L’oxvde de zinc et l’oxyde de plomb , qui jouissent éminemment de l’alcalinité par la manière dont ils neutralisent les acides , présentent des résultats semblables ; cela montre que la préparation des emplâtres par

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