LIV. VI. ACTION RECIPROQUE
géant l'état d' équilibre ou de certaines proportions d’oxygène j de carbone et d’ hydrogène ^ constituent des corps qui n’ont pas d’ajjinité pour ces alcalis > peut déterminer un nouvel équilibre oit ces mêmes proportions d’éléments constituent des corps doués de l’ acidité.
i 168. J’ajouterai qu’une quantité donnée d’alcali ne peut développer dans un corps gras saponifiable , que la proportion de matière acide capable de former avec l’alcali une combinaison neutre. Ainsi la potasse , chauffée avec une quantité de graisse telle qu’en se saponifiant complètement elle produirait avec l’alcali un sur-savon , ne produit qu’un savon neutre; conséquemment il n’v en a que la moitié qui se saponifie , l’autre moitié reste là pour démontrer que la force alcaline est la cause de la saponification.
1 169. Enfin un résultat curieux, c’est que la force alcaline du sous-carbonate de potasse, quoique en partie affaiblie par l’acide carbonique, est encore assez puissante pour développer l’acidité dans la graisse soumise à son contact. Si la température n’est pas trop élevée , il n’y a que la moitié de la potasse qui opère la saponification , l’autre moitié retient tout l’acide carbonique à l’état de carbonate neutre.
applications de mes recherches.
SIXIÈME SECTION
Applications de mes recherchés.
1170. Les analyses que j’ai faites d’un grand nombre de corps gras font voir que les graisses les plus abondantes en stéarines sont celles qui contiennent le plus de matière combustible.
1171. La possibilité de séparer aisément une portion de l’oléine des graisses abondantes en stéarines donne le moyen d’augmenter les qualités du suif ; celui-ci en perdant de l’oléine, perd de sa couleur et de son odeur, les principes colorant et odorant se trouvant surtout dans l’oléine ; il devient aussi moins fusible , et par là il est moins susceptible de tacher les étoffes sur lesquelles il peut être accidentellement répandu ; mais, lors même qu’on parviendrait à en séparer toute l’oléine , il n’aurait point encore les propriétés de la cire , car je démontrerai plus tard que cette substance est absolument distincte des corps auxquels on l’a généralement assimilée. Je ferai observer que l’espoir que plusieurs personnes m’ont dit avoir de convertir le suit en cire au moyen de l’acide nitrique né s accorde point avec mes expériences; car . lorsqu on opéré comme je l’ai fait (46) , l’acide nitrique, en brûlant du carbone et de l’hydrogène, tend à faire prédominer l’oxygène dans le corps
Applications à la combustion.
LTV. VI.
gras soumis à son action ; or ce résultat est contraire à celui qu’il faudrait obtenir pour changer le suif en cire.
1 172. Les expériences sur la conversion des cadavres en gras, que la nature de l’adipocire m’a suggérées , ont prouvé qu’il n’y a pas , ou que très peu d’avantages à opérer cette conversion en grand, par la raison que les parties grasses des cadavres contribuent seules à la formation de 1 ’adipocire. J’ai constaté que la quantité d’adipocire qu’on obtient de l’albumine, du tissu jaune élastique, du tendon , de la fibre musculaire , etc. , est plus petite que la quantité de matière grasse qu’on sépare de ces mêmes substances au .moyen de l’alcool et de l’éther sulfurique , et je me suis assuré en outre que ces dissolvants extraient simplement la matière grasse qu’ils tiennent en dissolution ; conséquemment ils n’en déterminent pas la formation comme on l’a prétendu. Il en est de même lorsque l’acide nitrique est chauffé avec les substances azotées précitées et le gluten; il met à nu la matière grasse contenue dans ces substances, en l’altérant plus ou moins. Les expériences dont je parle , ainsi que les conséquences nombreuses qu’on en déduit, seront exposées fort en détail dans mes recherches sur les matières azotées d’origine animale; j’y prouverai que dans l’économie animale les muscles ne se changent point en adipocire , ni même en graisse.