LIV. VI
savon qui ne diffère bien essentiellement des savons d'huiles de graines1 qu’en ce qu’il contient moins d’acide oléique.
1 1 84- Il est évident que ces notions sont la base de l’art du savonnier, et qu’elles lui donnent un degré de précision qu’il ne pouvait avoir tant qu’on a ignoré l’analyse de la partie grasse des savons en trois acides , et pourquoi les corps gras saponiliables produisent des savons durs ou des savons mous»
B. Des savons considérés sous le rapport de Codeur ,
1 1 85. Les savons sont ou inodores comme ceux de graisse humaine , de graisse de porc , ou odorants A comme ceux de bçurre , d’huile de dauphin , de suif. Les odeurs des savons sont dues à des principes absolument distincts des acides stéarique , margarique et oléique ; car ,
D ' une part j en décomposant ces savons dissous dans l’eau par l’acide tartarique ou phosphorique , et en soumettant à la distillation les liquides aqueux fdtrés , on observe , i° que le produit provenant du
1 Je ne parle ici que des huiles de graines qu’on emploie le plus ordinairement dans la fabrication des savons mous, car j’ai trouvé des huiles extraites de semences végétales qui m’ont présenté des substances grasses différentes de la stéarine et de l’oléine.
applications de MES RECHERCHES. 44 1
savon de beurre contient des acides butiriquc, caproïque et caprique; 20 que le produit du savon d huile de dauphin contient de l’acide phocénique 1 ;
o que le produit du savon de suif contient de l’acide liircique.
D une autre part ^ en lavant suffisamment les acides stéarique, margarique et oléique , on finit pai amenei ces acides a un tel état de pureté qu’en les unissant à la potasse et à la soude, ils forment des savons absolument inodores. C’est ce que j’ai particulièrement constaté pour la partie grasse du savon de beurre2.
1 186. Les applications que je viens de faire démontrent à la fois combien des recherches en apparence purement spéculatives, sont susceptibles d éclairer les arts , et combien il était nécessaire , avant de faire les applications dont j’ai parlé, d’entreprendre ce grand nombre d’expériences auxquelles j’ai soumis les corps gras saponifiables , ainsi que les produits de leur saponification.
Quand cet acide est altéré, il communique au produit ou plutôt au savon une odeur de cuir apprêté à l’huile de poisson.
Il est difficile d enlever toute l’odeur à la partie grasse du sa\on d huile de dauphin, parce que sa liquidité, et sa lé-
gèieté par rapport à l’eau, s’opposent au contact intime des deux liquides.